Nombre total de pages vues

jeudi 16 avril 2015

CHICAGO/ The Blues Yesterday Volume 14



CHICAGO/ The Blues Yesterday Vol. 14

            Commençons ce quatorzième (!) volume de notre série "Chicago/ The Blues Yesterday" par le chanteur J.L. Smith (James L. Smith) qui, malgré les dix excellents titres qu'il a enregistrés en 1968-69 demeure substantiellement inconnu. Il a été notablement présent dans les clubs de Chicago, au moins jusqu'au début des années 1980, et était sans doute originaire du Mississippi. Il a notamment enregistré pour Friendly Five, le minuscule label du guitariste et chauffeur de taxi, Freddy Young dont on a parfois dit qu'il était le collègue. Quoi qu'il en soit, son oeuvre que nous pouvons présenter enfin dans son intégralité comprend de beaux moments avec certains des meilleurs musiciens du Chicago blues de l'époque.


           
Cash Mc Call (né Maurice Dollison à New Madrid, Missouri le 21 janvier 1941) est évidemment bien connu des amateurs de blues (notamment les nombreuses séances Chess auxquelles il a participé), de Funk et de Soul, voire de Jazz, genres qu'il a illustrés de son jeu de guitare précis, fluide et toujours très bluesy. Si ses albums sont assez facilement trouvables, il n'en est pas de même pour ses premiers 45t dont nous proposons ici une sélection des plus blues ou bluesy.
            Enfin, le chanteur aveugle Tommy Malone (Blind Tom Malone) est probablement originaire de Birmingham (Alabama) où il a enregistré en 1955 en tant que "blues shouter" de l'orchestre du guitariste Bill Reese. On le retrouve cinq ans plus tard pour une séance de Chicago blues pour le label Ebony sous la houlette de Mayo Williams, encore une fois accompagné de Bill Reese. Il n'a plus enregistré ensuite et demeure juste un bluesman qui a gravé six titres intéressants et sur lequel on ne sait pratiquement rien.


            Cette anthologie de raretés n'aurait pas pu être complète sans l'aide et la générosité de Steve Wisner qui a produit certains des tout meilleurs albums de Chicago blues des années 1970, permettant de faire connaître des bluesmen comme Eddie C. Campbell ou Good Rockin' Charles notamment.

                                                                        
Gérard HERZHAFT

            Let's start the 14th (!) volume of our Chicago/ The Blues Yesterday series with singer J.L. Smith (James L. Smith) who, despite
the ten very good or even excellent tracks he has recorded in the late 1960's is still largely only a name. He was for sure sporadically singing his blues in the Chicago clubs, certainly until the early 1980's and was probably from Mississippi. He has in particular recorded for the tiny Friendly Five label, owned by Chicago guitarist and cab driver Freddy Young with whom some say he was also a colleague. Whatever! His complete recorded output that we can now feature is first rate and feature some of the top notch Chicago blues musicians of the era.
            Cash McCall (born Maurice Dollison in New Madrid, Missouri on January, 21st 1941) is a well known and greatly appreciated blues, Funk, Soul, Jazz guitarist. He has graced numerous sessions (Chess notably) with his precise, fluid, expressive and very bluesy guitar playing. He has also recorded several albums under his name which can be still easily found. This is not the case of his early 45s. Thus this selection of his most bluesy early recordings.
            At last, the blind singer Tommy Malone (sometimes billed as Blind Tom Malone) is mostly an unknown. He hailed from Birmingham, Alabama, where he was the featured singer of guitarist's Bill Reese band with whom he recorded four excellent tracks in 1955. We find our man again this time in Chicago in 1960 with once again Reese, recording two titles for Mayo Wiliams' Ebony label. He has disappeared after that.

            This anthology wouldn't have been possible without the strong help and generosity of Steve Wisner. Steve, when during the 1970s very few blues records were still done in Chicago, produced some of the very best Chicago blues albums by Eddie C. Campbell (his first and still his greatest to my ears, King of the Jungle), Good Rockin' Charles, Mojo Buford and many more.
                                                           Gérard HERZHAFT

CHICAGO/ The Blues Yesterday Vol. 14
J.L. SMITH, vcl; James Scott Jr, g; Little Mack Simmons, hca; Lafayette Leake, og; Jerome Arnold, bs; Earl Phillips, dms. Chicago, Ill. 1968
01. I hate to see you go
02. Do the mosquito
03. Can't stand your evil ways
04. My spirit will be with you
05. Bleeding heart
06. Did you do the mosquito?
J.L. Smith, vcl; Freddie Roulette, st-g; Johnny "Big Moose" Walker, pno; Mack Thompson, bs; dms. Chicago, Ill. janvier 1969
07. Got my top let down
08. If it's too late
J.L. Smith, vcl; Abb Locke, t-sax; Big Walter Horton, hca; Johnny Twist Williams, g; Johnny Littlejohn, g; Calvin Jones, bs; Bill Warren, dms. Chicago, Ill. novembre 1969
09. Come dance with me
10. Tears won't help you baby
CASH Mc CALL (Maurice Dollison), vcl/g; band. Chicago, Ill. 1963
11. Earth worm I & II
Cash Mc Call, vcl/g; John Avant, tb; Willie Henderson, b-sax; Monk Higgins, pno; Sidney Lennear, g; David Henderson, bs; Ham Hamilton, dms. Chicago, Ill. 1966
12. You ain't too cool
13. Let's get a thing going on
14. You mean everything to me
Cash Mc Call, vcl/g; Monk Higgins, pno; horns; Phil Upchurch, bs; Morris Jennings, dms. Chicago, Ill. 1967-68
15. I'm in danger
16. S.O.S.
17. Don't change on me
Cash Mc Call, vcl/g; band. Chicago, Ill. 1971
18. More power to you
TOMMY MALONE, vcl; Bill Reese, g; band. Birmingham, Al. 10 janvier 1955
19. I'm wading in deep water
20. It's been so long baby
21. Whiskey ol' whiskey
22. I gotta find my baby
Tommy Malone, vcl; Bill Reese, g; band. Chicago, Ill. 1960
23. Cow cow shake
24. Worried life

samedi 4 avril 2015

FOREST CITY JOE



FOREST CITY JOE

           
Forest City Joe, aujourd'hui connu pour les enregistrements de terrain effectués par Lomax en 1959, a cependant failli s'affirmer comme un des grands harmonicistes de Chicago de l'après guerre. Comme le dira Muddy Waters: "Joe était le meilleur des élèves de Sonny Boy mais il n'a pas su s'accrocher et il n'a pas eu de chance".
            Né Joe Bennie Pugh à Hughes dans l'Arkansas le 10 juillet 1926 dans une famille de métayers, il a très jeune appris à jouer sous l'influence de sa mère Mary Walker de la guitare, du piano et plus tard de l'harmonica particulièrement en écoutant les disques de celui qui deviendra son idole et son modèle, John Lee "Sonny Boy" Williamson. A partir du début des années 1940, celui que l'on nomme désormais Forest City Joe joue un peu partout dans les juke joints du Mississippi et de l'Arkansas, parfois en compagnie de Big Joe Williams qui l'emmène tenter sa chance à Saint Louis.
            De Saint Louis, l'étape obligée est Chicago, d'autant plus que pour Joe, il espère y rencontrer Sonny Boy. Ce qu'il réussit à faire, profitant même de quelques leçons du maestro. La réputation de Forest City Joe est suffisante pour que les frères Chess lui fassent enregistrer une séance pour leur label Aristocrat le 2 décembre 1948. Son guitariste devait être Muddy Waters (et la séance aurait été certainement tout autre) mais Muddy indisponible est remplacé par un obscur guitariste de Memphis, J.C. Cole qui se contente de quelques accords pas toujours très affirmés. Sur les huit titres, deux seulement (Memory of Sonny Boy/ A woman in every street) seront édités en 1949 sur un 78t, essentiellement pour "profiter" de l'émotion engendrée par le meurtre récent de John Lee Williamson.

            Le disque ne se vend guère mais permet quand même à Joe d'apparaître dans les clubs en compagnie de Otis Spann, Muddy Waters ainsi qu'à West Memphis au sein de l'orchestre de Howlin' Wolf et avec le pianiste Willie Love, lui-même membre de l'orchestre du Wolf. Quant à J.C. Cole, on l'a retrouvé trois ans plus tard à Memphis gravant une séance pour Sam Phillips (restée inédite des lustres) dans laquelle il apparaît comme un émule de John Lee Hooker!
            Mais Forest City Joe n'arrive guère à vivre de sa musique et, détestant Chicago, il retourne vivre à Hughes, conduisant un tracteur en semaine et jouant les week ends dans les juke joints locaux.
            L'histoire aurait pu s'arrêter là si Alan Lomax et Shirley Collins, au cours de leur célèbre expédition dans le Sud, ne s'étaient pas attardés à Hughes un vendredi soir de septembre 1959. Joe se trouve devant un bazar/bar local, le Old Whiskey Store et joue de la guitare. La conversation s'engage et quelques jours plus tard, Lomax enregistre Joe dans le juke joint de Charlie Houlin où Forest City se produisait régulièrement en trio avec l'excellent guitariste Sonny Boy Rogers (qui gagnera Minneapolis et y enregistrera) et le batteur Thomas Martin. Cette superbe séance a paru par bribes sur diverses anthologies, en particulier The Blues Roll on mais, grâce à la Fondation Lomax (Cultural Equity) et à sa générosité, nous disposons désormais de l'intégrale de ce qui demeure un formidable témoignage de la musique et de l'atmosphère des juke joints sudistes à la fin des années 1950.
            Dans la foulée, Lomax enregistre aussi un autre trio présent ce 1er octobre 1959, emmené par le chanteur harmoniciste Boy Blue (Roland Hayes) que l'on retrouvera quelques années plus tard au festival de Memphis et qui comprend le guitariste Joe Lee Jones qui grave aussi un titre en leader.
            Sous la houlette de Lomax, Forest City Joe envisageait de relancer sa carrière musicale et devait enregistrer un album complet pour Columbia ou Vanguard quand, le 3 avril 1960, de retour d'un engagement, Joe s'est probablement endormi au volant de son van, décédant dans l'accident qui s'ensuivait.
                                                           Gérard HERZHAFT
Encore tous mes remerciements à Cultural Equity et John Barstow pour leur aide.

           
As Muddy Waters once told: " Forest City Joe was probably one of the best Chicago blues harp player ". Born Joe Bennie Pugh around Hughes, Arkansas on July, 10th 1926 among a sharecropping family, the boy, under the strong influence of his mother Mary Walker, started to sing and play piano and guitar. Later on, Joe fell in love with the harmonica sound through the records of John Lee "Sonny Boy" Williamson and soon became good enough to play in the local juke joints. During the mid-1940's, Joe plays with Big Joe Williams who brings him to Saint Louis and try his luck there.
            The next stage of the trip is of course Chicago. For Pugh, now known as Forest City Joe, this is also and maybe utmost the opportunity to meet his idol John Lee Williamson. His strong harmonica playing allows him to play in clubs and on Maxwell Street. And at last Williamson gives some harp lessons to his young admirer! Forest City Joe's reputation is strong enough for, just after the tragic death of John Lee Williamson, persuade the Chess Brothers to bring him in the studio and record a session on 2 December 1948 for their Aristocrat label. The guitarist had to be Muddy Waters but unexpectedly busy this very day, Muddy is replaced by an obscure guitar player from Memphis, J.C. Cole who backs Joe with some simple and not always reliable chords. Some years later, Cole will record a session in Memphis for no one than Sam Philips in a style reminiscent of John Lee Hooker! From the eight Forest City Joe's recorded titles, Chess will issue only two (Memory of Sonny Boy/ A woman on every street) on a 78t that goes nowhere.
            Anyway, Joe plays for awhile in Chicago with Muddy, Otis Spann and in Memphis with Howlin' Wolf and his pianist Willie Love. But, failing to support a large family with his music, Joe goes back to Hughes where he will make a living as a field labourer and tractor driver, still playing the blues on week ends on the local juke joints.
            This is here on Friday 30th September 1959 - in front of the local Old Whiskey Store - that Alan Lomax and Shirley Collins, while in Hughes during their famous Southern field trip, find Forest City Joe who is there playing the guitar and singing. After a fructuous conversation, Lomax decides to record the following day (1 October) Forest City Joe and his band (the guitar player Sonny Boy Rogers who will settle to Minneapolis and record there LP and CD; the drummer Thomas Martin) at Charlie Houlin's juke joint where Forest City Joe had to play the week end. This superb session has been only partially issued on several anthologies on Bluesville and Atlantic (The Blues Roll on) but thanks to Cultural Equity (The Lomax Foundation) we can now listen to the much longer complete session. Lomax also records another local band, the trio of another excellent harp player, Boy Blue (Roland Hayes) (1922-80) who will be seen several years later at the Memphis Blues Festival and behind Joe Willie Wilkins. Blue's guitarist Joe Lee Jones also sings on one track. Those recordings are exceptional, not only for the excellent blues music played by all but also because it lasts as one of the very rare testimony of the strong true atmosphere and feeling of a Southern black juke joint in the late 50's.
            Seizing this unexpected opportunity, Forest City Joe tried to resume his musical career. He planned to go back to Chicago and had to record a whole album for Vanguard or Columbia but while coming back for a gig, he probably fell asleep at the wheel and died in the accident on April, 3d 1960.
                                                           Gérard HERZHAFT
A lot of thanks for their invaluable help to Cultural Equity and John Barstow.

FOREST CITY JOE DISCOGRAPHY

jeudi 19 mars 2015

NEW YORK CITY/ The Blues Yesterday Vol. 5



NEW YORK CITY/ The Blues Yesterday/ Vol. 5


               Retournons à New York pour un cinquième volume de cette série New York City/ The Blues Yesterday.
               La scène du blues et du R&B dans le New York d'après guerre a été foisonnante et extrêmement variée, allant d'un pur Country blues, largement dérivé du Piedmont blues de Blind Boy Fuller aux morceaux de R&B avec accompagnement d'orchestres de jazz (une des grandes spécialités de Harlem depuis toujours), nombre de pièces flirtant avec la pop et encore davantage annonçant ou faisant partie du Rock'n'roll. A côté de vedettes et d'artistes reconnus, la discographie blues/R&B de New York - avec sa myriade de labels, majors, petits voire minuscules - nous lègue aussi une grande quantité de noms peu connus voire inconnus. Ce qui ne signifie nullement que leurs disques ne sont pas bons voire excellents.

               Luther Thomas demeure largement un mystère. Chanteur (et peut-être guitariste), il a enregistré à coup sûr trois 45t sous le pseudonyme de Little Luther. Son quatrième (Eenie Meenie Moe/ The twirl) paru sur Chess en 1964 est l'objet d'une controverse parmi les spécialistes. Certains attribuent ce titre au même Little Luther (Thomas) new-yorkais mais la plupart (dont The Blues Discography et le site keep on living, généralement bien renseigné http://www.keeponliving.at/artist/luther_johnson.html) identifient le chanteur/guitariste comme étant Luther "Georgia Boy" Johnson qui sera longtemps le guitariste de Muddy Waters. Johnson avait lui-même revendiqué ce titre pour Chess que j'avais d'ailleurs inclus dans Chicago/ The blues yesterday Volume 4. Je le remets ici pour permettre à tous de se faire une meilleure idée dans un contexte différent. Par la suite, Luther Thomas a encore gravé quelques 45t pour des labels new-yorkais et cette fois sous son vrai nom mais là aussi, certains pensent qu'il s'agit d'un autre Luther Thomas tandis que la majorité identifie ce Luther-là au Little Luther Thomas! Quoi qu'il en soit et quel qu'il soit, ce (ou ces) Luther(s) nous laisse(nt) une belle oeuvre entre blues, R&B et Soul naissante qu'il serait dommage de ne pas pouvoir apprécier.

              
The Du-Droppers avec Big Bob Kornegay (debout à gauche)
On connaît bien mieux Big Bob Kornegay (1925-85) qui a commencé comme le chanteur basse de plusieurs groupes vocaux, tels les Du Droppers, The Bells ou The Ravens. Kornegay s'est ensuite lancé dans une carrière personnelle en tant que chanteur de l'orchestre du saxophoniste de jazz/R&B Julian Dash avant d'enregistrer une oeuvre relativement copieuse sous plusieurs sobriquets (Big Bob Kornegay, Big Daddy, The Wanderer). Son savoureux 45t de 1957 The man in the phone boothe a monté dans les Hit Parades avant de s'essouffler à cause d'un problème juridique entre deux compagnies discographiques. Il semble que Kornegay n'ait plus enregistré après 1959 et qu'il a certainement abandonné la musique.

               Enfin, pour B.B. King Jr, le mystère est total. On est certain que cet excellent chanteur/guitariste qui a enregistré un seul 45t connu (avec les Blues Messengers) n'a rien à voir avec B.B. King ni même avec Andrew "B.B. Jr" Odom. La seule trace que j'ai trouvée de cet énigmatique bluesman est l'annonce dans un journal New-yorkais de son passage au Cotton Club de New York.

                                                                          Gérard HERZHAFT

            Let's go back to New York City for the 5th opus of this series New York City/ The blues yesterday.
            The African-American musical scene in post war New York was certainly abundant and extremely varied, spanning all styles, from the pure East Coast country blues largely derived from Blind boy Fuller to R&B pieces with big or small bands, jazz blues, pop blues, honking saxes, stinging guitars, proto-Rockabilly or real Rock n' roll... And aside well known big names, the myriad of NYC labels, majors, small or extremely tiny have recorded hundreds of little known or still unknowns blues and R&B artists... That of course doesn't mean their musical heritage is insignificant, far from it!

            Luther Thomas is largely still an enigma. Singer (and probably also guitarist), he has for sure recorded three 45t under the nickname of Little Luther. His fourth (Eenie Meenie Moe/ The twirl) issued on the Chess label in 1964 is controversial among blues critics. Some say this Little Luther is Luther Thomas while the majority (and The Blues Discography as well as the knowledgeable site http://www.keeponliving.at/artist/luther_johnson.html) identify this Little Luther to Chicago blues artist Luther "Georgia Boy" Johnson, from Muddy Waters' band. Johnson himself said he recorded an early 45t under this moniker. We had already included those two titles in Chicago/ The blues yesterday Volume 4 but we propose them here again for a better appreciation in a different context. After that, Luther Thomas has also waxed a handful of 45t under his real name. But once again (!) some think this Luther Thomas is another... Luther Thomas! Whatever and what he (or they) is (are), we have here a first rate musical output between blues, R&B and early Soul that it would be a shame not to be able to fully appreciate.

            Bob Kornegay (1925-85) is much better known. He started his musical career as the bass singer of the fame doo-woop groups, The Du-Droppers, The Bells or The Ravens before launching a personal career first as the singer of Julian Dash's jazz band and then, recording several 45t under different nicknames (Big Bob Kornegay, Big Daddy, The Wanderer). His two-sided The man in the phone booth climbed in the Top40 R&B in 1957 but was cut short by a trade dispute between two record labels. It seems that Kornegay didn't pursue a musical career after the 1960's.



            Our last feature, B.B. King Jr is a complete mystery. He is certainly neither Andrew B.B. Jr Odom nor related to the real B.B. King. He is a good singer and guitarist who recorded only one known 45t with a band called The Blues Messengers. I found one only track of him, the announcement of a show he gave at the famed Cotton Club!
                                                           Gérard HERZHAFT

NEW YORK CITY BLUES YESTERDAY
Volume 5
LITLE LUTHER (THOMAS), vcl; band. New York City, 1960
01. Ever lovin' baby
Cryin' blues
Litle Luther (Thomas), vcl; band. New York City, 1962
02. Du dee squat
03. Sleepin' high
Litle Luther (Thomas), vcl; band. New York City, 1962
04. Doggin' me
05. Automatic baby
Little Luther (Thomas? or Johnson?), vcl/g; band. New York City, 21 février 1964
06. Eenie Meenie Minie moe
07. The twirl
Luther Thomas, vcl; band. New York City, 1966
08. Who slipped out when I walked in?
09. Upset the town
Luther Thomas, vcl; band. New York City, 1967-68
10. She'll stick by me
It hurts me to my heart
My main woman
Stay close
BIG BOB KORNEGAY, vcl; Julian Dash, t-sax; horns; Freddie Jefferson, pno; Carmen Taylor, vcls; Lee Stanfield, bs; Sonny Payne, dms. New York City, octobre 1951
11. Can't understand it
12. Blue velvet
Big Bob Kornegay, vcl; Porkchops, band. New York City, 1956
13. Everythin's cool
14. I wanna see my baby
Big Bob Kornegay, vcl; Count Hastings, t-sax; Elwyn Frazier, b-sax; Skeeter Best, g; Kelly Owens, pno; Carl Pruitt, bs; Calvin Shields, dms. New York City, 11 janvier 1957
15. Bacon Fat
16. Bad boy
Big Bob Kornegay, vcl; band. New York City, 1957
17. The man in the Phone Booth (Hello baby)
18. The man in the Phone Booth (Hello Mama)
19. Bullfrog
20. Hocus Pocus Voodoo
21. Humdinger
22. Stay with me baby
Big Bob Kornegay, vcl; Leroy Kirkland, g & Orchestra. New York City, 1958-59
23. At the house of Frankenstein
24. What am I
25. Your line was busy
B.B. KING Jr, vcl/g; The Blues Messengers, band. New York City, 1964
26. Ain't that loving you baby
27. I am so glad it's all over
Il y a eu une interversion de morceaux concernant le 02 (Du Dee Squat) que je viens de corriger. Merci à Olivier de me l'avoir signalé/ I have made a mistake with track 02 (Du Dee Squat), interverting it with another tune. Now it is fixed and thanks to Olivier for telling me about

mercredi 4 mars 2015

JOHNNY YOUNG/ Complete Recordings





JOHNNY YOUNG/ Complete Recordings

           
Né le 1er janvier 1918 à Vicksburg (Ms), Johnny Young a été un des très rares mandolinistes du blues de l'après-guerre. Il a développé sur cet instrument un style proche des guitaristes électriques. Excellent chanteur, voix chaude et expressive, il est aussi un guitariste rythmique très solide qui a contribué à la réussite de nombreux disques.
            Johnny apprend la mandoline avec son oncle Anthony Williams et écoute les disques des Mississippi Sheiks et de Charlie Mc Coy. A Memphis dans les années 30, Young fréquente Sleepy John Estes et Yank Rachell. Il s'installe à Chicago en 1940 et exerce ses talents au marché aux puces de Maxwell Street avec Floyd Jones, Snooky Pryor, Little Walter, Moody Jones et son cousin Johnny Williams. C'est avec ce dernier qu'il enregistre deux 78t en 1947-48 pour de minuscules labels comme Ora Nelle et Planet. Bien qu'il ne fasse plus de disque entre 1948 à 1963, Young demeure une figure familière des clubs du South Side et de Maxwell Street. C'est là que le trouve Pete Welding qui l'enregistre alors substantiellement pour son label Testament. Sa participation à la célèbre série Chicago/ The blues today lui permet de tourner en Amérique et en Europe pour le nouveau public du Blues Revival qu'il séduit par sa faconde, son dynamisme et sa rondeur bonhomme. De 1969 à sa mort d'une crise cardiaque à Chicago le 18 avril 1974, Young a fait partie de l'orchestre du pianiste Bob Riedy avec lequel il a enregistré de belles séances. Young a toujours dû gagner sa vie en dehors de la musique!
            Quelque peu oublié aujourd'hui, il a été un des pionniers du Chicago blues de l'après guerre et nous a légué une oeuvre importante en nombre et en qualité que nous proposons dans son intégralité ici.
            Tous nos remerciements pour leur aide à Alain M., Marc (Fr) et Steve Wisner sans lesquels cette intégrale ne le serait pas.
                                                                       Gérard HERZHAFT

            Born 1st January 1918 in Vicksburg (Ms), Johnny Young has been one of the very few post-war blues mandolinist. He has developed on this instrument a peculiar style, more modern and quite close to what an electric guitar could play. A deep singer with a warm voice, he could also play a very solid and reliable rhythm guitar that made successful many sessions by him and his bluesmen friends.
            Johnny learned the mandolin with his uncle Anthony Williams, taking many ideas also from the Mississippi Sheiks and Charlie Mc Coy. He worked in Memphis in the 1930's and was then part of the musical scene, meeting Yank Rachell who showed him more tricks. Young went to Chicago in 1940 working in the industry (he will never be a full time musician) but playing during the week ends on Maxwell Street Market alongside Floyd and Moody Jones, Snooky Pryor, Little Walter and his own cousin Johnny Williams with whom he will be recording a couple of tracks for tiny labels in 1947-48. Although he won't record again until 1963, Young never gave up playing and was a mainstay of the Maxwell Street blues scene. This is where blues researcher and producer Pete Welding found him. Johnny then became a favorite of the coffeehouses, campuses and recorded quite extensively for Pete with many Chicago blues masters. His participation to the world wide acclaimed Chicago/ The blues Today series brought him more recognition and Johnny toured Europe several times.
            A sensitive and heartfelt man, Johnny Young was a member of the excellent Bob Riedey's blues band and made several more excellent albums until his death from an heart attack in Chicago on 18 April 1974.
            A little bit neglected today, Johnny Young has nevertheless been a true pioneer of the post-war Chicago blues and he leaves us a strong recorded legacy.
            A lot of thanks to Alain M., Marc (Fr) and Steve Wisner for their help and generosity.
                                                           Gérard HERZHAFT

Johnny Young discography

At that time, there is no Johnny Young's album still currently available

mercredi 25 février 2015

CHICAGO/ THE BLUES YESTERDAY Vol. 13




CHICAGO/ The Blues Yesterday
Volume 13

          
Pour ce 13 ème volume de cette très populaire série, attardons nous sur la période charnière qui, des dernières années 1930 aux dernières années 1940, a vu l'émergence d'un nouveau Chicago blues urbain.
           John Henry Barbee, né William George Tucker le 14 novembre 1905, à Henning (Tennessee) a appris très jeune à jouer de la guitare, côtoyant Sleepy John Estes, John Lee "Sonny Boy" Williamson et Big Joe Williams avec lequel il a tourné un peu partout autour de Memphis. En 1937, à la suite d'une rixe l'opposant à un Blanc sur lequel il fait feu, William Tucker s'enfuit à
 
photo courtesy Moody Jones (from Chicago breakdown)
Chicago et prend le nom de John Henry Barbee afin de dissimuler son identité. Il enregistre quatre excellents titres en 1938 lors d'une audition pour Vocalion mais, méfiant et afin de ne pas attirer l'attention sur lui, refuse de retourner en studio. Bien qu'il vive de divers métiers hors de la musique, Barbee est une figure familière du marché aux puces de Maxwell Street dans les années 1940 et 50, faisant notamment partie de l'orchestre de Moody et Floyd Jones. C'est Willie Dixon qui le retrouve au début des 60's, l'introduit dans les clubs folk et le fait participer à l'American Folk Blues Festival 1964 au cours duquel il enregistre un excellent album tout acoustique et en solo pour Storyville. Hélas, sa santé chancelante le force à interrompre la tournée et à rentrer aux Etats Unis. Atteint d'un cancer, il est en outre responsable d'un accident fatal de la route et meurt en prison le 9 novembre 1964.

           On ne sait pas grand' chose de Elijah C. Jones, un chanteur et guitariste amené dans les studios en 1938 par Yank Rachell et qui grave alors une excellente séance. Jones refait brièvement surface en 1949, enregistrant une nouvelle séance (restée alors inédite) sous le nom de Kid Slim.
           Johnny Young (né le 1er janvier 1918 à Vicksburg) est par contre bien connu des amateurs de blues, autant en tant qu'un des rares mandolinistes du genre que comme un des pionniers du nouveau Chicago blues de l'après-guerre. Figure familière de Maxwell Street, Johnny a enregistré une poignée de titres à la fin des années 1940 que nous avons regroupés ici mais n'a retrouvé le chemin des studios que dans les années 1960 grâce à Pete Welding qui l'a alors abondamment enregistré. Après sa superbe participation à la série de LP's Chicago/ The blues today de Samuel Charters, Young n'a cessé de tourner aux Etats Unis et en Europe et d'enregistrer plusieurs excellents albums. Il faisait partie du blues band de Bob Riedy quand il est décédé le 18 avril 1974 à Chicago.
                                                                 Gérard HERZHAFT

           For this 13th volume of our ever popular "Chicago./The Blues Yesterday" series, let's go back to the crucial years that between the late 1930's and the late 1940's saw major changes in the Chicago blues.
           John Henry Barbee, born William George Tucker on 14th November 1905 at Henning (Tn) learned to play guitar at a very early age and played for tips a little bit everywhere around Memphis, meeting Sleepy John Estes, John Lee "Sonny Boy" Williamson and Big Joe Williams with whom he toured the South for awhile. After a brawl (c. 1937) in which William George shot a white man, he fled to Chicago and took the name of John Henry Barbee to avoid any criminal search. He recorded four wonderful tracks for Vocalion in 1938 and was for a long time a familiar musician of the famous Maxwell Street Market, appearing very often with Moody and Floyd Jones. He was largely living outside music when Willie Dixon rediscovered him in 1963, persuading him to play again in folk clubs as an acoustic solo bluesman. Barbee was part of the American Folk Blues Festival 1964, recorded an excellent album for the Danish Storyville label but after a couple of stage appearances, Barbee felt very ill, was diagnosed with a severe cancer and flew back to the USA. He was quickly involved in a fatal car accident and was jailed in Chicago where he died on 9th November 1964.
           We don't know anything about singer and guitarist Elijah C. Jones who was brought to the studios in 1938 by Yank Rachell, recording some titles and resurfacing in 1949 for another (at that time unissued) session where he was billed as Kid Slim.
           Johnny Young (1st January 1918 in Vicksburg (Ms)) is of course well known by all the blues buffs around the world as one of the very few Post War blues mandolin player and as a true pioneer of the new Chicago blues. Young was also a familiar musician on the Maxwell Street Market and waxed a couple of sides for tiny labels in 1947-48. Unfortunately, he would have to wait until the 1960's to record again but this time quite extensively thanks to Pete Welding who brought him very often in the studios. After his remarkable contribution to Sam Charters' The blues/Today series, Young became a favorite of festivals and tours in the USA and Europe, recording many first rate LP's, particularly the two for Arhoolie. He was a staunch member of pianist Bob Riedy's excellent band when he died from a heart attack in Chicago, 18 April 1974.
                                                      Gérard HERZHAFT

Un des meilleurs livres sur les changements du Chicago Blues/ One of the very best book on the early Chicago blues


CHICAGO/ The Blues Yesterday
Volume 13
JOHN HENRY BARBEE (William George Tucker), vcl/g. Willie Bee James, g; sbs. Chicago, Ill. 8 septembre 1938
01. Six weeks old blues n°1
02. Six weeks old blues n°2
03. God knows I can't help it
04. You'll work down to me someday
05. Against my will
John Henry Barbee, vcl/g. Chicago, Ill. 12 mai 1963
06. I know she didn't love me
John Henry Barbee, vcl/g. Chicago, Ill. juillet 1963
07. Baby I need your love (That ain't it)
08. Gonna lose your mind (Tell me baby)
John Henry Barbee, vcl/g. Homesick James, g; Washboard Sam, wbd; Willie Dixon, perc. Chicago, Ill. 26 mars 1964
09. Early in the morning
10. No pickin' no pullin'
11. Six weeks old blues
ELIJAH C. JONES, vcl/g;Yank Rachell, mdln; John Lee "Sonny Boy" Williamson, hca. Aurora, Ill. 13 mars 1938
12. Katy Fly
13. Big boat
14. Only boy child
15. Lonesome mama
16. Mean actin' mama
17. Stuff stomp
Elijah C. Jones (as Kid Slim), vcl/g. Chicago, Ill. 1949
18. Shake'em on down
19. Sad home blues
20. TNT blues
21. Race horse blues
JOHNNY YOUNG, vcl/mdln; Johnny Williams, g/vcls. Chicago, Ill. 1947
22. Money taking woman n°1
23. Money taking woman n°2
Johnny Young, vcl/mdln; Snooky Pryor, hca; Johnny Williams, g. Chicago, Ill. décembre 1948
24. My baby walked out on me
25. Let me ride your mule