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lundi 26 janvier 2015

HOWLIN' WOLF The complete Studio Recordings

HOWLIN' WOLF/ The complete Studio Recordings


Inutile de présenter Chester Burnett, le plus célèbre Howlin' Wolf du blues. Nous proposons ici la totalité de ses enregistrements réalisés en studio. Ne figurent cependant pas les albums enregistrés par le Wolf en tant que tels ni ceux enregistrés en concert dont seuls trois d'ailleurs (Copacabana, AFBF 1964 et Alice's Revisited) ne sont pas des "bootlegs"...
Pour connaître mieux ce géant de la musique populaire américaine, nous ne pouvons que recommander la remarquable biographie (en anglais)
ainsi que le long article que j'ai écrit dans Soul Bag n°205


Everybody knows of course Chester Burnett aka Howlin' Wolf, a true giant of the blues and the American music altogether. We have gathered here all his studio recordings. The four albums he has recorded as such are not included, neither his three live non-bootleg sessions (Cpacabana, AFBF 1964 and Alice's Revisited).
If you want to know more about the Wolf, there is a remarkable biogrpahy (in english)
as well as a lengthy article I wrote (in French) in the Soul Bag Magazine n°205


jeudi 1 janvier 2015

LOUISIANA RED/ Complete Early Recordings




LOUISIANA RED/ Complete Early recordings

          
Commençons donc immédiatement l'année avec l'intégrale des premiers enregistrements effectués par Iverson Minter dit Louisiana Red.
           Comme nombre de ses contemporains bluesmen, Red était un grand raconteur d'histoires et sa vie qu'il relatait reflétait davantage ce que voulaient entendre ceux qui l'interrogeaient que la réalité. Il est probablement né le 23 mars 1932 à Bessemer (Alabama) bien qu'il ait indiqué plusieurs autres lieux comme Vicksburg (Ms). Il a sans doute été orphelin assez jeune bien que là aussi les circonstances des décès de ses parents sont confuses. Minter a prétendu avoir été élevé à La Nouvelle Orléans dans le même orphelinat que Louis Armstrong mais ce qui est sûr c'est qu'il a grandi auprès de ses grands parents à Pittsburgh (Ohio) et qu'il n'a probablement jamais vécu en Louisiane. Encore adolescent, Iverson Minter part chercher du travail dans l'industrie automobile à Detroit, apprend la guitare avec les disques de Lightnin' Hopkins et Muddy Waters et se retrouve jouer ici et là dans des clubs en compagnie de John Lee Hooker et Eddie Burns qui lui apprend aussi l'harmonica. C'est l'infatigable producteur Joe Von Battle qui en 1952-53 l'enregistre sous le surnom de Rocky Fuller qu'il lui donne pour la circonstance, trouvant Iverson Minter invendable! Ces enregistrements démontrent le côté caméléon de Minter qu'il conservera toujours, cette capacité à imiter de façon convaincante un peu tous les musiciens qu'il côtoie. Il grave même un titre, peut-être à Chicago (il prétendait l'avoir fait par téléphone!!!), pour Chess accompagné de Little Walter.
           Encore une séance avec son mentor John Lee Hooker et notre homme part tenter sa chance à New York City. Il est vite remarqué par le producteur Bobby Robinson qui lui fait graver un single pour son label Atlas. C'est à ce moment seulement que Iverson Minter/Rocky Fuller prend le nom de Louisiana Red, là aussi probablement une idée du producteur Robinson. Mais son heure de gloire va arriver en octobre 1962 grâce à un autre grand producteur noir, Henry Glover, un des hommes-clés du label King, qui, cherchant de nouveaux talents à New York pour le compte de Morris Levy, un homme d'affaires qui vient de créer Roulette, un label aux dents longues, rencontre Louisiana Red dans un club et lui fait enregistrer dans la foulée Red's dream, une resucée du I had a dream de Big Bill Broonzy mais remise au goût du jour avec des allusions à la crise des missiles, Kennedy, Cuba et un zeste de droits civiques. Le titre s'installe dans le Top 100 R&B durant plusieurs semaines en 1963.
           Après sa rencontre en 1965 avec Herb Abramson d'Atlantic qui a une évidente affection pour lui, Louisiana Red est souvent en studio avec différents accompagnateurs newyorkais pour des séances plus ou moins informelles dont seulement une petite partie paraîtra en album au début des années 1970. Remarquablement servi par ses sidemen, avec d'excellents arrangements, Louisiana Red y apparaît au sommet de son art: chanteur profond, guitariste de blues multiforme avec un slide tranchant (au style de Muddy, Red a ajouté celui d'Elmore James qu'il a rencontré chez Bobby Robinson), compositions élaborées qui font souvent mouche...
           Mais cela n'apporte pas grand' chose à Red qui, presque sans engagements américains, décide de partir tenter sa chance en Europe où il finira par se fixer définitivement en Allemagne, se mariant et tournant sans cesse sur le continent européen. Il enregistrera quantité d'albums, souvent en solo, parfois avec des groupes locaux. Sa créativité semblera quelque peu émoussée au fil des ans et ses prestations scéniques qui pouvaient être remarquables un bon jour laissaient malheureusement assez souvent une impression d'inachevé. On le vit même quitter abruptement la scène pour... ne pas rater une émission de télévision à son hôtel!
           Red décède à Hanovre le 26 février 2012.
           Merci à tous ceux qui ont rendu possible cette "intégrale" de la première (et meilleure) œuvre de Louisiana Red
                                                      Gérard HERZHAFT


              Let's start 2015 with the complete early recordings of Iverson Minter aka Louisiana Red.
              Like many true bluesmen, Red was a great storyteller and his early life as he told to his interviewers was not always the same and reflected first what they wanted to hear. Minter was probably born in Bessemer (Alabama) on March, 23d, 1932 (and not Vicksburg, Ms as he so often said) and he lost his parents at an early age. He also said he was boarded in a New Orleans orphanage but it's more probable that he was brought up by his grand parents in Pittsburgh (Ohio). Whatever, Minter went to seek work around 1949 in the automobile industry in Detroit, learning there how to play the guitar (listening to records by Lightnin' Hopkins and Muddy Waters), started to play in the early 1950's in local clubs and meeting John Lee Hooker (with whom he will record) and Eddie Burns who taught him the harmonica. Anyway, Minter started to record in 1952-53 thanks to the indefatigable Detroit producer Joe Von Battle and under the name, Rocky Fuller (given by Joe who thought he couldn't sell Iverson Minter). Those very early records show Minter's ability (he will always keep) to impersonate any other bluesman's style. In odd and unclear circumstances, Red also recorded one title for Chess backed by no one other than Little Walter!
              During the late 1950's, our man went to New York City to try his luck and meeting producer Bobby Robinson waxed a single for his Atlas label. Bobby gave him then a new nom de disque that would stick: Louisiana Red. But better things will appear for Red in fall 1962 when another African American ace producer, Henry Glover, searching talents for a new ambitious label, Morris Levy's Roulette, saw Red in a New York club and hurried him in the studios, backed only by bass and drums (the superlative Panama Francis), to record a long session from which Red's dream (a very clever adaptation of Broonzy's I had a dream with references to Kennedy, Khrushchev, Castro, the UN and the Civic Rights) climbed in the R&B charts and stayed there for some weeks in the early 1963.
              Then, Red met Atlantic's producer Herb Abramson who seemed to like him very much and recorded him quite regularly. But unfortunately only some tracks were issued as an album in the early 1970's. Those sessions stand probably as the very best of Red's recordings. He is at the peak of his talents, a strong and flexible voice, a wonderful guitarist able to play regular or slide guitar (he had met Elmore James in New York thanks to Bobby Robinson), backed by some of the best New York session blues players, varied and carefully chosen material, excellently produced... Certainly some of the best blues coming from those years.
              But those didn't bring too much to Red who decided to try his luck this time in Europe where he was cheerfully welcomed. Although he would live for a while in Phoenix (Az), his hectic European tour schedule and the meeting of his wife in Germany, persuaded him to settle there permanently. He will then constantly appear on stages, clubs, festivals, recording dozens of LPs and CDs... Although he was sometimes great, his performances tended to become often tedious and he seemed sometimes not involved. We even saw him stop abruptly his show and quit the stage to hurry to his hotel to watch a TV programme he wouldn't want to miss!
              Red died in Hanover (Germany) on 26 February 2012.
              A lot of thanks to all those who made possible this "complete" compilation.
                                                                                 Gérard HERZHAFT

lundi 15 décembre 2014

HONEYBOY EDWARDS/ Early Recordings


HONEYBOY EDWARDS/ Early Recordings


 Honeyboy Edwards a été un acteur important de l'histoire de la migration du blues du Delta vers Chicago. Né à Shaw (Ms) le 28 juin 1915 au coeur du Delta, David Edwards a longuement voyagé avec Robert Johnson et Big Joe Williams, Forgeant son propre style au contact de ces deux compères ainsi que d'autres dont il a croisé la route un moment, tels Charlie Patton, Son House, Tommy Mc Clennan, Tommy Johnson, Robert Petway et bien sûr son voisin Muddy Waters. Guidés par John Work, les Lomax découvrent Edwards en 1942 sur la plantation Stovall où il est manoeuvre agricole et l'enregistrent à Clarksdale. Cette superbe série de titres non commerciaux enregistrés pour la Bibliothèque du Congrès révèlent en Edwards un des plus doués de ces bluesmen du Delta de ces années 1940, avec un jeu de guitare en fingerpicking fluide, imaginatif et substantiellement moderne.
        
Honeyboy Edwards. Clarksdale 1942
   
Comme Muddy Waters, Honeyboy aurait dû émigrer vers Chicago mais il préfère traîner au Texas, le temps de graver un beau Build myself a cave pour un obscur label local. Il remonte à Memphis où il enregistre pour Sam Phillips une des plus belles versions de Sweet home Chicago qui restera inédite pendant deux décennies et qui sera même un temps attribué au pianiste Albert Williams! Mais Edwards est aussi à Chicago, attire l'attention des frères Chess qui le font enregistrer quelques grands titres (Drop down mama) mais décident de ne pas les exploiter pour ne pas concurrencer Muddy Waters! Il reste encore au moins trois titres inédits dans les archives de Chess si celles-ci existent encore quelque part!
            Par la suite, Honeyboy fait partie des premiers Aces avec Fred Below et les frères Myers mais les quitte juste avant qu'ils n'enregistrent. Il est du premier Blues Revival mais la plupart des séances que produit à l'époque Pete Welding resteront aussi inédites. La malchance frappe encore lorsque Honeyboy est en 1969 dans les studios Chess avec Fleetwood Mac et que les deux titres qu'il enregistre alors ne sont pas retenus sur l'album original!
            Heureusement, Honeyboy, grâce à sa longévité, finira par enregistrer plusieurs albums la plupart du temps en solo, apparaître dans les grands festivals, faire des tournées internationales, un des derniers témoins du passage du blues du Delta à celui de Chicago.
            Il décède le 22 août 2011 à Chicago après avoir publié en 1997 sa superbe autobiographie (The world don't owe me nothing) que nous recommandons chaudement.
Autobiography

                                     Gérard HERZHAFT

            Born in Shaw (Ms) on June 28th, 1915, David "Honeyboy" Edwards has known and played with most of his local contemporaries, Robert Johnson, Big Joe Williams, Tommy Mc Clennan, Robert Petway and of course his neighbour Muddy Waters. He also learned from Charlie Patton, Tommy Johnson and Son House, all of whom he met and sometimes played with.
            Lead by African American musicologist John Work, John and Alan Lomax discovered Edwards on Stovall Plantation where David was a sharecropper. Work noted that here was "a skilled blues singer and guitarist as well as a clever young man". Thus Edwards was quite extensively recorded for the Library of Congress during two days of July 1942 in Clarksdale. Those recordings show an excellent singer and a very fluent, imaginative fingerpicking guitarist with a more modern approach than most of his local fellow bluesmen.
            Like Muddy Waters and so many others, Honeyboy should have migrate to Chicago and probably he would have started to record a thicker work and maybe become an important name of the post-war Chicago blues. But instead he preferred to drift here and there, working as a field hand a little bit everywhere in the Southern States and playing his music in juke joints and venues. His recorded output during the 1950's is unfortunately quite thin but of a very high quality. He waxed four sides in Texas (only two were issued), one striking version of Sweet Home Chicago in Memphis for Sam Phillips that will stay unissued for decades and even attributed to piano player Albert Williams (!)... When he hit Chicago in 1953, he eventually recorded for the Chess label four titles that Chess didn't issue because they thought Edwards's style was too close to Muddy Waters', which was of course true. Only one (Drop down mama) has been issued on LP, the remainder lays somewhere in the Chess vaults if there still is such a thing today!
            And that's it for his commercial recordings for the African American blues market! Honeyboy will also ne a member of the Aces with Below and the Myers brothers but once again won't record with them. He'll have to make a living outside of music during the 50's and 60's. And when Pete Welding brought him in the studio in 1964 and 1967 for the new public of the Blues Revival, most of the tracks Honeyboy recorded then would stay unissued until the CD years. In 1969, Edwards is part of the Fleetwood Mac's Chess sessions but - guess what - the two titles he takes as a leader will stay once again in the vaults until the 1990's!
            But at last, during the 1980's, Honeyboy's talents will be recognized. Edwards, as an elder witness of the henceforth legendary road that brought the Delta blues to Chicago and as an old partner of Robert Johnson, will record several CD's, be on major festival stages, tour Europe. He even will write in 1997 a gripping autobiography (The world don't owe me nothing) that should be in all blues libraries.
            Honeyboy Edwards died in Chicago on 22 August 2011.
                                                                       Gérard HERZHAFT


HONEYBOY EDWARDS/ Complete Early Recordings
Honeyboy Edwards, vcl/g/hca. Clarksdale, Ms. 20 juillet 1942
01. Spread my raincoat down
02. Chain Gang song 1 (You got to roll)
03. Chain Gang song 2
04. Stagolee
05. Just a spoonful
06. I love my Jelly roll
07. Hellatakin' blues
08. Worried life blues
09. Water Coast blues
10. The Army blues
11. Tear it down rag
Honeyboy Edwards, vcl/g/hca. Clarksdale, Ms. 22 juillet 1942
12. Wind howlin' blues
13. Roamin' and ramblin' blues
Honeyboy Edwards, vcl/g; Thunder Smith, pno. Houston, Tx. 1950
14. Build a cave
15. Who may your regular be?
Honeyboy Edwards, vcl/g; Albert Williams, pno; Joe Willie Wilkins, g; Dickie Houston, dms; James Walker, wbd. Memphis, Tn. 1952
16. Sweet home Chicago
Honeyboy Edwards, vcl/g; Gus Jenkins, pno; Willie Nix, dms. Chicago, Ill. 9 janvier 1953
17. Drop down mama
Honeyboy Edwards, vcl/g; John Lee Henley, hca. Chicago, Ill. 17 mars 1964
18. My baby's gone
19. Angel Child
20. Highway 61
21. Love me over slow
Honeyboy Edwards, vcl/g. Chicago, Ill. 29 juillet 1967
22. Just like Jesse James
23. Sweet home Chicago
24. Blues like showers of rain
25. Long tall woman blues
26. Love me over slow
27. Crawling kingsnake
28. Skin and bones blues
29. Bull cow blues
30. Worryin' woman blues
Honeyboy Edwards, vcl/g Big Walter Horton, hca; Buddy Guy, g; Peter Green, g; Willie Dixon, bs; Mick Fleetwood, dms. Chicago, Ill. 4 janvier 1969
31. My baby's gone
32. Honeyboy blues

jeudi 4 décembre 2014

DELTA BLUES/ Anthology of the blues


DELTA BLUES/ Anthology of the Blues



           Tous les amateurs de blues du monde entier ont une affection particulière pour la région du Delta. Bien que personne nulle part n'en ait jamais apporté le moindre début de preuve - le blues ne serait-il pas bien davantage né parmi les songsters des medicine shows? -, le Delta passe pour avoir été le berceau du blues. Il s'agit d'une bande de terre située au sud de Memphis, entre le fleuve Mississippi et la rivière Yazoo. Ce territoire, paysage plat et désolé sauf dans le nord collineux, espèce de petite plaine alluviale soumise jadis à tous les caprices du fleuve, possède une atmosphère indéfinissable qui a frappé tous les visiteurs. On y hume des odeurs exotiques et épicées, proches de certains fonds des îles Caraïbes les plus reculées. Le blues semble baigner l'atmosphère des campagnes et des bourgades.
           Le Delta blues est généralement rythmique, lancinant, hypnotique avec une figure de basse répétitive, souvent sur un seul accord décomposé en boucle. Très peu de ligne mélodique pour des textes singuliers et évocateurs. Plus qu'une histoire bien construite, le bluesman du Delta enfile des "versets flottants", tissant une trame poétique irrésistible. Cela confère à ce type de blues une qualité "ethnique" considérable qui a fasciné des générations de musiciens et d'amateurs. Il faut aussi noter que, même sur un territoire limité comme le Delta, l'unité de style est largement battue en brèche par des particularismes locaux importants. Le Nord de la région, Hill County, a donné naissance à un blues encore plus rythmique et encore moins mélodique avec, d'évidentes survivances des musiques Cherokees (le Delta était un territoire indien jusque dans les années 1880!). Dans la région de Bentonia, c'est un autre type de blues qui a vu le jour, presque entièrement joué en mode mineur, avec une ligne mélodique plus prononcée. On note aussi, dans les premiers enregistrements en provenance du Delta, l'existence de songsters, très influencés par l'old Time Music des nombreux immigrants Scots-Irish adeptes d'un fingerpicking régulier et d'un répertoire presque entièrement composé de folk songs et de pièces du Music Hall: Mississippi John Hurt, Joe Callicott et même, sur certains titres, Charlie Patton!...
          

©Gérard Herzhaft
Napoleon Strickland (né le 1er octobre 1919 à Como (Ms)- † le 21 juillet 2001 à Senatobia (Ms))
est surtout connu pour avoir dirigé un des principaux "fife and drum bands", sortes d'orchestres sans cordes, tambours et flutes, comme on en trouve aussi beaucoup dans les communautés amérindiennes d'Amérique Centrale et du Sud. Mais il était aussi un excellent harmoniciste et guitariste fort influencé par son excellent voisin et ami Fred Mc Dowell. Les titres présentés ici sont pour la plupart inédits et permettent d'apprécier la variété des talents de cet important bluesman du Delta.       

Belton Sutherland (né le 14 février 1909 à Holmes (Ms) - † le 7 octobre 1983 à Camden (Ms)) est un excellent bluesman qui n'a malheureusement été que brièvement enregistré chez lui en 1978.
           Enfin, Avery Brady, né le 25 août 1912 autour de Clarksdale (Ms) a connu plusieurs grands créateurs du Delta blues, en particulier Charlie Patton avant de venir travailler à Chicago durant la guerre. Il n'a jamais été un musicien professionnel, ne jouant que pour ses amis et voisins. Découvert par Pete Welding, Brady a pu démontrer son jeu de guitare original (Poor Kennedy par exemple avec un doigté sur la gamme de Do) et sa capacité à composer des blues originaux tout en restant ancrés dans la tradition. Il avait certainement le potentiel d'enregistrer davantage et de se produire dans les festivals. Il est décédé à Chicago le 4 février 1977.
                                                      Gérard HERZHAFT


           Every blues (and Rock) fan all over the world owes something to the "Delta blues". The Delta - without real evidence in fact - pass often for the true birthplace of the blues. The Delta is a region lately included inside the State of Mississippi, just South of Memphis, where the Mississippi and the Yazoo River form more or less the letter Δ. This territory was for a long time very isolated, frequently flooded and considered unsuitable for cultivation and thus left to the Cherokees and the Choctaws. The Delta was in fact an Indian territory until the 1880's when the new technologies opened it to colonization from other States and transformed this inhospitable land in a rich and fertile ground. The Native Americans were soon considered "colored" people and melted with numerous African Americans who came to work in the fields. And the music itself is the result of those mixed influences.
           The Delta blues is generally rhythmical with very often a modal construction, hypnotic bass figures, floating verses... a music that remains in your head. But of course, even on a limited territory like the Delta, there was much more than one style of blues: if the North Hill Country fits quite well with the aforementioned description, the so called "Bentonia style" is quite different, more melodic. And since the very beginning, recordings coming from this area featured many songsters with a nimble fingerpicking like Mississippi John Hurt, strongly influenced by the music of the many Scots-Irish fiddlers and such who came there from Ulster during the XIXth Century.
           Napoleon Strickland (1st October 1919, Como, Ms - † 21st July 2001, Senatobia, Ms) is mostly known for the recordings he made with his fife and drum band, an ensemble without strings very similar of bands found in Central and South America among Native Americans. Several of those bands were still playing into the 1960's in remote Southern areas. But Napoleon was also a very fine singer, harmonica and guitar player strongly influenced by his neighbour Fred Mc Dowell as can be appreciated here on those mostly unissued titles.
          
Belton Sutherland (14 February 1909 in Holmes, Ms - † 7th October 1983, Camden, Ms) is quite an excellent Delta bluesman who has only been briefly recorded at home.
           Avery Brady, born August, 25th, 1912 around Clarksdale met and knew several "Delta blues founders" like Charlie Patton before going to Chicago for better job opportunities during the war years. Never a professional musician, Brady played mostly for friends and neighbours. He nevertheless was a very original guitar player (Poor Kennedy for instance) and blues composer and was discovered and recorded by Pete Welding in Chicago in the mid-60's. He certainly had much more to give but never found again the path of the studios or the festival stages and died, mostly unknown, in Chicago on February, 4th, 1977.
                                                      Gérard HERZHAFT

NAPOLEON STRICKLAND, vcl/g/hca/d-bow. Como, Ms. 29 août 1978
01. Baby please don't go
02. Black Mattie
03. Diddley Bow medley
04. Louise
05. Rock me all night long
06. Sitting on top of the world
07. Woke up this morning
Napoleon Strickland, vcl/hca. Como, Ms. 20 octobre 1980
08. Banty rooster
09. Cryin' won't make me stay
BELTON SUTHERLAND, vcl/g. Canton, Ms. 3 septembre 1978
10. Belton's blues
11. Got a sleeping
12. I have trouble
13. Kill the old grey mule
AVERY BRADY, vcl/g. Chicago, Ill. 15 may 1964
14. Bad weather
15. City of New Orleans
16. Gangster blues
17. I have a woman
Avery Brady, vcl/g. Chicago, Ill. 5 june 1964
18. Poor Kennedy I
19. Poor Kennedy II
20. Bad weather blues
Avery Brady, vcl/g. Chicago, Ill. march 1965
21. Let me drive your Ford
22. I don't want you no more
23. Gonna let you down
24. Goin' home with my baby
25. Uncle Sam's own ship


lundi 17 novembre 2014

SWAMP BLUES n° 2



SWAMP BLUES Volume 2



            Comme nous l'avons déjà dit, le Swamp blues est largement l'oeuvre du producteur J.D. Miller.
            Né à Iota (La) le 5 mai 1922, J.D. Miller est très jeune un fan de Gene Autry et ses parents lui achètent un petit modèle de guitare à l'effigie de son idole lorsqu'il a huit ans. La famille Miller s'installe à Lake Charles en 1933. Très vite, le petit J.D. devient un guitariste renommé. Il anime une émission régulière de radio en 1937, chantant et jouant de la guitare entre deux présentations publicitaires. Peu de temps après, J.D. Miller s'installe à Crowley capitale du riz en Louisiane. J.D. participe alors à plusieurs orchestres locaux: les Four Aces de son ami Happy Fats, les Hackberry Ramblers, les Riverside Ramblers... Il enregistre avec les Four Aces pour Bluebird, fonde avec les frères Breaux les Musical Aces. Sa rencontre au début des années 40 avec les chefs d'orchestre Bob Wills et Cliff Bruner est déterminante. Il gardera toujours une admiration sans bornes pour eux et un goût considérable pour le Western Swing, son feeling, sa spontanéité, son invention. En même temps, il poursuit des études d'électricien, métier qui semble pouvoir lui servir dans la musique, sa véritable passion.
            Mais les temps vont changer pour l'Amérique. Miller part à la guerre plusieurs années, revient avec un petit pactole en " obligations de guerre ". Il se marie avec Georgia Sonnier, la fille du célèbre accordéoniste cajun Lee Sonnier. En combinant sa paie de guerre et la dot de sa femme, J.D. ouvre une petite boutique d'électricité, la M & S (Miller & Sonnier) Electric C° sur North Parkerson à Crowley qui deviendront aussi ses studios d'enregistrement.
            Ce nouveau volume de Swamp blues comprend la totalité des enregistrements de Jimmy Anderson. Né le 21 novembre 1934 à Woodville
près de Natchez (Ms), Jimmy Anderson a fréquenté son compatriote Papa Lightfoot avec lequel il a appris à jouer de l'harmonica. Mais ce sont les disques de Jimmy Reed qui vont façonner son style de blues. Venu travailler à Baton Rouge, Anderson forme un blues band (les Joy Jumpers qui comprennent le fils de Silas Hogan, Oscar Hogan) et joue dans les bars locaux. C'est Hogan qui emmène Anderson à Crowley, le présente à Miller qui lui fait faire ses débuts discographiques en 1962. Jimmy obtient de petits succès locaux avec Naggin' ou Going Crazy over TV. Mais la décennie des 60's voit la défaveur du blues parmi les acheteurs noirs américains et Anderson abandonne la musique et prend un emploi de policier municipal dans sa ville natale de Natchez. Cependant le démon de la musique le taraude et dès 1973, il anime une émission régulière de radio sur WNAT ainsi que des soirées en clubs sous le surnom de Soul Man Lee. Redécouvert en 1991, il participe à une tournée internationale d'anciennes gloires du Swamp Sound (blues, rock et pop) mise en place par Johnnie Allen. Il retourne plusieurs fois en Europe mais après une attaque en 1999, Anderson s'est retiré de la musique. Il décède le 5 octobre 2013 à Natchez.
            Si Ramblin' Hi Harris et Blues Boy Dorsey sont de fort bons représentants du Swamp blues, nul ne sait qui ils sont vraiment. C'est J.D. Miller qui, retrouvant des bandes inédites et ne se souvenant que très vaguement de ceux qu'il avait enregistrés leur a attribué leurs noms de disque! Il est malgré tout probable que Blues Boy soit le chanteur et guitariste Henry Dorsey, un bluesman renommé autour de Rayville (La).
            Quoi qu'il en soit, les oeuvres de Harris, Dorsey ou Anderson démontrent toute la qualité de ce Swamp blues.
                                                                       Gérard HERZHAFT

            As already said, the so-called Swamp Blues style is largely due to the wise hand of producer J.D. Miller.
            Born in Iota (La), May 5th, 1922, J.D. Miller was a Gene Autry's fan
and learned to play the guitar at 8 years old. The Miller Family came to live in Lake Charles in 1933 and then in Crowley. In that very strong musical area (local bands abounded), J.D. became a proficient guitarist and held a radio programme where he sang and played while advertising for local venues and products. He was also a regular member of several bands: Happy Fats' Four Aces with whom he recorded for the Bluebird label, Hackberry Ramblers, Riverside Ramblers. But after a meeting with Western Swing stars Bob Wills and Cliff Burner, J.D. turned to be more and more a jazz, Swing and blues fan. He also finished his studies to be an electrician, rightly thinking that it could help him in his passion for music. Miller, drafted during the war years, came back with war bonds. Then married with Georgia Sonnier, daughter of the famous Cajun accordion player Lee Sonnier, the couple opened their own shop in Crowley: M&S (Miller & Sonnier) Electrical C° that would soon house their famous recording studios.
            Swamp blues n°2 opens with the complete Louisiana recordings of Jimmy Anderson. Born 21 November 1934 at Woodland, Ms, Jimmy spent his childhood in Natchez and learned the harmonica with Papa Lightfoot before falling into the spell of Jimmy Reed's records. While working in Baton Rouge, Jimmy formed his own blues band, The Joy Jumpers with Oscar Hogan on the drums, the son of Silas. This is thanks to Hogan that Anderson came to Crowley to meet J.D. Miller, beginning in 1962 a couple of recording years with some local Hits (Naggin' or Goin' crazy over T.V.). But the late 60's were lean years for the bluesmen, the African American public deserting the blues for other musical genres. When relocating in Natchez, Jimmy gave up the life of a musician for a secure job as a local police officer. But the bug was still there and, as Soul Man Lee, Anderson hosted for two decades a successful radio programme n WNAT. He acted also as a local DJ in several clubs. Rediscovered by Johnnie Allen, Jimmy resumed his stage presence for several successful tours overseas before a severe stroke forced him to retire. He died on 5 October 2013 in Natchez.
            If Ramblin' Hi Harris and Blues Boy Dorsey are very good blues artists, their names were given by J.D. Miller years after they recorded for him. Their music was on tapes with only an "Anonymous" tag and were not issued at that time. Miller remembered them only vaguely. According to recent researches, it seems anyway more than possible that "Blues Boy" is in fact a well known bluesman from Rayville (La), Henry Dorsey.
By far the best book documenting the rich South Louisiana musics
                                                           Gérard HERZHAFT

SWAMP BLUES/ Volume 2
JIMMY ANDERSON, vcl/hca; Eugene Dozier, g; Andrew Taylor, g; Oscar Hogan, dms. Crowley, La. 1962
01. I wanna boogie
02. Angel please
Jimmy Anderson, vcl/hca; Eugene Dozier, g; Andrew Taylor, g; Oscar Hogan, dms. Crowley, La. 1963
03. Naggin!
04. Keep on naggin'
05. Nothing in the world
06. I'm a king bee #1
07. I'm a king bee #2
08. Going through the park
09. In the dark in the park
10. Draft board blues
11. When I play my harp
12. Frankie & Johnnie
Jimmy Anderson, vcl/hca; Al Foreman, g; Bobby Mc Bride, g; Rufus Thibodeaux, bs; Austin Broussard, dms. Crowley, La. 1964
13. Shut your mouth
14. Goin' crazy over T.V.
15. Baby let's burn
16. It's half past midnight
17. I want you I need you
18. Love me babe
Jimmy Anderson, vcl/hca; same band; add: Katie Webster, og. Crowley, La. 1965
19. Ain't gonna let her go
20. Rats & roaches on your mind
BLUES BOY DORSEY (Henry Dorsey), vcl/g; band. Crowley, La. 1962
21. Come here to me #1
22. Come here to me #2
23. Don't do that to me
24. Walking out my door
RAMBLIN' HI HARRIS, vcl/g; band. Crowley, La. 1959
25. Trying to call my baby
26. Early one morning
27. I haven't got a home

dimanche 2 novembre 2014

SWAMP BLUES Volume 1



SWAMP BLUES/ 1


            Un petit tour vers la Louisiane cette fois-ci avec les oeuvres (presque) complètes de trois bluesmen locaux. Rappelons que le terme "Swamp blues" aujourd'hui communément utilisé pour désigner le "down home" blues louisianais a été inventé - sauf erreur - par des critiques britanniques pour remplacer celui utilisé jusqu'alors de Excello Sound qui n'était guère approprié.
            En effet, même si bien de ces disques étaient édités dans les années 1950-60 sur le label Excello, ce dernier était basé à Nashville et ne participait en rien à l'élaboration et à la production de ce blues si particulier. Sans sous-estimer le rôle des musiciens eux-mêmes dans le Swamp blues, sa création est largement l'oeuvre de Jay D. Miller. Il avait installé de
petits studios à Crowley, au coeur d'une région rizicole. Grand amateur de "vrais" blues, notamment ceux de Jimmy Reed et Lightnin' Hopkins, dont le Swamp Blues est un peu la synthèse de leurs deux styles, Miller orientait les musiciens qu'il découvrait dans cette voie, produisait un son minimaliste qu'il adorait mais qui ne plaisait d'ailleurs pas toujours aux musiciens eux-mêmes, fournissait les accompagnateurs (souvent des musiciens Blancs d'origine Cadienne), rajoutait des effets sonores évocateurs et allait même jusqu'à renommer ces artistes de noms tout aussi évocateurs! Miller sortait les disques sous plusieurs de ses petits labels mais, pour élargir ses ventes, il avait signé un contrat de distribution puis de fabrication avec Excello. Il faut souligner que le Swamp Blues n'a pas seulement paru sur Excello et, bien que Miller en ait été le principal concepteur, d'autres labels et producteurs louisianais, d'autres artistes aussi intéressés par le succès commercial de ce Swamp Blues, ont produit des séances de même nature. Enfin, si l'impact de ce Swamp Blues a été modeste aux Etats Unis, il a été absolument énorme en Europe, particulièrement en Grande Bretagne où Stateside sortait dès le début des années 1960 des anthologies regroupant des bluesmen caractéristiques de ce style et qui allaient avoir une énorme influence sur les groupes de rock-blues anglais, des Rolling Stones aux Kinks en passant par les Yardbirds, Moody Blues, Who, Zombies et autres...
            Revenons à ce volume. Le chanteur et guitariste Boogie Jake (Mathew Jacobs), né à Marksville (La) le 2 août 1927 aurait fait ses débuts de guitariste en compagnie de son cousin (Little) Walter Jacobs. Tandis qu'il travaillait en usine à Baton Rouge et qu'il jouait régulièrement dans les clubs de la ville, Jacobs a été contacté par Jay Miller pour qui il a enregistré quelques titres et qui lui donne son nom de scène. Il a ensuite gravé deux 45t pour Joe Banashak dont l'un, repris par le label Chess avec une bien meilleure distribution, connaîtra un petit succès. Après avoir émigré en Californie et plus ou moins abandonné la musique, Boogie Jake a été redécouvert en 1974 par Tom Mazzolini et est apparu à plusieurs festivals locaux, enregistrant même un dernier 45t en 1977 en compagnie de l'harmoniciste Mark Hummel. Il est décédé le 6 décembre 2013 à La Nouvelle Orleans.
            Polka Dot Slim (Monroe Vincent) a suivi un parcours similaire à celui de Boogie Jake. Né à Woodville, Mississippi, le 9 janvier 1919, Vincent est venu s'installer jeune à La Nouvelle Orléans, chantant et jouant harmonica et guitare dans les clubs des quartiers noirs. Lui aussi repéré par Miller, Vincent a enregistré sur plusieurs labels comme Zynn, Excello, Instant et sous divers pseudonymes comme Vince Monroe, Mr Calhoun ou son plus célèbre, Polka Dot Slim. Venu vivre en Californie, Slim a tourné en Europe avec le Mississippi Delta Blues Band de Tom Boyd et joue d'ailleurs de l'harmonica dans le premier volume de cet ensemble. Vincent/ Polka Dot Slim est décédé le 22 juin 1981 à Oakland (Ca).
            Enfin, Sylvester Buckley (ne le 04 juillet 1936 à Washington (La), mort le 15 mai 1995 à St Francisville (La)) est le moins connu de ces trois bluesmen. Il a joué de l'harmonica dans l'orchestre de Silas Hogan, enregistrant avec ce dernier pour Jay Miller et en fin de séance ces trois titres qui ne paraîtront que plusieurs années après.
                                                                       Gérard HERZHAFT

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            This time, let's go to Louisiana... yesterday of course! With the (almost: one track is unfortunately still missing) complete recording works of three local bluesmen. The term Swamp Blues that qualify today all that kind of blues has been - if I'm right - invented by British blues critics in the late 60's, replacing the inappropriate previous one, "Excello Sound". In fact, even if a large number of those Louisiana records were issued under the Excello logo, the label - based in Nashville - had nothing to do with the music itself.
           
Even if it's not to minimize the part of the bluesmen themselves in the creation of the Swamp Blues, this style has largely been crafted by Jay D. Miller, a producer and owner of a small studio at Crowley (La) in the heart of the rice area. Miller loved the down home blues styles of Jimmy Reed and Lightnin' Hopkins (who were also commercially successful artists) and he mixed the two in his Crowley studios, with sparse backing very often provided by local Cajun musicians (Miller was married to a French Acadian girl), adding some percussion effects, even giving new names to the (somewhat reluctant) bluesmen, and thus creating an unmistakable sound so evocative of the torrid and swampy atmosphere of this subtropical area. At first, Miller issued his productions under his own small labels but seeking wider distribution made a deal with the Nashville-based Excello outfit. Although modest, the commercial success of those records was real, prompting other Louisiana producers and musicians as well to record within the boundaries of this style. But the strongest and unpredictable impact of this so-called Swamp Blues would be upon the burgeoning British blues-rock scene where Stateside issued several anthologies from the Excello blues vaults. In fact, you can find the  very strong Miller influence on almost all of the first recordings by British groups, from The Rolling Stones to the Kinks, Moody Blues, The Who, The Zombies, Yardbirds and such...
            Now to this anthology. Boogie Jake (Matthew Jacobs) was born in Marksville (La) on 2nd August 1927 and would have made his musical beginnings alongside his cousin Walter Jacobs (the famous Little Walter!). While working in Baton Rouge, Jacobs has been in touch with Miller who recorded him and gave him his nom de disque. Boogie Jake has also recorded for the New Orleans producer Joe Banashak, one of the 45t also appearing under the Chess logo for wider distribution. Jake lived for many years in California where he was rediscovered by Tom Mazzolini who persuaded him to resume his musical career. Jake appeared on stage at some West Coast festivals and even recorded a last 45 backed by harp ace Mark Hummel in 1977. He died in New Orleans on 6th December 2013.
            Polka Dot Slim (Monroe Vincent) has followed a similar musical path. Born in Woodville (Ms), 9th January 1919, Vincent came to work and live in New Orleans, playing guitar and harmonica in blues clubs. He came also in contact with Miller and recorded for local labels under several nicknames: Vince Monroe, Mr Calhoun and his most well known, Polka Dot Slim. He also came to California for a living, played there, was a member of the first version of Tom Boyd's Mississippi Delta Blues Band with which he recorded and toured Europe. He died in Oakland (Ca), 22nd, June 1981.
            At last, Sylvester Buckley (born 4th July 1936 in Washington, La - † 15 May 1995 in St Francisville, La) is certainly the least well known of the three. He played and recorded for awhile the harmonica with Silas Hogan, waxing some odd tracks as a leader that wouldn't be issued at that time. He gave up music in the late 60's.
                                                                       Gérard HERZHAFT


SWAMP BLUES Volume 1

BOOGIE JAKE (Matthew Jacobs), vcl/g; Lazy Lester, hca; Katie Webster, pno; Al Foreman, bs; Warren Storm, dms. Crowley, La. 1957
01. Early morning blues
02. I don't know why n°1
03. I don't know why n°2
Boogie Jake, vcl/g; Joe Dardin, pno; Big Bo Melvin, g; Pee Wee Trahan, dms. Baton Rouge, La. juin 1959
04. Bad luck and trouble
05. Early in the morning
Boogie Jake, vcl/g; Joe dardin, pno; Big Bo Melvin, g; Lionel Torrence, t-sax; Pee Wee Trahan, dms. New Orleans, La. 3 mars 1960
06. Chance for your love (If I only had a chance)
07. Loaded down
Boogie Jake, vcl/g; Mark Hummel, hca; Sonny Lane, g; Mississippi Johnny Waters, g; bs; dms. Oakland, Ca. 1977
08. Automobile blues
09. The boogie train
POLKA DOT SLIM (Vince Monroe), vcl/hca; Ernie Holland Orchestra. Crowley, La. 1956
16. Give it up
17. If I had my life to live over
Polka Dot Slim, vcl/hca; Guitar Gable, g; bs: Clarence Etienne, dms. Crowley, La. janvier 1959
18. On the sunny side of love
19. Hello friends Hello pals
20. Hello my friends
Polka Dot Slim, vcl/hca; poss. Lazy Lester, hca; Guitar Gable, g; Katie Webster, pno; Clarence Etienne, dms. Crowley, La. mai 1959
21. I'm ragged and dirty
22. Hey Mattie
23. They call me Mr Calhoun
24. Change your ways
Polka Dot Slim, vcl/hca;Sax Kari, g; band. New Orleans, La. 9-10 septembre 1964
25. Ain't broke ain't hungry
26. A thing you gotta face
Polka Dot Slim, vcl/hca; Robert Hubbard, g; Gerry Dehate, bs; Gerry Henderson, dms. Baton Rouge, La. 1966
27. Trick bag
Go ahead Slim
SYLVESTER BUCKLEY, vcl/hca; Silas Hogan, g; Isaiah Chatman, g; Russell Hayney, dms. Crowley, La. 1962
42. She treats me so evil
43. Mumblin' blues
44. I'm gettin' tired