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samedi 8 décembre 2012

K.C. DOUGLAS/ From Mississippi to the Bay Area



K.C. DOUGLAS: FROM MISSISSIPPI TO THE BAY AREA

         

 K.C. Douglas (né à Sharon, Ms le 21 novembre 1913) a été un des très rares bluesmen du Mississippi à avoir émigré en Californie durant la guerre et à y avoir maintenu le style du Delta dont il était un représentant fidèle. K.C. a en effet bien connu et accompagné Tommy Johnson et a modelé autant son répertoire qu'une partie de son jeu de guitare sur lui. En Californie, Douglas fait équipe avec l'harmoniciste Sidney Maiden et enregistre en 1948 pour Bob Geddins sa composition Mercury boogie, un petit succès local qui deviendra un énorme tube à la fois dans le Rock (Steve Miller) que dans la Country Music (la superbe version qu'en a donnée Alan Jackson, n°1 Country en 1992).
 Hélas, K.C. ne profitera que très peu de ce qui aurait pu lui valoir une vraie aisance financière. Malheureusement aussi, ce seul 78t ne sera suivi que par un seul single.
         Cependant, tout en travaillant dans la fonction publique locale, K. C. Douglas continue à jouer son brin de Country blues partout où il le peut. En 1955, la chanteuse folk Barbara Dane remarque K.C. Douglas et le fait se produire dans les bars étudiants de Berkeley et dans son propre club, un des tout premiers bluesmen noirs à entrer dans ce circuit étudiant. C'est grâce à Barbara que Douglas enregistre son premier album qui ne sortira que sur le minuscule label Cook, basé dans le Connecticut mais que l'on a longtemps cru être australien! Une pièce devenue extrêmement rare. (Merci à Pierre Monnery pour ces importantes précisions)
         A la fin des années 50, K.C. devient un des favoris du public (essentiellement jeune, étudiant et blanc) du folk blues revival californien. C'est tout naturellement qu'il enregistre en 1960 pour le producteur Chris Strachwitz une longue séance qui paraîtra sur deux albums Bluesville: K.C.'s blues et Big road blues qui ont été réédités en CD sur OBC.
         A la fin des années 1960, K.C. s'associe avec l'excellent harmoniciste Richard Riggins (qui enregistrera sous le nom de Harmonica Slim: rien à voir avec Travis Blaylock que nous avons présenté dans ce blog). Un grandissime 45t en 1967 capture le duo au sommet de leur art.
         Une fois à la retraite, K.C. se consacre totalement à sa musique, monte un petit groupe (qui comprend l'excellent guitariste slide Ron Thompson) et se produit sur toutes les scènes blues de la Côte Ouest, notamment au San Francisco Blues Festival où sa présence, son dynamisme, son Delta blues authentique enthousiasment l'auditoire. Après deux 45t pour le petit label Blues Connoisseur, Chris Strachwitz enregistre fin 1973-début 1974 ce bel orchestre (Country blues) pour son label Arhoolie, éditant un des meilleurs disques de blues terrien de la décennie, avec des solos percutants de Thompson comme de Riggins et des compositions aussi mémorables que le vibrant My mind's going back in 1929.

ARHOOLIE CD
         Même s'il était très casanier, K.C. avait accepté de venir jouer au Japon et en Europe mais il décède d'une crise cardiaque à son domicile de Berkeley le 18 octobre 1975.
         Le mp3 ci-joint regroupe tous les premiers enregistrements effectués par K.C. Douglas plus deux 45t de la fin des années 60. Les CD OBC sont aisément disponibles et sont de très haut niveau. Le Arhoolie est totalement indispensable.
         Merci de vos remarques et commentaires.
                                                        Gérard HERZHAFT


         K.C. Douglas (born in Sharon, Ms. on November 21, 1913) learned the blues through his association with the great Delta bluesman Tommy Johnson whose very style and repertoire he would always carry on. But unlike most Mississippian fellows who left for Saint Louis or Chicago, K.C. went for work to California, living in the Bay Area, one of the very few bluesmen to play the Delta style in this area during the 1940's. With the harmonica player Sidney Maiden, he waxed his own composition, Mercury boogie that won a little local success but was to become a smash hit years later for rock star Steve Miller and in 1992 a number 1 Country Hit with a driving version of this title by Alan Jackson. General Motors even would use it as a commercial theme! Unfortunately, K.C. didn't benefit of that unexpected successes and had to work as a civil servant all his life while constantly playing his down home Mississippi blues wherever people wanted to hear it.
         In 1955, the activist and folk singer Barbara Dane took him under her wing. K.C. thus was one of the very first black bluesman able to play for the burgeoning California folk blues revival of the day. Thanks to Barbara, he even recorded as early as 1956 a whole album that was only issued on the very small Cook label from Connecticut that was for a long time thought to be from Australia! (Thanks to our friend Pierre Monnery for his research on this label)
         In 1961, Chris Strachwitz recorded with Douglas a mammoth session that ultimately was issued on two distinct albums (K.C.'s blues and Big Road blues) on the Bluesville label. In the late 60's, K.C. Douglas joined forces with the excellent harp player Richard Riggins (who recorded under the moniker Harmonica Slim: no relation with the other Harmonica Slim - Travis Blaylock - that we have featured on a previous post on this blog) and recorded some excellent 45s, notably Little Green house/ Things I'd do for you.
         After retiring from his daily job, K.C. became at last a full time musician, assembling a small band with Riggins and the very talented slide guitarist Ron Thompson. Everywhere he appeared K.C. took the audiences by storm with a strong stage presence and a down home authenticity the young blues fans of that time were striving for. After two notable 45 for the small local Blues Connoisseur label, K.C. and his band recorded in late 1973/ early 74 a whole album for Arhoolie's Chris Strachwitz (Country blues) that stands as one of the best down home recording of that period.
         K.C. was quite reluctant to travel but was finally persuaded to do so and had to play his blues in Japan and Europe when he died of a sudden heart attack in his Berkeley home on October 18, 1975.
         This mp3 comp gathers all his early recordings plus two 45s from the late 60's. His excellent two Bluesville albums are easy to get on CDs. And his masterpiece Arhoolie album is certainly a piece to own (and cherish!).
         Thanks for any feedback!
                                                        Gérard HERZHAFT




K.C. DOUGLAS
EARLY SESSIONS & 45s
K.C. Douglas, vcl/g; Sidney Maiden, hca. Oakland, Ca. juillet 1948
01. Mercury boogie
K.C. Douglas, vcl/g; Mercy Dee Walton, pno; bs; dms. Oakland, Ca. mai 1954
02. Lonely blues
03. K.C. boogie
K.C. Douglas, vcl/g. Oakland, Ca. c. 1956
04. Canned heat
05. Catfish
06. Big road blues
07. Kansas City
08. I got the key to the highway
09. Kassie Jones
10. Mercury blues
11. Blues
12. I met the blues this morning
13. I have my woman
14. Had I money
K.C. Douglas, vcl/g; Sidney Maiden, hca; Bruce Bratton, bs. Berkeley, Ca. avril-mai 1960
15. Big road blues
16. Night shirt blues #1
17. Night shirt blues #2
18. Mercury blues
19. Blues and trouble
20. Make your coffee
21. Canned heat
K.C. Douglas, vcl/g; Clarence Van Hook, t-sax; George Hurst, pno; bs; Jimmy Raney, dms. Berkeley, Ca. 19 août 1963
22. I'm gonna build me a web
K.C. Douglas, vcl/g; Richard Riggins (Harmonica Slim), hca; Lionel Hewitt, pno; bs; dms. Berkeley, Ca. 1967
23. The things I'd do for you
24. The little green house


lundi 26 novembre 2012

L.C. ROBINSON/ GOOD ROCKIN'




L.C. ROBINSON: GOOD ROCKIN' WEST COAST BLUES








         Ce Texan pur sucre ("jusque au bout de mes bottes" disait-il!) né le 15 mai 1915 à Brenham, une bourgade entre Houston et Austin célèbre pour ses crèmes glacées, a affirmé avoir appris les rudiments de la guitare slide auprès de son lointain cousin, le célèbre chanteur/ évangélisateur Blind Willie Johnson qui venait souvent dans la ferme familiale. Mais L.C. (Louis Charles) Robinson a ensuite été considérablement influencé par les stylistes du Western Swing, notamment Bob Dunn et Leon McAuliffe avec qui il se lie d'amitié durant quelques années. C'est McAuliffe qui lui apprend à jouer de la steel-guitare, à plat sur les genoux. C'est aussi avec les musiciens de Western Swing qui gravitent autour de McAuliffe que L.C. apprend le fiddle ainsi qu'une grande partie du répertoire des Texas Playboys de Bob Wills.
         En 1940, comme beaucoup de Texans, L.C. part s'installer à Oakland en Californie afin de travailler dans l'industrie alors bourgeonnante. Il forme un petit orchestre avec son frère, l'harmoniciste et Révérend A.C. Robinson qui pratique Country Music, Gospel et blues. Ses qualités de chanteur et de musicien ainsi que sa forte présence scénique lui valent vite une solide réputation locale. Mais il n'enregistre malheureusement qu'un 45t en 1954 pour le petit label Rhythm. Ses multiples talents de musicien, violoniste, guitariste, steel-guitariste, son vaste répertoire, des blues profonds à la Lightnin' Hopkins jusqu'à des instrumentaux empruntés au Western Swing en font un des favoris du Blues Revival californien des années 60. Avec sa gouaille et son extrême dynamisme, personnage éminemment pittoresque, il séduit de nombreux groupes de rock californien qui l'accueillent volontiers pour faire le boeuf ou qui le prennent en première partie de leurs shows.

Arhoolie CD (original LP + unissued tracks)

         C'est ainsi qu'il ouvre les concerts de Hot Tuna, Jefferson Airplane, Canned Heat, John Lee Hooker, Muddy Waters. En 1968, il retrouve enfin les chemins des studios, enregistrant un demi album pour World Pacific. Mais c'est avec le Muddy Waters blues band qu'il signe son premier album complet, le splendide Mojo in my hand (Arhoolie) qui voit aussi briller le pianiste Dave Alexander (aka Omar Sharriff). En 1974, il est de nouveau dans les studios pour un deuxième bel album, House cleaning blues, qui n'a jamais été réédité et dans lequel il est accompagné par le pianiste Robert Hooker (un des fils de John Lee) et du superbe guitariste Luther Tucker.
         Apparaissant dans divers programmes télévisés, familier du populaire San Francisco blues festival, L.C. était sur le point d'effectuer une première tournée européenne qui s'annonçait prometteuse lorsqu'il décède d'une crise cardiaque à son domicile de Oakland le 26 septembre 1976.
         Nous avons regroupé tous ses enregistrements aujourd'hui difficiles à trouver. Le magnifique album qu'il a gravé pour Arhoolie (titres en rouge dans la discographie) est couramment disponible en CD et nous vous invitons bien sûr à l'acquérir. Soyez sûrs que ce sera un petit joyau dans votre collection.
                                                        Gérard HERZHAFT

L.C. (Louis Charles) Robinson, born in Brenham (Tx) May 15, 1915, said he was initiated to the slide and steel guitar techniques by the famous Gospel singer Blind Willie Johnson who was one of his relatives. But he was much more influenced by Western Swing steel guitarists Bob Dunn and Leon McAuliffe who introduced him to the musicianship and repertoire of Bob Wills' Texas Playboys. At that time, L.C. learnt also to play the fiddle.
In 1940, like so many Texans, L.C. Robinson went to Oakland, California, to work in the burgeoning industry and joined his brother A.C. Robinson's band. His musicianship as well as his stage histrionics gained him quickly a strong local following. Unfortunately, L.C. recorded only one 45 under his own name for the tiny Rhythm label in 1954.
This is the Californian blues and folk revival of the 60's that gave L.C. the opportunity to know most of the then emerging rock blues bands. He very often came to stage to jam with Hot Tuna, Jefferson Airplane, Canned Heat and such and soon opened many of their shows while running his own small combo with young ace pianist Dave Alexander (aka Omar Sharriff). He was also a favorite of the very popular San Francisco Blues Festival.
         In 1968, Robinson waxed half of an LP for World Pacific and in 1971, Arhoolie gave him the opportunity to record Mojo in my hand, a masterpiece of an album, in which he is brilliantly backed by the Muddy Waters Blues Band (for whom he had just opened the Californian tour show).
         Three years later he recorded his second album for Al Smith's Bluesway label, House cleanin' blues with guitarist Luther Tucker's band, once again a very good record which has never been reissued in any form.
         L.C. Robinson was due to fly to Europe for a tour which looked very promising when he died suddenly at his Oakland's home on September 26, 1976.
         This mp3 collection gathers all his recordings with the exception of those (in red in the discography) from the Arhoolie album that is currently available and certainly a gem to buy.
                                                        Gérard HERZHAFT





L.C. ROBINSON
The Complete Sessions
L.C. Robinson, vcl/g/st-g; Big Jim Wilson, t-sax; pno; bs; dms. San Francisco, Ca. 1954
01. Why don't you write to me?
02. If I lose you
L.C. Robinson, vcl/g/st-g; Lafayette Thomas, g; Dave Alexander, pno; Malachi Spencer, bs; Barnell Barfield, dms. Berkeley, Ca. 9 septembre 1968
03. Separate ways
04. Jake rabbit boogie
05. Train time blues
06. Clean your house
L.C. Robinson, vcl/g/st-g; Lafayette Thomas, g; Dave Alexander, pno; Willie Pierce, t-sax; Carl Van Green, t-sax; Malachi Spencer, bs; Victor Leonard, dms. Berkeley, Ca. 9 septembre 1968
07. Bringing my baby back home
L.C. Robinson, vcl/g/st-g/fdl; Pee Wee Madison, g; Sammy Lawhorn, g; Pinetop Perkins, pno; Charlie Musselwhite, hca; Calvin Jones, bs; Willie Smith, dms. San Francisco, Ca. 9 septembre 1971
08. Ups and downs
09. Pinetop's boogie woogie
10. Across the bay blues
11. L.C.'s Shuffle
12. Can't be a winner
13. Mojo in my hand
L.C. Robinson, vcl/g/st-g/fdl; Dave Alexander, pno; William Hyatt, bs; Teddy Winston, dms. San Francisco, Ca. 17 décembre 1971
14. Stop and jump
15. She got it from the start
16. Things so bad in California
17. New train time
18. I'm just a country boy
19. L.C.'s theme
20. I've got to go
L.C. Robinson, vcl/g/st-g/fdl; Robert Hooker, pno; Luther Tucker, g; Lex Boyd Sylva, bs; Ken Swank, dms. San Francisco, Ca. 1974
21. Summerville blues
22. Separation blues
23. Texas blues
24. My baby crossed the Bay
25. Stop now
26. Cross the Bay shuffle
27. Train time
28. Southern bound
29. Standin' in line
30. Trailin' my baby
31. Rockin' with Peggy
32. House cleanin' blues


lundi 12 novembre 2012

LIGHTNIN' SLIM EN EUROPE




LIGHTNIN' SLIM EN EUROPE




         Né à Good Pine, au coeur de la Louisiane le 13 mars 1913 et non à Saint Louis comme on l'a longtemps affirmé, Otis Hicks apprend la guitare en écoutant les disques de Lightnin' Hopkins, à plus de 30 ans! Il se produit dans les tavernes de la capitale de la Louisiane au sein d'un grand orchestre de Rhythm & Blues. C'est cette formation que le DJ noir, Ray Meaders dit Diggy Do, présente au producteur J.D. Miller, alors le seul producteur-éditeur-arrangeur-propriétaire de studios de la région. Miller juge l'orchestre très médiocre mais s'arrête sur le guitariste ultrabasique qui se fait même nommer "Lightnin" pour son affinité avec Hopkins.
         Le lendemain, Miller enregistre Otis Hicks, rebaptisé Lightnin' Slim, en raison de son apparence élancée en compagnie de l'harmoniciste Wild Bill Phillips. Cette séance mémorable donnera l'extraordinaire Bad luck, un vrai petit succès qui deviendra, longtemps après, Born under a bad sign via Booker T. & the MG's! Bad luck signale les débuts du Swamp blues, cette atmosphère à ras-de-terre avec une interaction guitare-chant-harmonica sur un rythme paresseux. Avec des effets fréquents de percussion, c'est un des styles de blues les plus évocateurs: le cri du crapaud-buffle semble retentir; on croirait presque entendre le clapotis des marécages. Lightnin' Slim sera ensuite associé à d'autres bluesmen profonds de Louisiane comme Lazy Lester puis Whisperin' Smith. Avec sa voix lente et rocailleuse, au long accent traînant, sa capacité à transformer n'importe quel blues en une pièce personnelle et haute en couleurs, Lightnin' Slim grave une œuvre splendide, une des toutes meilleures du blues de l'après-guerre. La plupart de ses titres sont dominés par un formidable sens théâtral et un humour dévastateur. Consécration de son originalité: Lightnin' Hopkins, celui qu'il imitait, reprendra deux morceaux de Slim: My starter won't start et It's mighty crazy.
         Contrairement à son compère Slim Harpo, Lightnin' Slim n'a pas connu de grand succès national mais le public noir sudiste lui a toujours été fidèle. Après 1966, Slim qui avait détruit un camion appartenant à Miller dans un accident de la route prend peur et s'exile à Detroit. Ce n'est qu'en 1972 qu'on le sort de l'usine où il travaillait. En compagnie de Whisperin' Smith, Lightnin' entreprend une nouvelle carrière en Europe et apparaît, brillant, aux sommaires de l'American Folk Blues Festival 1972, de l'American Blues Legends et au festival de Montreux, accompagné par les Aces. Ses manières rurales immanquables, parlant lentement, marchant lentement comme sur des coussins d'air buvant cul sec, sa formidable présence sur scène et ses accoutrements - ce bonnet de fourrure vissé sur le crâne sous les spotlights! - lui assurent une brève mais forte popularité auprès du public européen.

         Sa prestation à Montreux en 1972 est particulièrement mémorable. Les organisateurs avaient décidé de faire accompagner Lightnin' Slim et Whispering Smith par les Aces plus Lafayette Leake. Ces derniers dont les manières urbaines étaient aux antipodes des Louisianais n'avaient en plus jamais entendu parler de ces musiciens qu'ils regardaient avec inquiétude et demandaient aux fans européens d'où sortaient ces deux lascars et s'ils savaient vraiment jouer!!! Le résultat, heureusement enregistré, dément ces appréhensions.
         Lightnin' Slim devait revenir en Europe mais hélas son décès inattendu le 27 juillet 1974 à Detroit l'empêcha de profiter de ce nouveau public.
                                                        Gérard HERZHAFT

         Born on march 13 1913 in Good Pine (La) and not in Saint Louis as it has been written , Otis Hicks worked for years as a sharecropper and tractor driver on plantations while being attracted by the blues and particularly the guitar of Lightnin' Hopkins.
         In fact, Otis started to play guitar quite late in his life, around 1953, but soon was heard on several R&B local bands. Thanks to the famous DJ Diggy Do (Ray Meadows), Otis was brought to the attention of producer J.D. Miller who, impressed by the low down blues of Hicks, took him into his Crowley recording studio and issued records under the moniker Lightnin' Slim that he created for Otis Hicks.
         In 1954, Bad luck was a local hit for Slim and Miller, the first record of a long decade of some wonderful and most witty, gritty, low down and dirty blues to come off of this area. If other Miller's artists waxed remarkable blues, it is undoubtedly with Lightnin' Slim that the so called Swamp blues peaks at its all-time swampiest. Listen to some of his extraordinary sides issued on the Excello label during the 50's and early 60's and you are transplanted from your armchair to the Louisiana bayou land where you can hear the croaks of the frogs and the swash of the swamp. Another Hoodoo man blues later and you'll probably even feel the mosquitoes biting your skin!
         In 1966, the down home blues was not selling anymore in the USA, so Slim moved to Detroit to work in a car factory. But his reputation was very high among the European blues buffs, particularly in England where his records were the inspiration for a lot of rock groups. So in 1972, Fred Reif who had found Slim in Detroit persuaded him to bring his Swamp blues overseas, alongside his old partner harmonica player Whispering Smith.
         Slow walking, slow talking, hard drinking, with some improbable get-ups, Slim seemed to be for the young Europeans the archetype of the Southern bluesman. He was a big success everywhere and enjoyed a lot to be treated like a star, surrounded by young ladies and sipping good scotch or even (better?) French cognac.
         Slim and Smith gave one of their most memorable concert on the venerable jazz festival of Montreaux in Switzerland. They had to be backed by the Aces (Myers brothers, Below and Lafayette Leake) who had never heard of those Louisianan downhome bluesmen and were very worried about their musicianship and their ability to play anything or even stand on stage with all the alcohol they had drunk since the afternoon. A coterie of French blues fans had to reassure them before they entered stage.
         This mp3 collection gather those special moments when Lightnin' Slim was a big star in Europe.
         There were plans for Slim to return quickly on those shores and to tour extensively everywhere in Europe. But he died unexpectedly on 27 July 1974 in Detroit.
                                                        Gérard HERZHAFT
Thanks to the researches of Winnie Freyer and Gerd Wieben, we know for sure that Lightnin' slim was born in Good Pine (La) on march 13 1913 and not in Saint Louis




LIGHTNIN' SLIM & WHISPERING SMITH
Live in Europe
Lightnin' Slim, vcl/g; Whispering Smith, hca/vcl on* ; Lafayette Leake, pno; Louis Myers, g; Dave Myers, bs; Fred Below, dms. Montreux, CH. 18 juin 1972
01. Lonesome cabin blues
02. My starter won't work
03. Just imagination
04. Caress me baby
05. Baby what you want me to do?
06. I want you to love me
07. You got me dizzy
08. Nobody loves me but my mother
09. Storm in Texas*
10. Got my mojo working (with Jimmy Dawkins)
Lightnin' Slim, vcl/g; Whispering Smith, hca; W.D. Kent, bs; Billy Davenport, dms. Munich, All. 26 octobre 1972
11. Wintertime blues
Lightnin' Slim, vcl/g; Whispering Smith, hca/vcl on *; Boogie Woogie Red, pno; Roger Hill, bs; Tom Farnell, dms. Londres, GB. 16 février 1973
12. Take me back baby*
13. Texas flood*
14. Love bug
15. Walking in the park

mercredi 10 octobre 2012

Chicago/ The Blues Yesterday Vol. 2


CHICAGO/ THE BLUES YESTERDAY/ Volume 2


            
Deuxième volume de cette série maison sur les disques obscurs du Chicago blues d'hier et qui n'ont jamais (sauf erreur) été réédités en CD et qui sont introuvables sauf dans des coûteuses ventes aux enchères.
            Le grand bluesman Eddie Campbell est aujourd'hui salué comme un des meilleurs représentants du West Side Sound encore parmi nous. J'ai eu la chance de le rencontrer de nombreuses fois alors qu'il résidait en France et était accompagné par un excellent orchestre français, celui de Tao Ravao avec le vibrant harmoniciste Vincent Bucher (hélas, Eddie ne semble pas avoir enregistré avec eux). Les prestations de Mr Campbell étaient toutes remarquables de dynamisme, de feeling et de sens de la scène. Eddie a enregistré plusieurs albums de très haut niveau, notamment son grandissime 
King of the Jungle ainsi que d'autres comme Let's pick it ou son dernier excellent CD pour Delmark Spidereating preacher. Avant cela, dans les années 60, il a gravé trois 45t pour un minuscule label (Hawaii) dont un avec la mystérieuse chanteuse Yvonne Gomez qui méritent d'être connus.
            




Little Wolf, de son vrai nom Jesse Sanders (né le 26 juin 1930 à Florence, Mississippi) a fait une carrière de policier à Chicago tout en chantant ici et là dans les clubs de blues. Marié à la nièce de Howlin' Wolf, Diane, Jesse a été pris en main par Willie Dixon lorsque celui-ci venait de fonder son propre label indépendant Yambo. Willie voulait à tout prix promouvoir des imitateurs des grands noms du blues. Sanders qui de temps à autre imitait Howlin' Wolf a été rebaptisé Little Wolf par Dixon qui, à la mort du vrai Loup Hurlant, lui a composé et fait enregistrer en 1976 le superbe 45t The wolf wont howl no more qui a eu un petit succès dans les juke boxes de Chicago. Dans la foulée, Willie a produit un album entier qui, fabriqué maison (les jaquettes étaient collées à la main par Dixon lui-même sur le carton et le texte était parsemé de multiples fautes d'orthographe!) n'a jamais été distribué nulle part. Je l'ai jadis acheté à Dixon lui-même dans la petite boutique qu'il tenait alors à Chicago. Même si aucun titre de ce LP ne retrouve la force de Wolf won't howl no more, la musique est tout de même de bon niveau avec des accompagnateurs de haut calibre comme Buster Benton, Johnny B. Moore ou Billy Branch. Little Wolf aurait enregistré un autre album produit par Bobby Rush qui est très rare et dont notre ami Pierre Monnery a retrouvé la trace.

 Au moment de sa retraite de la police, Jesse Sanders est parti vivre à Memphis où il s'est produit sporadiquement sur scène.
            Enfin, Little Larry Hudson qui officiait, au chant et à la guitare, dans les clubs du West Side de Chicago dans les années 70, demeure une figure mystérieuse. Originaire de Des Moines (Iowa) où il a en enregistré un 45t, il a ensuite gagné Chicago et gravé en 1977 encore un single beaucoup plus soul avant de disparaître on ne sait où.

                                                        
  Gérard HERZHAFT

The second volume of Chicago/ The blues yesterday brings to your attention two little known blues artists plus the early works of the great bluesman Eddie Campbell who has recorded such masterpieces album like King of the Jungle (certainly one of the best LP to come out from Chicago in the 70's), Let's pick it or his recent Delmark effort Spider eating preacher
            I've had the great pleasure to meet several times Eddie when he was living in Europe, touring with the very good French blues band of Tao Ravao featuring harmonica ace Vincent Bucher. A great gentleman and a fantastic showman, Eddie was also very friendly and willing to share recollections of his musical career, drawing striking sketches of the Chicago blues scene. The three singles he did for the tiny Hawaii label in the late 60's are very hard to find and have (to my knowledge) never been reissued anywhere in any form. One of this 45 feature Eddie with the mysterious singer Yvonne Gomez.
            Little Wolf (born Jesse Sanders 26 June 1930 in Florence, Ms) was altogether a Chicago police officer for 47 years while singing the blues in the Windy City clubs. Married to Howlin' Wolf's niece Diane, Jesse brought the attention of Willie Dixon who was trying to find new talents for his fledgling Yambo label. Rebaptized by Dixon Little Wolf, Jesse recorded the modest hit but striking blues The wolf won't howl no more after Howlin' Wolf's death. This single was then featured on a whole album that I bought directly at Willie Dixon's small Chicago office. I don't think this fairly good album (featuring such luminaries as Buster Benton, Johnny B. Moore and Billy Branch) has ever been distributed outside Chicago. It has been said that Jesse made also another album for Bobby Rush which is very hard to find (thanks to Pierre Monnery who located one copy of this!). After his retirement from the Chicago Police Department, Jesse Sanders relocated in Memphis where he made some public appearances. It is not known if he is still alive.
            Little Larry Hudson is an almost complete unknown. A singer and guitarist, he seems to hail from Des Moines, Iowa where in the late 60's he recorded a single for the very short-lived Success label. A few years later, he was performing in Chicago (generally with the L.C. Roby band) and waxed another 45 in a much more Soul-oriented style.
                                                           Gérard HERZHAFT




CHICAGO/ THE BLUES YESTERDAY
Volume 2
Eddie C. Campbell, g; Melvin Brown, pno; Sylvester Boines, bs; Lester Dorsey, dms. Chicago, Ill. 1968
01. All nite I & II
Eddie C. Campbell, vcl/g; band. Chicago, Ill. c. 1968
02. Soup bones
03. Sleepin' the monkey
Eddie C. Campbell, g; Yvonne Gomez, vcl, vcl group; band. Chicago, Ill. c. 1968
04. Ease the pain
05. My man a go-go
Littlle Wolf (Jesse Sanders), vcl; Buster Benton, g; Dennis Miller, g; Johnny B. Moore, g; Billy Branch, hca; Freddy Dixon, bs; Clifton James, dms. Chicago, Ill. 1976
06. The Wolf won't howl no more
07. Mama talk to your daughter
08. Stop ducking on me
09. Every girl I see
10. Put it all in there
11. Sex appeal
12. You can't keep her long
13. Shake for me
Little Larry Hudson, vcl/g; band. Des Moines, Iowa. Late 60's
14. Ride with me
Little Larry Hudson, vcl/g; prob. Reggie Boyd, g; band. Chicago, Ill. 1975
15. Land of dog eat dog
16. Strong constitution

mercredi 3 octobre 2012

ERNEST LEWIS aka WEST TEXAS SLIM



ERNEST LEWIS/ WEST TEXAS SLIM



            Le véritable engouement que suscite mon dernier article sur Country Jim Bledsoe me pousse à sans tarder présenter l'intégrale de Ernest Lewis, un autre musicien down home, celui-ci originaire du Texas. Il a enregistré dix titres sous son nom – dont de superbes versions de Loudella de Yank Rachell, de Lonesome in my bedroom de Curtis Jones ainsi que plusieurs fortes compositions, auxquels j'ai ajouté deux titres dans lesquels Lewis accompagne le pianiste Little Son Willis. Si les influences de Blind Lemon Jefferson, Little Hat Jones et même Lightnin' Hopkins sont notables dans le jeu de Lewis, il me semble tirer le principal de son inspiration de Funny Papa Smith. Ernest Lewis est un guitariste incroyablement down-home et un chanteur laconique qui fait mouche sur chacun des disques qu'il a enregistrés, la plupart des chefs d'oeuvre, sous divers noms (West Texas Slim, Country Slim, Buddy Lewis!). Il semble être originaire de la région de Beaumont au Texas qu'il a quittée pour le ghetto de Watts, à Los Angeles. Comme pour Bledsoe, on ne connaît les dates ni de sa naissance ni de sa mort. En fait, on perd sa trace après sa dernière séance enregistrée de 1953. Un titre est chanté par une femme qui signe "Miss Country Slim"!, probablement la compagne de Lewis, Rosa Lee.
            Malcolm Willis dit Little Son Willis n'est guère plus connu. On sait qu'il est originaire de Fort Worth et que comme beaucoup de Texans il est venu chercher du travail pendant ou après la guerre en Californie. Il a gravé dix titres sous son nom, son jeu de piano ancré dans la robuste tradition dite de Santa Fe. Mais son chant comme son répertoire en font avant tout un émule du Docteur Clayton, aujourd'hui quelque peu oublié, mais qui est l'auteur de plusieurs standards du blues et qui a connu une forte popularité dans les années 1940.
                                               Gérard HERZHAFT

The strong interest that my Country Jim Bledsoe post have apparently sprung pushes me to give you the complete recordings of another gritty and downhome blues guitarist and singer, Ernest Lewis. He waxed ten sides between 1949 and 1953, then completely disappeared. Until now we don't know neither his birth date nor his date of death. He apparently hailed from Beaumont on the Texas Gulf Coast where he recorded his first incredibly raw and gripping 78t. We then find him in Los Angeles (he lived in Watts) for several more records of the same very high level. Ernest recorded under several names (West Texas Slim, Buddy Lewis, Country Slim) for no apparent reasons. Most of his records are very personal versions of blues hits of the 30's and 40's: LouDella from Yank Rachell, Lonesome in my bedroom from Curtis Jones but he has also penned several more personal blues like Little Mae Belle. He is strongly embedded in the Texas guitar tradition from Jefferson to Hopkins but, to my ears, the strongest of his influences seem to be Funny Papa Smith. Lewis has also played guitar behind the mysterious Miss Country Slim (probably his girl) and , for his last session, behind Little Son Willis, a singer-pianist from Fort Worth whose ten recordings betray a very heavy influence of Dr Clayton.
                                                           Gérard HERZHAFT
A la suite de la défaillance de l'hebergeur initial, j'ai dû refaire complètement cette compilation qui se présente désormais comme un unique fichier (que vous pourrez si vous le souhaitez séparer en deux) au
Due to downloading problems I had to change the URL and the files altogether. Here is the new link for new files combining the complete Bledsoe and Lewis titles together:



ERNEST LEWIS
Complete Recordings
Ernest Lewis, vcl/g. Beaumont, Tx. 1949
14. Rosa Lee
15. Shake'em on down
Ernest Lewis, vcl/g; pno; bs; dms. Los Angeles, Ca. 1952
16. Lonesome bedroom
17. You've got good business
Ernest Lewis, vcl/g. Los Angeles, Ca. 1952
18. Lou Della
19. Little Mae Belle
Ernest Lewis, vcl/g; hca. Los Angeles, Ca. 1952
20. No more lovin'
21. West Coast blues
Ernest Lewis, vcl/g; Miss Country Slim, vcl on *; prob. Little Son Willis, pno. Los Angeles, Ca. 1953
22. What wrong have I done?
23. My girlish days*
Little Son Willis, vcl/pno; Ernest Lewis, g; bs; dms. Los Angeles, Ca. 1953
24. Roll me over slow
25. Baby come back home