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dimanche 13 avril 2014

NEW YORK CITY BLUES YESTERDAY/ 3



NEW YORK CITY BLUES YESTERDAY 
Volume 3


           Reprenons cette série qui se veut documenter la scène du blues et du R&B Newyorkais de l’après-guerre.
           Guitar Crusher est né Sidney Selby dans la comté de Hyde en Caroline du Nord le 28 juillet 1931 et a commencé à chanter dans l’église baptiste fréquentée par sa mère qu’il suit à New York en 1950. Très marqué par les grands orchestres qui font les belles nuits de Harlem, il apprend la guitare et fonde son groupe les Midnight Rockers avec lequel il joue dans les clubs newyorkais. Son surnom ("briseur de guitare") semble lui être venu d'une rixe dans un de ces clubs et non d'une volonté d'anticiper ce que fera Jimi Hendrix! Il enregistre une série de 45t dans les années 1960 qui ont suffisamment de succès pour lui permettre de tourner avec des artistes comme les Isley Brothers, les Drifters ou Ben E. King. Mais ne voulant pas abandonner son travail régulier dans une usine, il disparaît plus ou moins de la scène musicale dans les années 1970. Retrouvé par des amateurs européens en 1989, il se produit sur le Vieux Continent et finit par s'installer en Allemagne, enregistrant plusieurs albums et apparaissant régulièrement sur scène jusqu'à maintenant. Nous avons réuni tous ses titres des années newyorkaises.

           June Bateman (née Marian June Batemon à Schulenburg au Texas le 17 novembre 1939) a suivi ses parents très jeune à New York, résidant à Brooklyn. Elle commence à chanter très tôt dans les clubs, notamment avec The Marquis mais c'est sa rencontre (et son mariage) avec le célèbre saxophoniste Noble Watts (cf l'article sur ce musicien dans Blue Eye) qui la fait devenir professionnelle. Elle est la vocaliste de son mari et enregistre sous son nom une série de beaux 45t, entre blues, R&B et Rock'n'roll dont certains (comme Possum belly overalls) sont devenus des classiques. Mais à la fin des 60's, elle abandonne sa carrière pour élever ses enfants et exercer une fonction pour l'Etat de New York. Elle suit Noble Watts lorsque celui-ci vient se réinstaller dans sa ville natale de DeLand en Floride en 1984. June Bateman-Watts y vit d'ailleurs toujours et joue un rôle actif dans l'annuel Noble "Thin Man" Watts festival. 

           Enfin Bee Bee Queen qui a enregistré deux 45t en 1956-57 demeure pour nous une complète inconnue. Tous renseignements complémentaires seront les bienvenus.
           Merci encore à Jack D., John Weill et l'infatigable Gyro 1966 pour leur aide dans cette anthologie à laquelle il manque encore deux titres de June Bateman (I still love him/ Mama I love him so) et un de Bee Bee Queen. Si l'un de nos lecteurs les a....
                                                                 Gérard HERZHAFT

           And there it is the third volume of our New York City blues Yesterday series.
           Guitar Crusher was born Sidney Selby in Hyde County (North Carolina) on July 28th 1931. He started to sing at an early age in the Baptist Church of his mother and followed her to New York around 1950. Very fond of the R&B bands of Harlem, he started to lead his own group, The Midnight Rockers with whom he played in the clubs. His moniker (Guitar Crusher) seems to come from the consequence of a brawl in a bar and not because he anticipated the histrionics stage acts of Jimi Hendrix! Anyway, Guitar Crusher enjoyed some success during the 60's when he recorded a string of nice 45s and toured with such names as the Drifters, the Isley Brothers or Ben E. King. The 70's were nevertheless lean years for him and he then drifted into obscurity, making a living outside of music. But some of his 45 having been reissued on British LP's, he was rediscovered by European blues buffs during the late 80's and persuaded to resume his musical career. He even settled in Germany where he recorded several CD's. He is still sporadically singing on stage in Europe. We have here gathered all his New York 45's.
          
June Bateman
June Bateman (born Marian June Batemon on November 17th 1939 at Schulenburg, Tx) has came with her parents at an early age to New York, living in Brooklyn. Still a teenager, she started to sing with local groups like The Marquis. But this is only when she met (and quickly married) the famous sax player Noble Watts - see the article on him in this blog - that she embarked in a fully musical professional career. As the featured singer of her husband's orchestra, she recorded a string of excellent 45s between blues, R&B and Rock'n'roll, some of them (Possum belly overalls) having even become "classics". She gave up her musical career during the late 60's to take care of her family, holding a steady job for the State of New York. In 1984, she followed Noble Watts to his native DeLand (Florida) where she is still living and playing an active part for the local and annual Noble "Thin Man" Watts festival.
           At last, the so-called Bee Bee Queen is still a shadowy figure. She recorded two 45's in 1956-57. Any info about her would be welcome.
           Thanks a lot to Jack D., John Weill and the ever-reliable Gyro 1966 for their help when making this anthology. Two June Bateman titles (I still love him/ Mama I love him so) and one Bee Bee Queen (You made me do it) are still missing. Thanks by advance to anybody willing to share them.
                                                                 Gérard HERZHAFT

NEW YORK CITY BLUES YESTERDAY
Volume 3
Guitar Crusher (Sidney Selby), vcl/g; B. Brown, hca; Clyde Sykes, pno; Willie Blair, bs; dms. New York City, 1962
01. I’ve got to know
02. Cuddle up
Guitar Crusher, vcl/g; band. New York City, 21 août 1962
03. I feel the pain
04. Itch with me
05. The monkey
06. I once loved you baby
Guitar Crusher, vcl/g; band. Cincinnati, Oh. 8mai 1963
07. I can’t help it
08. Better days ahead
09. Why oh why
10. Weak for your love
Guitar Crusher, vcl/hca/g; band. New York City, 12 janvier 1967
11. I’ll catch your tears
12. Goin’ down slow
Guitar Crusher, vcl; Jimmy Spruill, g; Alvin Lee, g; Terry Noonan, tpt; Bud Parks, tpt; Alan Skidmore, t-sax; Les Wigfield, t-sax; Dave Willis, b-sax; Chick Churchill, pno; Leo Lyons, bs; Ric Lee, dms. New York City, 6 août 1968
13. Since my baby hit the numbers
14. Hambone blues
15. What about me?
June Bateman, vcl; Noble Watts, t-sax; Jimmy Spruill, g, Horace Cooper, pno; bs; dms, vcl group. New York City, juillet 1957
16. Need your love
17. Yes I will
June Bateman, vcl; Noble Watts, t-sax; g; bs; Bernard Purdie, dms. New York City, 1960
18. Believe me darling
19. Come on little boy
June Bateman, vcl; Noble Watts, t-sax/vcl; Billy Butler, g; bs; Bernard Purdie, dms. New York City, 1962
20. What ya gonna do?
June Bateman, vcl; Noble Watts, t-sax; band. New York City, avril 1963
21. I don't wanta
I still love him
June Bateman, vcl; Noble Watts, t-sax; Paul Williams, b-sax; band. New York City, septembre 1963
22. Georgia mule
Mama I love him so
June Bateman, vcl; Noble Watts, t-sax; Jimmy Spruill, g; B. Brown, hca; Royal Hamilton, pno; bs; Willie Jenkins, dms. New York City 1964
23. Go away Mr blues (Everlast 45)
24. Possum belly overalls (Everlast 45)
June Bateman, vcl; Noble Watts, t-sax; band. New York City 1965
25. Possum belly overalls (Shaw 45)
26. Go away Mr blues (Shaw 45)
Bee Bee Queen, vcl; Teacho Wilshire, pno; band. New York City, 1956
27. Queen Bee
You made me do it
Bee Bee Queen, vcl; Teacho Wilshire, pno; band. New York City, 1957
28. I Wanna be loved
29. Yes Sir’ee

jeudi 3 avril 2014

GEORGE SMITH/ Early Recordings



GEORGE SMITH/ Creator of the West Coast Harmonica


            Bien que beaucoup moins célèbre que Little Walter ou Big Walter Horton, George Allen Smith n'en demeure pas moins une des grandes icônes de l'harmonica blues amplifié.
            Né le 22 avril 1924 à Helena dans l'Arkansas mais élevé dans le Nord par sa mère, une harmoniciste chromatique férue des orchestres d'harmonicas à la Borrah Menovitch et de Larry Adler, George Smith a d'abord été influencé par leurs disques et a commencé à interpréter toutes sortes d'airs pop et jazz avant de rencontrer les harmonicistes de blues une fois qu'il ait gagné Kansas City en 1942. Il y travaille dans les abattoirs de la ville et se produit le soir dans les nombreux clubs de la ville, souvent au sein d'orchestres de jazz, la musique dominante de la grande cité du MidWest. C'est à ce moment-là (vers 1945) et pour se faire entendre au milieu des cuivres qu'il met en place la technique de l'amplification électrique de l'harmonica dont il est indubitablement une des pionniers. George transporte cette expérience du jazz lorsqu'il s'installe à Chicago en 1949, confronte ses idées avec celles des harmonicistes de la ville, alors très marqués par John Lee "Sonny Boy" Williamson. Smith s'en distingue d'emblée, utilise beaucoup les octaves sur la troisième position même quand il joue du diatonique. Il fait partie de plusieurs orchestres de Chicago, remporte des "batailles" d'harmonicas avec ses pairs Little Walter et Junior Wells mais sans réussir à obtenir davantage que l'estime des musiciens.
            Ce n'est que lors d'une visite à Kansas City en 1955 que George Smith enregistre enfin pour les frères Bihari une série de 45t dans lesquels il démontre toute l'étendue de ses talents d'harmoniciste révolutionnaire. Blues in the dark, Telephone blues, Blues stay away, Hey Mr Porter sont aujourd'hui des classiques de l'harmonica blues. Mais le succès commercial n'est alors pas au rendez-vous et il enregistre surtout pour de tout petits labels mal distribués et, pour des raisons contractuelles, sous divers pseudonymes  - Little Walter Jr, Harmonica King, George Allen -qui ne facilitent pas sa notoriété. Ce n'est que lorsque Muddy Waters l'embauche dans son orchestre en 1968-69 que George Smith apparaît sur les grandes scènes américaines et européennes. Il n'enregistre malheureusement pas avec son patron mais apparaît derrière Otis Spann et Sunnyland Slim. Il grave aussi deux albums en vedette (Tribute to Little Walter et surtout Of the blues) qui provoquent un choc auprès des innombrables apprentis harmonicistes du blues revival, notamment grâce à la présence sur ces disques d'étincelants instrumentaux comme Ode to Billy Joe, Juicy Lucy ou Hawaiian Eye.
           
Il quitte Muddy, se fixe définitivement à Los Angeles, joue dans l'orchestre de la chanteuse Big Mama Thornton, ce qui lui vaut une nouvelle notoriété et la possibilité d'enregistrer des séances remarquables avec elle mais aussi derrière Big Joe Turner ou Jesse Thomas. Soudain entouré d'une kyrielle de jeunes harmonicistes californiens (William Clarke, Mark Hummel, Gary Smith, Paul De Lay, Kim Wilson, Rick Estrin...), il devient leur mentor, leur principale source d'inspiration et le fondateur involontaire d'un style d'harmonica swinguant et jazzy qui est aujourd'hui fort répandu et imité dans le monde entier. C'est un de ses élèves, Rod Piazza, qui le convainc en 1970 de rejoindre son groupe Bacon Fat, composé alors de très jeunes musiciens blancs. Smith leur apporte son expérience, son feeling, son sens du blues et une authenticité qui transparaissent dans les enregistrements effectués alors. Il décède le 2 octobre 1983 à Los Angeles Californie)
            L'œuvre de George Smith n'a cessé de grandir avec le temps et d'inspirer déjà deux générations d'harmonicistes!
                                                                       Gérard HERZHAFT

           
Although less well known than Little or Big Walters, George Allen Smith is anyway one of the great innovators of the post-war harmonica blues.
            Born on April, 22nd 1924 in Helena, Arkansas but raised in the North by his mother who played chromatic harmonica under the influence of people like Larry Adler and Borrah Menovitch, George started to practise himself the instrument at an early age, playing pop and jazz tunes. It is only in 1942 when he went to work on a slaughterhouse in Kansas City that George met some blues harp players. Soon, Smith played for tips on the streets and in the clubs with some local popular big bands. To be heard above the honking horns of those orchestras George amplified his harmonica, certainly one of the first to try to play this way.
            This is those broad experiences that he brought with him when he relocated in Chicago in 1949, bringing a very different way to play the harmonica blues (blowing often octaves on the so called third position) in a city then mostly under the huge influence of John Lee "Sonny Boy" Williamson.
            But he has to wait 1955 and a return visit to Kansas City to at last be able to record a session for the Biharis, waxing some revolutionaries tracks like Blues in the dark or Telephone blues. But the success eludes him and during the subsequent years he has to record for some small outfits under nicknames (Little Walter Jr, Harmonica King, George Allen) that certainly don't make easier for him to be known as the major harmonicist he really is.
            In 1968, he is hired by Muddy Waters and will play with the maestro for a short year on festivals and concert halls, being at last discovered by blues fans all over the world and recording his two first LPs for Capitol and Bluesway that features some stunning instrumentals.
            After a session behind Sunnyland Slim in Los Angeles, George is hired by Big Mama Thornton and decides to stay in this city, making new recordings under his name for local labels like Sotoplay and behind numerous blues (and sometimes jazz) players.
            In Southern California he becomes friend with Rod Piazza who is certainly his most faithful pupil and with whom he plays, records and tours the US and Europe in the Bacon Fat blues band. At that time, George becomes the leading inspiration for a whole generation of West Coast harp players like William Clarke, Mark Hummel, Gary Smith, Paul De Lay and such who take his jazzy and swinging way to play the harmonica. He is unintentionally but undoubtedly the creator of the West Coast harmonica style.
            George dies on October, 2nd, 1983 in Los Angeles and his recordings have never stopped to be more and more appreciated, becoming all-time classics and inspiring already two generations of harp players.
                                                                       Gérard HERZHAFT


GEORGE SMITH
The Complete Studio Recordings
Volume 1
George Smith, vcl/hca; band. Kansas City, Ka. août 1955
01. Blues in the dark
02. Telephone blues
03. Blues stay away
04. Oopin’ doopin’ doopin’ I & II
05. Rocking I & II
06. Early one monday morning
07. Early one morning
George Smith, hca; Champion Jack Dupree, pno; Barney Richmond, bs; Alfred Dreares, dms. Cincinnatti, Oh. 8 novembre 1955
08. Sharp harp
George Smith, vcl/hca; Maxwell Davis, t-sax; band. Los Angeles, Ca. mars-avril 1956
09. Love life
10. Cross eyed Suzie Lee
11. California blues
12. Goin’ to California
13. Down in New Orleans
14. Hey Mr Porter
15. You don’t love me
16. I found my baby
17. Have myself a ball
George Smith, vcl/hca; band. Los Angeles, Ca. novembre 1956
18. Miss O’Mailey’s rally
19. I don’t know
20. All last night
21. Hot Rolls

GEORGE SMITH
The Complete Studio Recordings
Volume 2
George Smith, vcl/hca; band. Los Angeles, Ca. janvier-février 1957
22. West Helena blues
23. As long as I live
24. Nobody knows
George Smith, vcl/hca; J.D. Nicholson, pno/og; Jimmy Nolen, g; Curtis Tillman, bs; Chuck Thomas, dms. Los Angeles, Ca. 1960
25. I want a woman
26. Times won’t be hard always
27. Tight dress
28. Loose screws
29. Until you come home
George Smith, vcl/hca; tpt; saxes; Ernest Lane, pno; Jimmy Nolen, g; Curtis Tillman, bs; Chuck Thomae, dms; vcl group. Los Angeles, Ca. 1961
30. I must be crazy
31. Sometimes you win when you lose
32. Come on home
33. You can’t undo what’s been done
34. Rope that twist
George Smith, vcl/hca; Marshall Hooks, g; Phillip Walker, g; Curtis Tillman, bs; Chuck Thomas, dms. Los Angeles, Ca. 1964
35. Brown mule
36. Good things
George Smith, vcl/hca; Marshall Hooks, g; Jimmy Nolen, g; bs; dms. Los Angeles, Ca. 1966
37. Summertime
38. The Avalon boogaloo
George Smith, vcl/hca; Muddy Waters, g; Sammy Lawhorn, g; Otis Spann, pno/og; Luther Johnson, bs; Francis Clay, dms. New York City, 25 novembre 1966
39. Chicago blues band
40. Look out Victoria
41. Old ugly man like me
George Smith, vcl/hca; Marshall Hooks, g; Jimmy Nolen, g; bs; dms. Los Angeles, Ca. février 1968
42. Yes baby
43. Blowin’ the blues
44. Trap meat

lundi 24 février 2014

CHICAGO/ The Blues Yesterday Vol. 9




CHICAGO/ The Blues Yesterday Volume 9



            Neuvième volume de cette série sur le Chicago blues des temps jadis.
            Commençons avec un des grands maîtres de la guitare blues de Chicago, Jody Williams (né Joseph Leon Williams à Mobile, Alabama, le 3 février 1935). Jody a beaucoup contribué à mettre au point le jeu de guitare cinglant, précis et expressif du West Side Sound de Chicago. Venu à Chicago en 1941, il développe très jeune un style de guitare personnel et original et influence quantité de musiciens. Il accompagne Howlin' Wolf, Bo Diddley, Billy Boy Arnold, Otis Rush, Muddy Waters, Charles Brown, Billy Stewart et quantité d'autres artistes. Peu sûr de ses talents de chanteur, il n'enregistre que très peu sous son nom et sous divers pseudonymes et favorise des pièces instrumentales, notamment You may et Lucky Lou qui vont être copiés note pour note par de nombreux guitaristes de
Jody Williams at the Apollo. 1956
Chicago. Mais ne pouvant vivre décemment de sa musique, Jody s'engage dans l'armée puis embrasse le métier d'électricien et de technicien chez Xerox avant de revenir, une fois à la retraite, dans les studios et sur scène dans les années 1990, auréolé d'une réputation légendaire. Nous avons ici regroupé les dix titres qu'il a gravés entre 1955 et 1962.

            Bo Dud/ Bo Dudley, né Oscar Coleman dans le Mississippi en 1941 a fait sensation avec son premier 45t en 1968 (Shotgun rider/ Coast to coast), surtout d'ailleurs pour la partie de steel guitare de Freddie Roulette. Imitant alors délibérément Bo Diddley, Bo Dud a ensuite enregistré des titres entre Soul et Chicago blues traditionnel généralement sur son label maison Dud Sound. Deux instrumentaux sont surtout le fait du guitariste Johnny Twist que nous avons présenté dans le volume précédent. Après une longue carrière de chauffeur de taxi et malgré le grave incendie de sa maison de Chicago qui a failli lui coûter la vie, Bo Dud a continué à jouer plus ou moins régulièrement et a même enregistré un album (Oscar boogie) assez difficile à trouver.


            James "Beale Street" Clark (né le 12 janvier 1911 à Memphis) est un pianiste et chanteur venu à Chicago dans les années 30 et qui est surtout connu pour les deux titres sur lesquels Muddy Waters l'accompagne. Il a néanmoins enregistré sous son nom et celui de Memphis Jimmy huit morceaux entre 1945 et 1947 dans un style très ancré dans le Bluebird Sound de la décennie précédente. En particulier, Get ready to meet your man est peut-être la version originale du standard Look over yonder's wall généralement attribué à Jazz Gillum. Clark est ensuite retourné à Memphis où on a perdu sa trace. Nous avons regroupé six de ses morceaux et si quelqu'un a son dernier 78t, une copie .mp3 serait la bienvenue.
                                                                                  Gérard HERZHAFT

            This ninth volume of our Chicago/ The Blues Yesterday series starts with one of the leading Chicago blues guitarists, the legendary Jody Williams. Born Joseph Leon Williams in Mobile, Alabama, on February 3th 1935 and coming to Chicago very early, Jody has been instrumental in forging the so-called West Side Sound with a precise, scathing and ultra bluesy guitar style. Through his numerous sessions behind a lot of artists like Howlin' Wolf, Billy Stewart, Bo Diddley, Billy Boy Arnold, Otis Rush etc... he has strongly influenced most of the upcoming
Chicago blues guitarists. Thinking himself not as a singer, he has waxed only a handful of tracks, mostly instrumental pieces like Lucky Lou that has been copied by almost every Chicago guitar player. Unable to really make a decent living with his music, Jody has embarked in a career as a technician at Xerox. However, once retired from his job, he resumed his musical career and recorded several very good CDs and can be heard playing blues festivals around the world.

            Bo Dud/ Bo Dudley was born Oscar Coleman in Mississippi in 1941. The first single (Shotgun rider/ Coast to coast) he recorded in 1968 gained rave reviews, mostly because of Freddie Roulette's steel guitar pyrotechnics. After that he has recorded several 45 on his own label Dud Sound, less in the Bo Diddley mould than his beginnings, and generally backed by the excellent guitar player Johnny Twist that we have featured on a previous volume of that series. Making a living mostly as a cab driver, Bo has resumed his musical career after a fire had almost taken his life and destroyed his home. He is still playing in Chicago and has even recorded a CD (Oscar boogie).


            James "Beale Street" Clark (born January 12th, 1911 in Memphis) is a pianist and singer who came to Chicago during the 1930's. Although James is mostly known for the two tracks he made for Columbia backed by a young Muddy Waters, he has recorded several others 78s in 1945-47 under his name or the Memphis Jimmy moniker. Get ready to meet your man might be the very original of the blues standard Look over yonder's wall generally attributed to Jazz Gillum. We have been able to gather all his recordings minus his last Victor 78 for which a .mp3 copy would be a nice add.
                                                                       Gérard HERZHAFT


CHICAGO/ The Blues Yesterday
Volume 9
JODY WILLIAMS, vcl/g; Harold Ashby, t-sax; Lafayette Leake, pno; Willie Dixon, bs; Clifton James, dms. Chicago, Ill. 5-9 december 1955
01. Looking for my baby
02. Easy lovin'
03. Groan my blues away
04. I feel so all alone
Jody Williams, vcl/g; Harold Ashby; t-sax; Red Holloway, t-sax; Lafayette Leake, pno/og; Willie Dixon, bs; Phil Thomas, dms. Chicago, Ill. january 1957
05. You may
06. What kind of gal is that?
07. Lucky Lou
08. Hooked on love
Jody Williams, vcl/g; Bernard Barkson, t-sax; b-sax; Lafayette Leake, pno; Bob Walter, bs; dms. Chicago, Ill. 1962
09. Moanin' for molasses
10. Hideout
Lonely without you/ Time for a change are sometimes wrongly attributed to Jody Williams. There are by Joe Driver Williams, a completely different artist
BO DUD (or Bo Dudley), vcl/g; Johnny Big Moose Walker, pno; Fred Roulette, st-g; Mack Thompson, bs; dms. Chicago, Ill. january 1968
11. Shotgun rider
12. Coast to coast
Bo Dud, vcl/g; Johnny Twist Williams, g/vcls; John Bubbles, t-sax; Abb Locke, t-sax; pno; Calvin Jones, bs; Bill Warren, dms. Harvey, Ill. june 1968
13. Soul election
14. Sure is fun
15. The get it
Bo Dud, vcl/g; Johnny Twist Williams, g; hca; Bobby Davis, pno; bs; dms. Chicago, Ill. c. 1969
16. I am back home
17. Why I sing the blues
18. Honky Tonk
JAMES "BEALE STREET" CLARK, vcl/pno; J.T. Brown, clt; Ransom Knowling, bs. Chicago, Ill. 24 october 1945
19. Love me or let me be
20. Get ready to meet your man
21. Who but you
James Clark, vcl; Leonard Caston, pno; Ollie Crawford, g; Alfred Elkins, bs. Chicago, Ill. 22 february 1946
22. Drifting
James Clark, vcl/pno; Muddy Waters, g; Leroy Foster, g; Ransome Knowling, bs; Judge Riley, dms. Chicago, Ill. 27 september 1946
23. Come to me baby
24. You can't make the grade
James Clark, vcl/pno; Howard Dixon, a-sax; J.T. Brown, t-sax; Lonnie Graham, g; Willie Dixon, bs. Chicago, Ill. 3 april 1947
Where shall I go
Jimmie's jump

mercredi 12 février 2014

LEE JACKSON/ WHEN I FIRST CAME TO CHICAGO


LEE JACKSON/ WHEN I FIRST CAME IN CHICAGO

          
Lee Jackson est un de ces acteurs importants du Chicago blues de l'après-guerre qui reste injustement méconnu hors d'un cercle restreint d'amateurs.
           Bien qu'il ait affirmé être né en 1907 à Saint Louis, Warren George Harding Lee est né le 18 août 1921 à Gill, une bourgade de l'Arkansas. Lee a surtout été influencé par son oncle Alf Bonner, qui dirige un jug band très populaire localement, mais qui, en compagnie de son épouse Cora possède surtout un café. Situé entre Helena et Memphis, l'établissement voit se produire (et héberge aussi pour la nuit) la plupart des bluesmen des Etats voisins notamment le Memphis Jug band et Charlie Patton qui impressionnent particulièrement le jeune garçon. L'oncle Alf qui voit l'intérêt de son neveu pour la musique lui achète une guitare et il semble avoir joué avec le jug band familial quelque temps, profitant aussi des leçons données par les musiciens de passage, en particulier Too Tight Henry et Richard Taylor, un cousin de Robert Johnson (que Lee a aussi prétendu avoir connu) et qui a aussi migré et joué à Chicago.
Richard Taylor
           Quoi qu'il en soit, encore adolescent, George Harding Lee est un guitariste suffisamment aguerri pour embrasser une carrière de musicien professionnel sous le pseudonyme de Lee Jackson. Il est à Memphis (où il a aussi affirmé avoir enregistré?), en Floride, à Saint Louis où il joue avec Roosevelt Sykes (Sykes gravera d'ailleurs bien plus tard un superbe album pour Crown avec son ancien protégé à la guitare) et enfin Chicago où Jackson s'installe sans doute au début des années 40.
           Le style de guitare de Lee Jackson, notes précises, intonations jazzy, son brillant reflètent les années de jug band avec leur répertoire pop et swing et les multiples influences glanées au cours de ses rencontres. Il serait bien plus à comparer à un Robert Jr Lockwood qu'à un Jimmy Rogers. Bien que sa réputation de guitariste fiable, adaptatif, sérieux et ponctuel le fait demander dans les clubs de Chicago et sur le marché aux puces de Maxwell Street, Lee Jackson, après son premier mariage, prend un job bien rémunéré de mécanicien auto, travaillant dans de nombreux garages avant de s'installer à son compte.
           La musique sera donc pour lui forcément une activité secondaire. Il aurait enregistré pour Chess et Vee Jay mais jusqu'à présent on n'a aucune trace de démos ou d'acétates éventuels. Il est certainement le guitariste et le bassiste de bien plus de séances qu'on lui crédite généralement mais il n'enregistre en vedette qu'une poignée de titres pour Eli Toscano et Willie Dixon (sur le label Cobra le classique Fishin' in my pond), Cadillac Baby, Carl Jones...
           En 1970, il remplace au pied levé Johnny Shines pour la tournée de l'AFBF et grave deux titres sur l'album souvenir de cette tournée. Il aurait enregistré des albums en Allemagne ou au Danemark mais, là non plus, nous n'avons aucune trace tangible de ces disques.
           C'est en 1973 grâce à Al Smith qu'il va enfin concrétiser son rêve de faire un album sous son nom, l'excellent Lonely girl sorti sur Bluesway. En 1977, Lee enregistre une séance pour Ralph Bass mais le LP prévu ne verra jamais le jour et les titres paraîtront bien plus tard sur diverses anthologies.
           Ce sera trop tard pour que Lee Jackson les voie. Le 1er juillet 1979, en rentrant d'un concert donné dans le North Side, il est en effet abattu par le fils de sa nouvelle épouse avec laquelle il venait d'avoir une dispute.
           Nous avons réuni ici la quasi totalité des titres que ce grand bluesman a gravés. Il reste sans doute un certain nombre d'inédits dans les tiroirs, en particulier chez Cobra...
           (Tous mes remerciements à Hartmut Münnich et Steve Wisner pour leur aide généreuse)
                                                                 Gérard HERZHAFT

           Lee Jackson is one important post war Chicago bluesmen who, unfortunately, is still largely unknown outside a circle of blues buffs all around the world.
           Although he had often said he was born 1907 in Saint Louis, the birth date of Warren George Harding Lee was August, 18th, 1921 in Gill (Arkansas). The boy has been strongly influenced by his Uncle Alf Bonner and his Aunt Cora who led a jug band and also ran a café between Helena and Memphis in which about every bluesman of the neighbouring States played regularly. The young Lee was particularly impressed by the Memphis Jug Band, Charlie Patton, Too Tight Henry and Richard Taylor (a cousin of Robert Johnson who Lee said he had also known) who will live and play later in Chicago.
           After some very formative years playing with the Bonners' Jug Band, the young singer and guitarist tried his luck - under the nickname of Lee Jackson - as an itinerant musician, playing in Memphis, Florida, Saint Louis (with Roosevelt Sykes behind whom he will record a stunning LP in the 60's for Crown) and finally Chicago.
           The guitar style of Lee Jackson, sharp, jazzy, with sparse but brilliant and bluesy notes was quite original for the immediate post-war Chicago blues scene, reflecting his years playing with swinging jug bands. As he is also a serious, reliable and adaptative musician, Lee is quickly quite in demand in clubs and on the Maxwell Street Market. But, being now married, he chooses to take a steady and better paid job as an auto mechanic. The music will thus always be a side job for him.
           Anyway Lee appears in many studio sessions as a guitarist and bassist but he will record only a handful of sides under his name. He might have been recorded by Chess and Vee Jay but we don't have any track of this insofar. His first known 45 is for Eli Toscano's Cobra (the classic Fishing in my pond) and after that he would wax some very good tracks for Cadillac Baby, Carl Jones ....

           In 1970, Lee is part of the American Folk Blues Festival's European tour and records two sides for the occasion (for the Scout label). There are still rumours that he would have recorded at that time LPs in Denmark or in Germany but there is no evidence of that either.
           Lee will finally record his first full LP for Al Smith in 1973, the excellent Lonely girl issued onto the Bluesway label. Lee plays more and more on the Chicago North Side clubs and his reputation is growing among this new audience. In 1977, he records another LP for Ralph Bass and the T.K. label that won't never be issued as such, the tracks cropping up much later on several anthologies.
           But it would be too late for Lee who on July, 1st, 1979 is shot to death by the son of his new bride with whom he was having an argument.
           (Many thanks to Hartmut Münnich and Steve Wisner for their generous help.)
                                                                 Gérard HERZHAFT



LEE JACKSON
Complete Recordings
Lee Jackson (Warren G. Hardin Lee), vcl/g; Jimmy Rogers, g; Big Walter Horton, hca; Harold Ashby, t-sax; Lucius Washington, t-sax; Sunnyland Slim, pno; Willie Dixon, bs; Jesse Fowler, dms. Chicago, Ill. mai 1956
01. Fishin' in my pond
Lee Jackson, vcl/g; Otis Rush, g; Lafayette Leake, pno; Big Walter Horton, hca; horns; Willie Dixon, bs; Henry Harris, dms. Chicago, Ill. juin 1956
02. I'll just keep on walking
Lee Jackson, vcl/g; Sunnyland Slim, pno; Tom Archia, t-sax; Jump Jackson, dms. Chicago, Ill. juillet 1960
03. Change of love
Lee Jackson, vcl/g; J.T. Brown, t-sax; Boyd Akins, t-sax; Little Johnny Jones, pno; Eugene Pearson, g; Bob Anderson, bs; Jump Jackson, dms. Chicago, Ill. 27 février 1961
04. Pleading for love
05. Juanita
Lee Jackson, vcl/g; band; Willie Williams, dms. Chicago, Ill. 1967
06. Christmas song
Lee Jackson, vcl/g; Big Walter Horton, hca; Lafayette Leake, pno; Willie Dixon, bs; Clifton James, dms. Francfort, All. 16 novembre 1970
07. Juanita
08. Came home this morning
Lee Jackson, vcl/g; Johnny Young, g; Bombay Carter, bs; Ted Harvey, dms. Chicago, Ill. 1971
Apollo 15 I & II
Although recorded and given a released number, this Bea & Baby 45 was never issued. Some bootleg copies are existing but with an awful sound.
Lee Jackson, vcl/g; Carey Bell, hca; Percy Bradfield, og; Sunnyland Slim, pno; Bombay Carter, bs; Willie Williams, dms. Chicago, Ill. 1973
09. Lonely girl
10. Juanita
11. Lee Jackson's boogy
12. I had a dream last night
13. Neck bones
14. Lonely without love
15. Country girl
16. Old Aunt Jane
17. When I first came in Chicago
18. All around man
19. The sky above
Lee Jackson, vcl/g; Hayes ware, g; Bombay Carter, bs: Richard Hubcap Robinson, dms. Chicago, Ill. 1974
20. Apollo 17
21. Chop-Suey
Lee Jackson, vcl/g; Sunnyland Slim, pno; Lacy Gibson, g: Willie Black, bs; Fred Below, dms. Chicago, Ill. 8-16 mars 1977
22. Lonely girl
23. Hard luck blues
24. Lee's boogie
25. Juanita
26. Dirty old man
27. Chicago women
28. Pleading for love
29. Rocks in my pillow
Change my room