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jeudi 4 janvier 2018

CHICAGO/ The Blues Yesterday Vol. 21

CHICAGO/ The Blues Yesterday Vol. 21


           
Pour ce 21ème volume de notre série Chicago/ The Blues Yesterday, explorons encore la grande diversité des blues de Chicago des années 1940-60 entre jazz/R&B, country blues venu du Sud et Soul blues.
            La chanteuse et pianiste Lil Palmore, accompagnée de Willie Dixon et d'un guitariste qui est probablement Leonard Caston était une figure favorite des clubs chics des bords du Lac Michigan (Garrick Stage Bar, Hurricane, Ritz Lounge, Pitts Pub) et, outre ce single pour Ebony, elle a enregistré avec Brother John Sellers, Little Brother Montgomery et Jimmy "Boo Boo" Blazer.
            Le saxophoniste-tenor Claude Mc Lin (1925-95), natif de Chicago, a étudié la musique à la célèbre Du Sable High School et a commencé sa carrière de musicien professionnel en 1946 auprès de grands noms du jazz comme Lester Young ou Gene Ammons, jouant aussi quasiment tous les jours dans les clubs de Chicago. Dirigeant son propre orchestre, il enregistre à partir de 1950 à Chicago puis Hollywood où il s'était installé au milieu des années 50, participant alors à d'innombrables séances d'enregistrement derrière Amos Milburn, Red Callender etc...
            Little Son Joe (Ernest Lawlars) (1900-1961) est surtout bien connu en tant que mari et accompagnateur guitariste de Memphis Minnie à partir de 1939. Né à Hughes (Arkansas), il a accompagné Robert Wilkins à Memphis avant de rencontrer Minnie. Joe a aussi enregistré dix superbes titres de sa composition - dont le classique Black rat swing - sous son nom entre 1939 et 1953.
            Enfin, la chanteuse Mitty Collier (née en 1941 à Birmingham, Al) a représenté la Soul naissante à Chicago durant les années 60. Venue du Gospel, Mitty a enregistré pour Chess une quinzaine de 45t produits par Ralph Bass, entourée des habituels musiciens des studios Chess comme Cash Mc Call. Nous présentons ici certains des morceaux les plus bluesy de cette période. A la fin des années 1960, Mitty a quitté Chess et Chicago pour continuer une carrière à Birmingham, de plus en plus tournée vers le Gospel. Elle est devenue pasteur de son église en 1989.
                                                           Gérard HERZHAFT

            For this 21st volume of our Chicago/ The Blues Yesterday series, let's delve again into the great diversity of the many blues played in Chicago during the 1940's-60's: jazzy blues, R&B, Country blues coming from the Deep South and Soul blues...
            Singer and piano player Lil Palmore was a favorite in the uptown Chicago clubs during the late 1940's: Garrick Stage Bar, Hurricane, Ritz Lounge, Pitts Pub... Outside this Ebony single featured here in which she is backed by Willie Dixon and probably guitarist Leonard Caston, Lil has also recorded with Brother John Sellers, Little Brother Montgomery and Jimmy "Boo Boo" Blazer.
            Saxophonist Claude Mc Lin (1925-95) was born in Chicago and studied music at the famous Du Sable High School. He started a musical career in 1946, playing also in the best jazz and R&B Chicago clubs with Lester Young, Gene Ammons or as the leader of his own band. He recorded under his own name from 1950 in Chicago and then Hollywood where he settled down during the mid-50's, being on numerous sessions backing artists like Amos Milburn or Red Callendar.
            Little Son Joe (Ernest Lawlars) (1900-61) is of course mostly known as the guitarist husband of the great Memphis Minnie, recording constantly with her from 1939. Before that, Joe (born in Hughes, Arkansas) teamed with Robert Wilkins. Joe also recorded 10 tracks under his own name, mostly his own striking compositions (like the all time classic Black rat swing) between 1939 and 1953.
            At last, Mitty Collier (born in Birmingham, Al, 1941), starting to sing Gospel at an early age, shows the beginning of the Chicago Soul blues. She recorded for Ralph Bass more than a dozen singles between 1961 and 1967, backed by the usual Chess session musicians like guitarist Cash McCall. During the late 1960's, Mitty left Chicago, pursuing a career more and more in a Gospel vein. We have selected some of her bluesiest tracks.
                                                                       Gerard HERZHAFT



CHICAGO/ The Blues Yesterday Vol. 21
LIL PALMORE, vcl/pno; prob. Leonard Caston, g; Willie Dixon, bs. Chicago, Ill. 1948
01. I believe I'll go back home
02. Lil's Caldonia boogie
CLAUDE MC LIN, t-sax; t-sax; Rudy Mason, g; Eddie Baker, pno; Walter Sprately, bs; James King, dms. Chicago, Ill. 21 juillet 1950
03. Benny's bounce
Mona Lisa
Claude Mc Lin, t-sax; Norman Simmons, pno; band. Chicago, Ill. novembre 1950
04. Tennessee waltz
05. Pop goes the Weasel
Claude Mc Lin, t-sax; Norman Simmons, pno; Rudy Mason, g; Wlater Spratley, bs; James King, dms. Chicago, Ill. 7 août 1951
Sweet hips
Never mind
Claude Mc Lin, t-sax; L.C. Cohen, vcl; Berkeley Kendrix, pno/og; Oscar Lee Bradley, dms. Los Angeles, Ca. février 1958
06. That's cool man
07. Slow drag
Claude Mc Lin, t-sax; Berkeley Kendrix, og; g; Oscar Lee Bradley, dms. Los Angeles, Ca. Avril 1958
08. So fine
09. You're looking good
Claude Mc Lin, t-sax; Daniel Horton, og; Oliver Berry, dms. Los Angeles, Ca. 1964
10. Jambo I & II
LITTLE SON JOE (Ernest Lawlars), vcl/g; Memphis Minnie, g; Fred Williams, dms. Chicago, Ill. 3 février 1939
11. Diggin' my potatoes
12. A.B.C. blues
13. Bone yard blues
14. My black buffalo
15. Tuff luck blues
16. Key to the world
Little Son Joe, vcl/g; Memphis Minnie, g; Alfred Elkins, bs. Chicago, Ill. 12 décembre 1941
17. Black rat swing
18. Just to had to holler
Little Son Joe, vcl/g; Memphis Minnie, g; Little Brother Montgomery, pno; dms. Chicago, Ill. 5 octobre 1953
19. Ethel Bea
20. A little too late
MITTY COLLIER, vcl; Cash Mc Call, g; band. Chicago, Ill. 1963-67
21. Free girl
22. Pain
23. My babe
24. I'm your part time love
25. Come back baby
26. Git out



mercredi 13 décembre 2017

MIGHTY JOE YOUNG/ Really Young

MIGHTY JOE YOUNG: REALLY YOUNG


           
Joe Young, bluesman trop négligé,demeure l'égal des Otis Rush, Buddy Guy ou Magic Sam: un guitariste subtil, arabesques élégantes qui s'enroulent autour du thème, ambiance jazzy et décontractée d'un jeu qui s'apparie à merveille avec une voix chaude et enveloppante.
            Né le 23 septembre 1927 à Shreveport en Louisiane, il suit ses parents à Los Angeles puis à Milwaukee où il tente en vain une carrière de boxeur professionnel sous le nom de "Mighty Joe" Young en référence au film du même nom, suite de King Kong. Ayant appris la guitare dès l'enfance grâce à un oncle guitariste de jazz qui se produisait régulièrement à New Orleans, Young joue dans les clubs de Milwaukee, retourne brièvement en Louisiane voir de la famille. Ce serait là en 1955 qu'il aurait enregistré un 45t pour le label Jiffy qui n'a jamais été édité et dont Joe lui-même n'avait aucun souvenir. Il est bien possible que ce disque inconnu soit en fait d'un autre Joe Young...
            Quoi qu'il en soit, il est en 1956 à Chicago et se fait très vite un nom dans les clubs et parmi les musiciens. C'est ainsi qu'il participe aux orchestres de Joe Little et ses Heartbreakers, Howlin' Wolf, Jimmy Rogers et Billy Boy Arnold avec lesquels il enregistre. Il participe aussi dans l'ombre à la définition du West Side Sound, notamment auprès de Otis Rush dont il est, durant plusieurs années, le second guitariste. Mais il fait ses réels débuts de leader sur des 45t de labels indépendants comme Webcor, Speed, Celtex, Jaclyn, Palos, USA, Atomic-H ou Fire du new-yorkais Bobby Robinson durant les années 60.
            Ces 45t sont aujourd'hui largement méconnus et, en partie réunis sur ce mp3, montrent un Mighty Joe cherchant le succès dans un blues très moderne, la Soul qui était alors en train de devenir la musique dominante des Afro-américains (Joe enregistrera avec Tyrone Davis) et même le doo-woop avec sa participation soutenue au groupe les DuKays de Claude McRae. 

            Quelle que soit la qualité de ces 45t, c'est avec son premier microsillon, l'excellent Blues with a touch of soul (Delmark) enregistré par Bob Koester en 1970, que Mighty Joe se révèle vraiment comme un artiste majeur du blues moderne. Il est à noter que ce disque, qui est assez mal accueilli par la critique de l'époque, préfigure pourtant l'évolution du blues dans les décennies suivantes. En 1972, Sam Charters produit un deuxième et superbe album de Chicago blues plus traditionnel, Legacy of the blues. Puis, Joe signe un contrat avec l'ambitieux label Ovation. Chicken heads est un joyau, entre soul et blues, un chef d'oeuvre de bon goût au feeling irrésistible. Mais Ovation - pour qui il grave un autre disque, moins réussi - ne fait pas grand-chose avec son catalogue. En 1975, Young effectue une tournée en France et y enregistre Bluesy Josephine pour Black & Blue. Il participe aussi à plusieurs festivals et tournées internationales mais le début des années 1980 le voit végéter dans des clubs locaux avec des engagements de plus en plus sporadiques.
            En 1986, une grave maladie nerveuse l'empêche de jouer vraiment de la guitare. Comme il gagne une forte somme au loto, Mighty Joe décide de prendre une retraite anticipée. Il essaie néanmoins un come-back, avec l'aide de son fils Joe Young Jr en enregistrant en 1997 Mighty man (Blind Pig) dans lequel il ne fait presque que chanter. Une seconde opération s'avérera fatale et c'est sur le billard du Northwestern Memorial Hospital de Chicago qu'il décède le 24 mars 1999.
                                                                       Gérard HERZHAFT

Joe Young (born in Shreveport, La. September 23 1927), although too neglected, stands as one of the greatest Chicago guitar player of the 1960's and 70's. He learned the instrument during his childhood under the tutelage of an uncle, a jazz guitarist who played regularly in New Orleans. Following his family to Los Angeles, then Milwaukee, Joe tried to be a professional prize fighter (under the moniker "Mighty Joe" Young, a wink to the famous film, a sequel of King Kong) but quite quickly became instead a professional musician.
            From time to time, Joe went back to Louisiana to visit friends and relatives and he may have recorded his first 45 there for the obscure Jiffy label in 1955. This record seems to have never been issued and Joe himself didn't remember it. It could be possible that the Joe Young of the Jiffy's files is another different musician than our "Mighty" Joe Young.
            In fact, it is really when he came to live in Chicago in 1956 that Young made a reputation of guitarist of great skills, a jazzy and funky way of playing, among the patrons of the South Side clubs as well as his fellow musicians. He played (and recorded as a sideman) with Joe Little and his Heartbreakers, Jimmy Rogers, Howlin' Wolf, Billy Boy Arnold and stayed several years in Otis Rush's band.
            During the 1960's he recorded a fair number of 45's for small Chicago labels (Webcor, Speed, Celtex, Jaclyn, Palos, USA, Atomic-H) that are not well known today.  In those titles, we discover a musician trying to cope up with the trends of his era: most modern blues of the day, Soul which was of course the biggest thing among African-Americans at that time (Young will record with Tyrone Davis) and even doo-woop with a stay with the DuKays, a vocal group led by Claude Mc Rae.
            But this is only with his first wonderful LP, recorded in 1970 by Bob Koester, Blues with a touch of Soul, that Mighty Joe Young really emerged as a major bluesman. Two years later, this is Sam Charters who recorded him for another excellent album, more blues-oriented, Legacy of the blues on the Swedish Sonet label. Joe thought he was going to more fame when he signed with the very ambitious Ovation label, waxing Chicken heads one of the best soul-blues album of the decade. Unfortunately, it went nowhere. He toured France in 1975, recording an album Mighty Josephine for the Black & Blue label, Japan and appeared on several festivals (Ann Arbor). But by the end of the 1970's, Joe was only sporadically playing whenever he could in small Chicago clubs.
            In 1986, a serious nervous illness and a surgery stopped his career, preventing him to play the guitar. With the help of his son Joe Young Jr, he tried to make a comeback, recording a last album, Mighty man, for the Blind Pig label in 1997 in which he concentrates mostly on singing. In 1999, another surgery proved to be fatal and Mighty Joe Young died on march 24, 1999 at the Northwestern Memorial Hospital of Chicago.
                                                                       Gérard HERZHAFT


MIGHTY JOE YOUNG Complete Recordings
Mighty Joe Young, vcl/g; Herbert Henderson, tpt; Rayfield Davers, a-sax; Robert Skinner, t-sax; pno; Jasper Reed, bs; dms. Ruston, La. 1955
Broke down hearted and disgusted
You been cheatin' me
Apparently, this 45t was recorded and pressed but never released
Mighty Joe Young, vcl/g; Abb Locke, t-sax; Mickey Boss, t-sax; pno; Mac Thompson, bs; S.P. Leary, dms. Chicago, Ill. 1959
01. She is different
02. I'm looking for someone
Mighty Joe Young, vcl/g; Lefty Bates, g; pno; saxes; Jimmy Lee Robinson, bs; Al Duncan, dms. Chicago, Ill. 1961
03. Why baby
04. Empty arms
Mighty Joe Young, vcl/g; Cleo Griffin, tpt;Louis Satterfield, tb; Marvin Carvell, t-sax; Willie Henderson, b-sax; Monk Higgins, og; Bobby King, g; James Green, bs; Jimmy Tillman, dms. Chicago, Ill. 1962
05. I want a love
06. Hey baby
Mighty Joe Young, vcl/g; Chuck Nolan, t-sax; Willie Henderson, b-sax; Monk Higgins, pno; James Green, bs; Casey Jones, dms. Chicago, Ill. 1963
07. Every man needs a woman
Mighty Joe Young, g; Monk Higgins, t-sax; Harold Burrage, pno; bs; dms: The DuKaYs (Claude Mc Rae, lead), vcl grp.  Chicago, Ill. octobre 1964
08. Sho' nuff
09. Mellow Feznecky
10. The Jerk
Mighty Joe Young, vcl/g; Saxy Russell, t-sax; b-sax; Willie Mabon, pno; James Green, bs; Jimmy Tillman, dms; The DuKaYs, vcl grp. Chicago, Ill. 1965
11. We love you baby
12. Voodoo dust
Mighty Joe Young, vcl/g; Monk Higgins, og; Benny Turner, bs; dms; perc; The DuKaYs, vcl grp. Chicago, Ill. 1966
13. Something's wrong
14. Suffering soul
Mighty Joe Young, vcl/g; band. Chicago, Ill. 1966.
15. Hard times
16. Ain't nobody home
Mighty Joe Young, vcl/g; Cleo Griffin, tpt; Murray Watson, tpt; John Meggs, a-sax; Donald Hankins, t-sax; Floyd Morris, og/pno; Sylvester Boines, bs; Jimmy Tillman, dms; The DuKaYs, vcl grp. Chicago, Ill. juin 1967
17. Sweet kisses
18. Ladies' man
19. Henpecked
20. Tell me something
Mighty Joe Young, vcl/g; Cleo Griffin, tpt; Murray Watson, tpt; John Meggs, a-sax; Donald Hankins, t-sax; Floyd Morris, og/pno; Sylvester Boines, bs; Maurice White, dms. Chicago, Ill. 1969
21. Guitar star
22. I don't want to lose you
Mighty Joe Young, vcl/g; band. Chicago, Ill. 1969?
23. Easier said than done I & II



samedi 2 décembre 2017

BALLADE EN BLUES/ The Soundtrack

BALLADE EN BLUES/ The Soundtrack


Pour répondre à de nombreuses demandes, voici une petite anthologie qui récapitule en musique ma Ballade en Blues, en tout cas les voyages des années 1970- début des 80's.
Si vous n'avez pas encore le livre, il est bien sûr en vente pour Noël sur Amazon ou via mon site web
To answer many requests, here is an anthology of music I heard during my "Ballade en Blues" during the 1970's/Early 80's. The book is of course still in print (but only in French) through Amazon or my 







NASHVILLE ON MY MIND
01. Charlie Mc Coy: I'm ready
02. Mack Magaha & Mark Barnett: Banjo blues

DELTA BLUES
03. Napoleon Strickland: Key to the bushes
04. Jessie Mae Hemphill & Compton Jones: Rollin' and tumble
05. Compton Jones: Glory glory Hallelujah
06. R.L. Burnside: Fireman ring the bell
07. Lucius Smith: Memphis blues
08. Cleo Williams: Jesus has never left me alone

CLARKSDALE
09. Wade Walton: Parchman farm
10. Raymond Hill: Going down

MEMPHIS BLUES AGAIN
11. Big Sam Clark: Who's gonna play the blues?
12. Fred Sanders: I've got a feeling
13. Sonny Blake: Sonny's harmonica jam
14. Laura Dukes: Little Laura's blues
15. Joyce Cobb: The thrill is gone
16. Prince Gabe: Summertime
17. Furry Lewis: Every day of the week
18. Billy Lee Riley: Dark Muddy bottom

CHICAGO ON MY MIND
19. Addie: I think I got the blues
20. Floyd Jones: New dark road blues I & II
21. Big Walter Horton: They call me Big Walter

23. CODA: My Blues will (Testament en blues)




AUTRES LIVRES


       PORTRAITS EN BLUES (en Français)                                                                  
       

THE CATFISH BLUES SAGA (In English)
                                       

mercredi 22 novembre 2017

TEXAS BLUES. Volume 5



TEXAS BLUES/ Volume 5

              

Toute la diversité des blues du Texas sont représentés dans ce volume 5.
               Le guitariste et chanteur Banny Price demeure un artiste peu documenté. Il était actif dans les années 1960 autour de Shreveport (son lieu de naissance) et jusqu'à Dallas. Il a réussi à enregistrer deux remarquables séances l'une pour Ram et l'autre à Tyler (Texas) aux Robin Hood Brians Studios produite par Ken Demary, donnant le désormais classique You love me pretty baby, très influencé par Otis Rush. On ne sait ce qu'est devenu ce fort intéressant bluesman.

               Little Hat Jones est par contre une figure légendaire des premiers blues texans, ayant enregistré une excellente œuvre sous son nom pour Okeh en 1929 et 1930 ainsi qu'en tant que guitariste derrière Texas Alexander. Né Dennis ou George Jones le 5 octobre 1899 à Bowie Cy (Texas), il semblait avoir disparu sans laisser de traces après 1930. Mais la ténacité du chercheur Robert Tilling a permis dans les années 1990 de découvrir un article, une interview, un enregistrement parlé et joué et des photos prises du bluesman en 1962-64 pour The Monitor, un journal local de Naples (Texas) par Morris Craig! Ce sont ces cinq titres si longtemps ensevelis au fond d'un tiroir que nous présentons ici, autant un document historique que le dernier témoignage d'un des pionniers du Texas blues. Au moment de son interview, Little Hat Jones était un retraité du dépôt de munitions de la Red River Army à Texarkana. Il décède à Linden (Tx) le 7 mars 1981.

               Le chanteur et saxophoniste Conrad Johnson (1915-2008) a écumé les salles de bals et les cabarets de l'Est du Texas à la tête de son orchestre. Outre la poignée de disques sous son nom, il a beaucoup enregistré derrière nombre d'artistes comme L.C. Williams, Lonnie Lyons... et a aussi été un professeur de musique de renom à Houston.
Conrad Johnson

               Enfin, le chanteur et pianiste Carl Campbell (1933-93) a démarré sa carrière musicale à Houston dès 1948, enregistrant pour Freedom, Peacock, Sittin' In With. Il a longtemps dirigé son propre club, Carl's Club à Houston où il es produisait régulièrement.

               Merci à Robert Tilling (cf son article sur Little Hat Jones dans Blues & Rhythm n° 135 ainsi qu' à Sir Shambling pour celui sur Banny Price.

                                                                                         Gérard HERZHAFT

               Several facets of the Texas blues are featured on this volume 5.

               Singer and guitar player Banny Price is quite ill documented. He was playing for sure during the 1960's around Shreveport and East Texas. He recorded two excellent sessions, once for Ram Records at Shreveport and another at Tyler's Texas Robin Hood Brian Studios, produced by Ken Demary with the masterpiece OtisRushesque You love me pretty baby. Unfortunately, we don't know what happened after that to this very interesting bluesman.

               Little Hat Jones, on the contrary, is a legendary bluesman, having recorded classic tracks for Okeh in 1929-30 and also backing Texas Alexander. Born Dennis (or George) Jones on 5 October 1899 at Bowie Cy (Tx), he seemed to have disappeared after 1930. But blues researcher Robert Tilling's tenacity finally unearthed (during the late 1990's) an article, an interview (with live recordings!) and photos from Little Hat Jones that were done in 1962-64 by a local journalist Morris Craig for The Monitor, a newspaper from Naples (Tx). This is the last testimony of one of the true Texas blues pioneer. At that time, Jones was a retired man from the Red River Army Depot at Texarkana. Little Hat Jones died at Linden on 7th March 1981.

               Singer and sax-player Conrad Johnson (1915-2008) has had a long career as a musician and bandleader who recorded a handful of tracks under his name but many more behind other Texas artists. Johnson was also (and maybe foremost) a well known music teacher at Houston.

               Singer and pianist Carl Campbell (1933-93) started a musical career in Houston at an early age (1948!), recording several sessions for Freedom, Sittin' In With, Peacock... He was also running for a long time his own Carl's Club in Houston in which he was regularly playing.

               Thanks to Robert Tilling for his article on Little Hat Jones in Blues & Rhythm 135/171 and Sir Shambling for infos about Banny Price.
                                                                                         Gérard HERZHAFT


TEXAS BLUES/ Volume 5
BANNY PRICE, vcl/g; Elgie Brown, t-sax; band. Shreveport, La. July 1964
01. Rushing
02. There goes the girl
03. Monkey see, monkey do
Banny Price, vcl/g; band. Tyler, Tx. 1965
04. You love me pretty baby n°1
05. You love me pretty baby n°2
06. You know I love you
LITTLE HAT JONES, vcl/g. Naples, Tx. 1964
07. All around the water tank
08. Little Hat rag
09. New Dallas blues
10. Saint Louis blues
11. You don't mean me no good
CONRAD JOHNSON, a-sax/vcls; Jimmy Vincent, tpt; Sam Williams, t-sax; Ed Harris, b-sax; vcls; band. Houston, Tx. 1948
12. Ugly Mae
13. Shout it out
Conrad Johnson, vcl/a-sax; Johnny Vincent, tpt; Sam Williams, t-sax; Ed Harris, b-sax; band. Houston, Tx. 1972
14. Fisherman blues
15. Howling on Dowling
CARL CAMPBELL, vcl; band. Houston, Tx. March 1949
16. Between midnight and dawn
17. Ooh Wee baby
Carl Campbell, vcl; Goree Carter, g; Joe Houston, t-sax; band. Houston, Tx. Mayi 1949
18. Gettin' high
19. Going down to Nashville
Carl Campbell (as King Tut), vcl; Henry Hayes, a-sax; Ed Wiley, t-sax; Willie Johnson, pno; Don Cooks, bs; Ben Turner, dms. Houston, Tx. 12 January 1950
20. You've been fiddling around
Lonely blues
Why did you leave me baby?
Lonely blues
Carl Campbell, vcl; Ed Wiley, t-sax; Henry Hayes, a-sax; Willie Johnson, pno; Goree Carter, g; Don Cooks, bs; Ben Turner, dms. Houston, Tx. March 1950
21. Cotton picker's blues
22. My heart is going down slow
Carl Campbell, vcl; Henry Hayes, a-sax; Elmore Nixon, pno; band. Houston, Tx. September 1950
23. Traveling on
24. Early morning blues
Carl Campbell, vcl; band. Houston, Tx. septembre 1958
I love you baby
Paree


jeudi 9 novembre 2017

NEWPORT BLUES FESTIVAL/ 3 Juillet 1960

NEWPORT BLUES FESTIVAL/ 3 July 1960


           
L'après midi du 3 juillet de l'édition 1960 du Newport Jazz Festival (organisée par George Wein) était entièrement consacrée au blues avec une programmation audacieuse pour l'époque: Muddy Waters, John Lee Hooker, Jimmy Rushing, Sam Price Trio avec Lafayette Thomas et la chanteuse Bettye Jeanette, les louisianais Butch Cage et Willie Thomas, les seuls - amenés par Harry Oster qui venait de les découvrir - à représenter ce jour-là le blues acoustique plus une démonstration de tap dancing par Al Mimms ainsi que des poèmes et des textes lus par l'écrivain Afro-Américain Langston Hughes.
            Muddy Waters qui ouvre le concert par un superbe Catfish blues, accompagné de son orchestre de l'époque (James Cotton, Pat Hare, Otis Spann, Andrew Stephenson et Francis Clay) continue par un programme qui a été publié en LP et CD (Muddy Waters at Newport) et que nous n'avons donc pas inclus ici. Puis laisse la place à Otis Spann qui démontre l'étendue de ses talents de pianiste sur quatre pièces instrumentales. C'est l'orchestre de Muddy qui accompagne aussi John Lee Hooker - qui avait joué peu de temps auparavant en acoustique au Festival Folk de Newport - sur cinq morceaux très représentatifs de ce qu'il enregistrait à l'époque.

            Le pianiste Sam Price prend ensuite place sur scène accompagné du guitariste Lafayette Thomas, alors Newyorkais (qui chante un rare Things I used to do) et du batteur Panama Francis ainsi que de la chanteuse Bettye Jeanette, (en fait probablement Betty Harris) qui interprète ici avec conviction trois classiques du premier blues. Le trio accompagne aussi le Blues Shouter (de l'orchestre de Count Basie) Jimmy Rushing. Butch Cage et Willie Thomas donnent ensuite la touche la plus rurale de ce programme avec plusieurs duos fiddle/guitare avant que presque tous les artistes viennent terminer le show par un Mean mistreater accompagné par le Muddy Waters Blues Band. Mais suite à de sérieuses rixes en marge du festival qui avaient eu lieu la veille, la petite ville de Newport fait annoncer par le présentateur Willie Connover qu'elle annule le Festival à l'instant même, le concert de jazz du soir étant même supprimé. C'est donc par un beau blues triste et prenant improvisé sur le moment que Otis Spann termine la journée. Goodbye Newport blues.
            Un grand merci à Steve K. et Jeanie H. pour avoir fourni ces enregistrements rares qui donnent une idée plus complète de ce concert historique.
                                                                       Gérard Herzhaft

            The 3d of July's afternoon concert of the 1960 Edition of the annual Newport Jazz Festival was boldly entirely devoted to a blues programme assembled by George Wein who had gathered for the occasion Muddy Waters, John Lee Hooker, Jimmy Rushing, The Sam Price Trio featuring ace guitarist Lafayette Thomas (then a New Yorker), drummer Panama Francis and classic blues singer Bettye Jeanette, the fiddle/guitar duo of Louisianans Butch Cage and Willie Thomas (just discovered by Harry Oster) who was the only acoustic act of the day and also Blues Shouter from the count Basie band, Jimmy Rushing. Plus some tap dancing by Al Mims as well as poems and texts read by the famous African-American author Langston Hughes.
            Muddy and his band (James Cotton, Pat Hare, Otis Spann, Andrew Stephenson et Francis Clay) open the show with a striking version of Catfish blues, followed by a programme that has been issued several times on LP and CD (Muddy Waters at Newport), so not included here.
            Pianist Otis Spann follows, demonstrating his powerful talents on four instrumentals backed by the band. The complete Muddy's band backs also John Lee Hooker on five electric numbers (he had shortly previously been featured on the Folk version of the Newport Festival as a solo acoustic bluesman) well in the mould of what he was recording at the time.
            Pianist Sam Price and his Trio deliver a frantic shuffle with a brilliant Lafayette Thomas and Bettye Jeanette (proably Betty Harris) who sings with authority three blues from the 1920's. After Jimmy Rushing, and the duo Cage and Thomas, almost all the artists accompanied by the Muddy band sing a long version of Mean mistreater which was supposed to end the show.
            But Willie Connover, Newport Jazz Festival emcee had suddenly to announce the decision of the city council of Newport to suspend activities of the Newport Jazz Festival, beginning with the evening concert on July 3. This decision was made following a clash with students and police the preceding night that escalated into a full-scale riot. Upset, Otis Spann then decided to close the Festival with an improvised brooding blues. Goodbye Newport blues.
            A lot of thanks to Steve K. and Jeanie H. who sent me those very rare tapes which give a better and more complete idea of what happened this 3d July of 1960 at the historic Newport Jazz Festival.
                                                                       Gérard Herzhaft

NEWPORT BLUES FESTIVAL
3 July 1960
MUDDY WATERS, vcl/g; James Cotton, hca; Otis Spann, pno; Pat Hare, g; Andrew Stephenson, bs; Francis Clay, dms. Newport, RI. 3 July 1960
01. Catfish blues
OTIS SPANN, vcl/pno; James Cotton, hca; Otis Spann, pno; Pat Hare, g; Andrew Stephenson, bs; Francis Clay, dms. Newport, RI. 3 July 1960
02. Chicago blues
03. Newport blues
04. Otis blues
05. Saint Louis blues
JOHN LEE HOOKER, vcl/g; James Cotton, hca; Otis Spann, pno; Pat Hare, g; Andrew Stephenson, bs; Francis Clay, dms. Newport, RI. 3 July 1960
06. My own fault
07. Maudie
08. Tupelo
09. I wanna walk
10. I wish you were here
SAM PRICE, pno; Lafayette Thomas, g; Panama Francis, dms. Newport, RI 3 July 1960
11. The price is right
LAFAYETTE THOMAS, vcl/g; Sam Price, pno; Panama Francis, dms. Newport, RI. 3 July 1960
12. The things I used to do
BETTYE JEANETTE, vcl; Sammy Price, pno; Lafayette Thomas, g; Panama Francis, dms. Newport, RI 3 July 1960
13. Ain't nobody's business
14. The birth of the blues
15. Backwater blues
JIMMY RUSHING, vcl; Sam Price, pno; Lafayette Thomas, g; Panama Francis, dms. Newport RI. 3 July 1960
16. Bye bye baby
BUTCH CAGE, vcl/fdl; WILLIE THOMAS, vcl/g. Newport, RI. 3 July 1960
17. Hen cackle
18. Hard achin' blues
FINALE: Muddy Waters, vcl; Bettye Jeanette, vcl; Butch Cage, vcl; Willie Thomas, vcl; Jimmy Rushing, vcl; James Cotton, hca; Otis Spann, pno; Pat Hare, g; Andrew Stephenson, bs; Francis Clay, dms. Newport, RI. 3 July 1960
19. Mean mistreater
OTIS SPANN, vcl/pno; Muddy Waters, g; James Cotton, hca; Otis Spann, pno; Pat Hare, g; Andrew Stephens, bs; Francis Clay, dms. Newport, RI. 3 July 1960
20. Goodbye Newport blues



mardi 31 octobre 2017

BROTHER WILL HAIRSTON: Detroit Blues Masters Vol. 11

BROTHER WILL HAIRSTON
Detroit Blues Masters Vol. 11

           
Ce 11ème volume sur Detroit est consacré au magnifique compositeur et chanteur de Gospels, Brother Will Hairston.
            Will Hairston naît le 22 novembre 1919 à Brookfield (Ms) d'une famille de pauvres fermiers et, très jeune, chante dans la congrégation de ses parents. Vers 1938, il part à Saint Louis, puis est mobilisé et à son retour de la guerre en 1945, se marie avec Ms Willie et s'installe à Detroit où il travaille chez Chrysler afin d'entretenir sa famille qui comptera 10 enfants. Très religieux, Will Hairston s'impose dans son Eglise par sa voix qui lui vaudra le surnom de "Hurricane of the Motor City", tellement il est capable de soulever d'enthousiasme ses paroissiens par ses sermons qui reprennent souvent l'actualité tumultueuse de l'Amérique Noire.
            Pour répondre à une forte demande, il enregistre lui-même My God don't like it à propos du jeune Emmet Till, un adolescent noir de 14 ans massacré en octobre 1955 dans sa ville de Money (Mississippi) parce qu'il avait crié "Bye baby" à une jeune fille blanche! La photo de son corps mutilé reproduit dans de nombreux journaux avait alors soulevé l'indignation dans toute l'Amérique. En même temps, Brother Will enregistre aussi deux titres (Let him come in; Ain't nobody there but Brother Will que je n'ai pas réussi à me procurer).
            Hairston vend ses disques depuis son camion (acheté pour transporter sa nombreuse famille) sur lequel il a installé des hauts parleurs qui diffusent sa musique tandis qu'il parcourt le ghetto noir de Detroit!
Joe Von Battle's record shop. Photo©Jacques Demêtre 
            Le succès est tel que le producteur et disquaire Joe Von Battle (qui a joué un rôle considérable dans le Detroit blues) lui fait enregistrer une magnifique séance qui comprend le puissant Alabama Bus, premier morceau consacré à la longue grève des autobus de Montgomery (Alabama) à la suite du refus de la militante noire Rosa Parks de céder sa place à un blanc et qui aboutira à la première brèche dans la ségrégation qui sévissait dans les Etats du Sud depuis les années 1870-80. Alabama bus est aussi le premier disque qui mentionne le nom de Martin Luther King Jr.
            Les années suivantes, Brother Will continuera à enregistrer dans cette veine, entre Gospel et protest songs, notamment Shout, school children sur la première tentative de déségrégation des écoles blanches de l'Arkansas; The story of President Kennedy sur l'assassinat de JFK à Dallas; Reverend King had a hard time après l'assassinat de Martin Luther King Jr en 1968.
            Lui-même victime d'une tentative d'assassinat qui le laisse très affaibli, Will Hairston prend sa retraite de chez Chrysler en 1970 et se consacre entièrement à sa congrégation, le Greater Love Tabernacle Church avec laquelle il enregistrera une poignée de titres en 1972.
            Brother Will Hairston décède à Detroit le 7 mars 1988, laissant une oeuvre superbe et vibrante qui malheureusement - et à l'exception d'une poignée de titres - était très difficile à trouver. Nous avons ajouté ici le seul titre enregistré en 1957 pour Brother Will par son ami le Reverend Reuben Henry.
            Nos plus vifs remerciements à Pierre Monnery et Justin Brummer sans lesquels cette compilation n'aurait pu voir le jour. Ainsi qu'à Guido Van Rijn dont l'article sur Brother Will dans le magazine britannique Blues & Rhythm #167 a largement servi à écrire cet article.
                                                                       Gérard HERZHAFT

            This 11th Volume of our Detroit blues series is entirely dedicated to the great Gospel singer and composer Brother Will Hairston.
            Will Hairston was born 22 November 1919 at Brookfield (Ms) in a very poor faming family. At an early age, he sings in his parents' church, goes to Saint Louis for better job opportunity during the 1930's, is drafted and after the war, settles in Detroit, having a secure job at the big Chrysler's plant and marrying the young Willie with whom he'd have ten children.
            A very religious man, Brother Will Hairston gains the nickname of "The Hurricane of the Motor City" for his capacity to spark enthusiasm among the faithful of his church with a strong voice and his sermons that very often reflect his own views about the situation of African-Americans.
            To cope with strong requests, Mr Hairston records himself his first session with the striking  My God don't like it about the slaughter of the young Black teenager Emmet Till in his hometown of Money (Ms) after he had shouted a "Bye baby" to a white girl. The photos of the mutilated corpse published in several magazines had raised a wave of indignation throughout the USA. Two other titles were recorded the same day (Let him come in; Ain't nobody there but Brother Will) that I unfortunately wasn't able to get a copy.
            Brother Will Hairston sells his records from his own truck while a sound system he had hooked on the roof of his vehicle blasts the music when he is driving around!
            Such is the success of Brother Will that the record producer and dealer Joe Von Battle (who of course played a major role in the Detroit blues scene) brings Hairston in his studios for an historical and magnificent 1956 session with the powerful hit Alabama Bus, the very first song about the Montgomery (Al) bus strike after Rosa Parks refused to give up her seat to a white man, like she should have done according to the segregation laws. Alabama bus is also the very first song mentioning Martin Luther King Jr.
            The following decade, Hairston will continue to record in this Gospel/ protest song vein, notably Shout, school children about Little Rock Central High events, forcing the integration of some black school children in a only white school; The Story of President Kennedy about the murder of JFK; Reverend King had a hard time just after the assassination of Martin Luther King Jr.
            Brother Will is himself the victim of a shooting and retires from Chrysler in 1970, focusing entirely to his family and his Greater Love Tabernacle Church with which he records a last session in 1972.
            Brother Will Hairston dies in Detroit 7 March 1988, leaving a vibrant, powerful and largely remarkable recording works that are unfortunately - and apart a couple of tracks - very hard to get. We have herein also  included the sole 1957 record by Rev. Reuben Henry, a close friend to Hairston.
            Our big thanks to Pierre Monnery and Justin Brummer for their invaluable help.
            And a great thank to Guido Van Rijn whose article in the very good British magazine Blues & Rhythm #167 has largely been used to write this article!
                                                                       Gérard Herzhaft


BROTHER WILL HAIRSTON
Complete Recordings
Brother Will Hairston, vcl; band. Detroit, Mi. décembre 1955
01. My God don't like it I & II
Let Him come in
Ain't nobody here but Brother Will
Brother Will Hairston, vcl; Louis Jackson, pno; Washboard Willie, wbd. Detroit, Mi. 1956
02. The Alabama Bus I & II
03. Mighty wind
04. The Bible is right
05. Seems like a dream
06. He comes rushing like a mighty wind
Brother Will Hairston, vcl; The Dixie Aires, vcls; band. Detroit, Mi. novembre 1957
07. Shout school children
08. Jesus had a hard time
Brother Will Hairston, vcl;  band. Detroit, Mi. 1964
09. The Story of President Kennedy
10. Holy Ghost don't leave me
11. Shout Brother Shout
Brother Will Hairston, vcl; Rev. Henry, vcl; g; dms. Detroit, Mi. 1964
12. Here comes the Lord
Brother Will Hairston, vcl; Louis Jackson, pno; Washboard Willie, wbd. Detroit, Mi. 1965
13. March on to Montgomery
14. Angels watching over me
Brother Will Hairston, vcl; Louise Jackson, pno or Magnolia Tillman, pno; g; Washboard Willie, wbd. Detroit, Mi. 1968
15. St John
16. Reverend King had a time
17. That's alright
18. The War in Wietnam
19. When I'm gone
Brother Will Hairston, vcl; The Greater Love of Tabernacle, vcls; band. Detroit, Mi. 1972
20. This may be the last time
21. Minny, your dress too short
22. Death knocked at my door, Jesus got the key
Let the church roll on
Reverend Reuben L. Henry, vcl; g; The Dixie Aires, vcls. Detroit, Mi. novembre 1957
23. God's going to ring those freedom bells

Paul Monnery/ Justin Brummer