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jeudi 20 juillet 2017

IRENE SCRUGGS: The Voice of the Blues

IRENE SCRUGGS: The Voice of the Blues

           
Irene Scruggs est une des meilleures et des plus méconnues des premières chanteuses de blues, gravant plusieurs chefs d'œuvre dont bien sûr le remarquable The voice of the blues.
            Irene naît Nolan(d) (ou peut-être Smith) à Lamont (Ms) dans le comté de Bolivar le 7 décembre 1901 et on ne connaît pas grand chose de son enfance. La pianiste Mary Lou Williams l'a signalée installée à Saint Louis et considérée comme une chanteuse de Vaudeville d'une renommée certaine vers 1919-20. Irene sera d'ailleurs embauchée par des tournées de Vaudeville dans lesquelles elle chante et danse et engrange une forte réputation avec des numéros et des chansons à connotation sexuelle, très osées pour l'époque.
            Cependant, contrairement à la plupart de ses collègues du Vaudeville, les racines rurales de son chant et de sa musique sont très apparentes dès ses premiers enregistrements réalisés à New York en compagnie du pianiste Clarence Williams (qui l'a certainement découverte dans le circuit du Vaudeville et l'a emmenée dans les studios) le 30 avril et 1er mai 1924.
            Il lui faut attendre ensuite le 23 avril 1926 pour enregistrer accompagnée de King Oliver et son orchestre deux de ses compositions qui ont apparemment connu un succès commercial puisqu'elle les réenregistre l'année suivante dans un contexte orchestral très différent. Irene revient alors de façon continue dans les studios les années suivantes, enregistrant sous son nom mais aussi divers pseudonymes (Chocolate Brown, Dixie Nolan) et en compagnie des meilleurs musiciens de blues et de jazz de cette époque: Blind Blake (avec lequel elle se produit sur scène, là aussi en duo "osé"), Lonnie Johnson, Johnny Hodges...
            En août 1930, Irene enregistre sa plus belle séance à Richmond (Indiana) pour le label Gennett. Ces morceaux, d'inspiration très nettement rurale, dégagent une puissance et un feeling dus au chant émouvant et profond de Irene Scruggs ainsi qu'à son guitariste qui utilise avec merveille le slide et qui pourrait être selon certaines sources James
"Kokomo" Arnold.
            Irene tourne et enregistre ensuite avec le pianiste Little Brother Montgomery mais elle abandonne progressivement la scène et la musique pour des raisons inconnues. Et à la fin des années 1930, elle quitte les Etats Unis en compagnie de sa fille Baby Leazar (qui se produisait avec sa mère sur scène dès l'âge de neuf ans) pour s'installer à Paris puis à Londres. Après la guerre, elle participe à plusieurs émissions radiophoniques pour la BBC mais se consacre surtout à manager sa fille, la danseuse Baby Scruggs qui connaît un énorme succès dans les années 1950 avec des spectacles "exotiques" et
sexy.
            Irene Scruggs décède à Trèves en Allemagne le 20 juillet 1981 et son œuvre enregistrée (qui pour elle était sans doute secondaire par rapport à ses performances sur scène) mérite amplement une réévaluation.
                                                                       Gérard HERZHAFT


           
Irene Scruggs is one of the best and unfortunately not very well known among the so-called Female Blues Singers from the 1920's. And she has a much more down home and rural feel that most of her colleagues who came (like her) from the Vaudeville Theatres. She has recorded several deep blues masterpieces like the all-time classic The Voice of the Blues.
            Irene was born probably Nolan(d) (or maybe Smith) in Lamont (Ms), Bolivar County on 7 December 1901. One knows nothing of her childhood. She is first mentioned by jazz pianist Mary Lou Williams as a renowned young singer and dancer at the Saint Louis Vaudeville theatres around 1919-20. Irene will effectively tour the Vaudeville circuit and this is probably where she was noticed by pianist and producer Clarence Williams who gave her her first studio experience on 30 April/ 1st May 1924.
            She has to wait two years to record again (April 1926) this time with two of her own penned blues and backed by no other that King Oliver and his band! She certainly enjoys some commercial success with this record for she records again the two same titles but this time accompanied only by guitar (the great Lonnie Johnson) and piano in a much more mainstream blues feel.
            After that, she will record extensively the following years under her name as well as several nicknames for contractual reasons (Chocolate Brown, Dixie Nolan) backed by some of the best blues musicians of the decade, particularly Blind Blake with whom she toured, sharing the stage as a successful risqué duo!
            And in August 1930 she records her greatest session at Richmond's Indiana studios for the Gennett label. This time the feeling is particularly down home with a powerful moving vocal by Irene and the sublime guitar part (with slide) probably (as some sources declare) played by James "Kokomo" Arnold.
            Irene records a last session with pianist Little Brother Montgomery and she tours the USA with him the following years, reportedly stealing the show with her sexy risqué act. But she progressively gives up music and finally leaves the United States with his young daughter Baby Leazar Scruggs (who danced on stage with her mother since she was nine years old) for Europe, settling in Paris then London. After the war, Irene Scruggs took part of several radio broadcastings, particularly for the BBC but mostly managed her daughter career. Baby Scruggs enjoys an enormous success as a go-go exotic dancer during the 1950's all over Europe.
            Irene Scruggs dies in Trier (Germany) on 20 July 1981 and her recording works (that was for her very secondary to her stage career) certainly deserves a strong revaluation.
                                                                       Gérard HERZHAFT

Irene Scruggs, vcl; Clarence Williams, pno. New York City, 30 April-1 May 1924
01. Everybody's blues
02. Why he left me I don't know
03. Cruel Papa but a good man to have around
04. My daddy's calling me
Irene Scruggs, vcl; King Oliver, crt; Kid Ory, tb; Albert Nicholas, clt/s-sax; Luis Russell, pno; Bud Scott, bjo; Paul Barbarin, dms. Chicago, Ill. 23 April 1926
05. Home town blues
06. Sorrow Valley blues n°1
Irene Scruggs, vcl; Lonnie Johnson, g; DeLoise Searcy, pno. Saint Louis, Mo. 2 May 1927
07. Lonesome Valley blues
08. Sorrow Valley blues n°2
Irene Scruggs, vcl; Johnny Hodges, pno/vcls; g; g. Memphis, Tn. 28 september 1929
09. Worried love I & II
Irene Scruggs, vcl; Blind Blake, g/vcls. Grafton, Wisc. 26-28 May 1930
10. Stingaree man blues
11. Itching heel
12. You've got what I want
13. Cherry Hill blues
14. Married man blues
Irene Scruggs, vcl; prob. James "Kokomo" Arnold, g; Norman Ebron, pno. Richmond, In. 30 August 1930
15. The voice of the blues
16. You've got what I want
17. If you want to give me some
18. My back to the wall
19. Borrowed love n°1
Irene Scruggs, vcl; Little Brother Montgomery, pno. Grafton, Wisc. September 1930
20. Good grinding
21. Borrowed love n°2
22. Must get mine in front
23. Back to the wall


mardi 4 juillet 2017

WHISPERING SMITH


WHISPERING SMITH/ Harmonica from the Swamp


           
Moses Smith est certainement l'harmoniciste le plus original de ceux issus de la mouvance du Swamp blues. Son style direct, carré, puissant laisse place à de nombreuses subtilités et variations qui le différencient nettement de ses concurrents comme Sylvester Buckley, Jimmy Anderson ou Lazy Lester.
            Moses Smith naît le 25 janvier 1932 à Union Church dans le Sud de l'Etat du Mississippi, non loin de Mc Comb. Ses parents sont de très pauvres métayers et Moses est obligé de délaisser l'école pour les aider à joindre les deux bouts. C'est un voisin et ami de la famille, Bill Willard qui lui apprend à jouer de l'harmonica et l'emmène avec lui dans les juke joints où il se produit les week-ends. Bientôt, Smith se passionne pour cet instrument, écoute les disques de John Lee "Sonny Boy" Williamson, Little Walter, Rice Miller, s'aventure à jouer jusqu'à Shreveport où il rencontre Jeff Williamson, un autre harmoniciste de réputation locale qui a lui aussi enregistré sous le sobriquet de "Sonny Boy Williamson" (vrai nom: Edward William Johnson). Il écoute aussi les orchestres de jazz et de R&B locaux, notamment les trompettistes dont il essaie de reproduire le son et la manière avec son harmonica.
            A la mort de ses parents en 1957, Moses Smith quitte le Mississippi pour travailler comme peintre en bâtiment à Baton Rouge. Là, il ne tarde pas à faire connaissance et à jouer avec tous les bluesmen locaux (Arthur Kelley, Tabby Thomas, Silas Hogan, Lightnin' Slim). C'est Slim qui emmène Smith à Crowley et le présente en janvier 1963 au célèbre producteur louisianais Jay D. Miller qui accepte de l'enregistrer. Sa voix est si rauque et puissante que Miller est obligé de faire de nombreux réglages. Comme à son habitude, Miller sort le disque sous un pseudonyme, choisissant – par dérision! – celui de Whispering (celui qui murmure!!!) Smith, parodiant ainsi le nom d'un célèbre héros de western (un roman, un film à succès avec Alan Ladd et une série TV avec Audie Murphy). Mais en 1963, ce type de down home blues que n'enregistre d'ailleurs plus grand monde aux USA, est largement passé de mode auprès des Noirs et les quatre 45t que sort Miller sur Excello se vendent extrêmement mal. D'ailleurs Miller ne les grave qu'à la fin de séances de Silas Hogan ou de Lightnin' Slim auprès de qui Smith remplace désormais Lazy Lester de façon permanente.
            Malgré cela, Smith ne vivra jamais de sa musique, conservant toujours son job en usine. C'est une série de reportages parus dans la revue britannique Blues Unlimited et réalisés en 1969-70 sur le terrain louisianais par John Broven et Terry Pattison (qui interviewent et photographient Moses) qui vont permettre à la carrière musicale de Smith de prendre un nouvel essor. Produits par Pattison, des titres de ce Swamp blues fort prisé des européens (les groupes anglais, Rolling Stones en tête, y ont beaucoup puisé) apparaissent presque en même temps sur deux belles anthologies, Louisiana blues et Swamp blues. Smith qui est le bluesman le plus à son avantage sur ces disques est sollicité pour des concerts, des festivals, des tournées internationales. Il sera notamment sur les scènes françaises et européennes (notamment à Montreux!) en 1972 et 1973 auprès de Lightnin' Slim, marquant tous les auditoires par son style puissant, sa forte présence et son jeu de scène. Il enregistrera plusieurs séances live durant ces tournées.

            Mais c'est dans son fief de Baton Rouge qu'il grave son unique album en vedette, Over easy, malheureusement musicalement assez inégal. Les années suivantes, Smith qui souffre d'alcoolisme chronique a des difficultés à honorer ses engagements et rate plusieurs nouvelles tournées européennes. Mais pris ensuite en main par des producteurs locaux Mike Schirra et Bob Snow sur leur label Sunland, Whispering Smith grave un ultime et excellent 45 t en 1983. Malheureusement, il décède à l'hôpital Earl K. Long de Baton Rouge le 28 avril 1984.
                                                           Gérard HERZHAFT

            Moses Smith is probably the most original harmonica player associated with the so-called "Swamp blues" style from Louisiana. His straightforward and powerful style gives room to numerous subtleties and control range that make him quite different from his excellent peers.
            Moses Smith was born 25th January 1932 at Union Church, Ms, not far from McComb, in a poor sharecroppers' family. A neighbour, the bluesman Bill Willard who enjoys a strong local reputation, teaches how to play the harmonica to the young Moses and soon brings him to play in the local juke joints. Smith listens also a lot to harp blues masters on records (John Lee "Sonny Boy" Williamson) or live during their venues to his area. He thus meets Little Walter, Rice Miller and particularly at Shreveport, the local harp master Jeff "Sonny Boy" Williamson (real name Edward William Johnson) who shows him many tricks. He is also a fan of Jazz Swing, particularly the trumpet players whose sound he tries to emulate with his harmonica, a thing he will always do on his records.
            After his parents' death, Moses comes to live in Baton Rouge where he makes a living as a house painter. In a couple of months he meets and plays with all the local bluesmen (Arthur Kelley, Tabby Thomas, Silas Hogan , Lightnin' Slim) earning a strong reputation as a hard and efficient harp blower. This is Lightnin' Slim who brings Smith to J.D. Miller's Crowley studios in January 1963 for a recording test. Miller records him and issues a first single under the name Whispering Smith mocking the strong hoarse Moses' voice and in reference to a famous western hero played by Alan Ladd and Audie Murphy! Unfortunately, Smith comes a little bit late for enjoying some success with his very down home kind of blues and the four singles that Miller issues on Excello are very low sellers. Anyway, being a "recorded artist" allows Smith to form his own band, playing regularly around Baton Rouge as a leader or the harp man of Lightnin' Slim or Silas Hogan's bands.
            But Moses won't never make a living out of his music and didn't think about it too much at the end of the 1960's. But a series of articles and an interview by John Broven and Terry Pattison in the british leading blues mag Blues Unlimited brings suddenly Smith in the limelight. He then learns that his records are quite well known in Europe through several Excello's anthologies (on Stateside) who are very influential on the British blues groups like the Rolling Stones, the Kinks and such! And Whispering Smith is then featured alongside other Swamp blues masters on two new records Louisiana blues and the double LP Swamp blues where he appears in very fine form.
            From now on, Whispering Smith tours Europe alongside Lightnin' Slim (rediscovered in Detroit!) and appears on top festivals like the AFBF 1972, the Montreaux Blues Festival in Switzerland and Jim Simpson's American Blues Legends. He conquers the European audiences with his powerful harp playing and stage presence. He records several excellent live sessions during those tours. He also finally records his only album under his name for the Excello label, Over Easy.
            The following years are unfortunately marred by Smith's alcoholism, making him to miss record opportunities and overseas tours. At last, thanks to local producers Mike Schirra and Bob Snow, Smith will record a final and excellent 45 for their Sunland label in 1983.
            Moses "Whispering" Smith dies at Earl K. Long's hospital in Baton Rouge 28 April 1984.
                                                           Gérard HERZHAFT

WHISPERING SMITH
The Complete Studio Recordings
CD1
Whispering Smith, vcl/hca; Ulysses Williams, g; Ernest Ambrose, bs; Sammy K. Brown, dms. Crowley, La. janvier 1963
01. Baby left me this morning
02. Mean woman blues
03. Hound dog twist
04. Harmonica twist
05. Don't leave me baby
06. Baby you're mine
07. Please give me one more chance
08. Live Jive
Whispering Smith, vcl/hca; Al Foreman, g; Ulysses Williams, g; Ernest Ambrose, bs; Sammy K. Brown, dms. Crowley, La. janvier 1964
09. I can't take it no more
10. Wake up old maid
Whispering Smith, vcl/hca; Al Foreman, g; Ulysses Williams, g; Ernest Ambrose, bs; Sammy K. Brown, dms. Crowley, La. avril 1964
11. I tried so hard
12. Cryin' blues
Whispering Smith, vcl/hca; Henry Gray, pno; Roy Lee Shepard, g; Clarence Prophet, bs; Samuel Hogan, dms. Baton Rouge, La. 27 avril 1970
13. I love you baby
14. On the dark road crying
Whispering Smith, vcl/hca; Henry Gray, pno; Greg Schaefer, g; Roy Lee Shepard, g; Clarence Prophet, bs; Samuel Hogan, dms. Baton Rouge, La. 12 août 1970
15. Looking the world over
16. A thousand miles from nowhere
17. Deep South Moses
18. Coal black mare

CD2
Whispering Smith, vcl/hca. Baton Rouge, La. 15 août 1970
19. Storm in Texas
20. Baton Rouge breakdown
21. Baby please don't go
Whispering Smith, vcl/hca; Melvin Hill, g. Baton Rouge, La. mai 1972
22. Mojo hand
23. Everybody needs love
24. I've got a sure thing
25. Rock me baby
Whispering Smith, vcl/hca; Melvin Hill, g; Harvey Lexing, g; Bobby Powell, pno; horns; Alfred Lewis, bs; Nolan Smith, dms/perc. Baton Rouge, La. mai 1972
26. What in the world comes over you
27. The way you treat me
28. Don't want no woman
29. Why am I treated so bad?
30. Married man
31. I know you don't love me
32. It's all over
Whispering Smith, vcl/hca; Henry Gray, pno; band. Miami, Fl. 1983
33. Just like a woman
34. Hound dog howl



dimanche 25 juin 2017

HARMONICA SLIM (Travis Blaylock)

HARMONICA SLIM (Travis Blaylock)
Complete Recordings

           
Aujourd’hui bien oublié, Travis Blaylock a cependant connu durant les années 50 un certain succès commercial sous le nom de Harmonica Slim, ce qui lui a notamment valu d’être le seul Harmonica Slim sur le marché, les autres comme James Moore devant abandonner leur surnom Harmonica Slim pour celui de Slim Harpo et Richard Riggins (qui fera plusieurs très bons disques pour Fedora sous ce sobriquet) gardant son vrai patronyme.
            Travis Leonard Blaylock est né le 21 décembre 1934 à Douglassville, une bourgade de la frontière du Texas et de l’Arkansas, frontière que ses parents franchissent quelques années plus tard afin de s’installer dans la plus grande ville qu'est Texarkana. C’est vers l’âge de douze ans que Travis Blaylock commence à jouer de l’harmonica sous l’influence de plusieurs voisins ainsi que des disques de John Lee "Sonny Boy" Williamson. Il chante et joue avec un groupe de gospel local, les Sunny South Gospel Singers.
            Il se lie d'amitié avec le guitariste Martin Fulson (le frère de Lowell) et ils forment bientôt un petit groupe qui anime une émission radiophonique hebdomadaire sur la station KCMC de Texarkana.
            En 1949, Travis gagne Los Angeles et s'intègre très vite à l'importante et très vivace scène du blues et du R&B de cette époque, faisant notamment partie de l'orchestre de Lowell Fulson et Lloyd Glenn. Il enregistre d'abord comme harmoniciste de plusieurs séances de blues et de R&B californiens avant de fonder, sous le nom de Harmonica Slim, son petit orchestre qui comprendra aussi souvent le superbe pianiste Lloyd Glenn. Slim enregistre enfin en vedette une douzaine de titres entre 1954 et 1960 qui mélangent avec bonheur l'inspiration rurale du blues de la frontière texane avec des sons et des arrangements beaucoup plus sophistiqués qui dominent le R&B californien. Mary Helen et surtout You better believe it (qui pénètre dans le Top 100 R&B) sont de petits succès commerciaux qui permettent à Harmonica Slim de faire partie de grandes tournées de R&B qui sillonnent les Etats Unis, en compagnie de Lowell Fulson, Percy Mayfield, T-Bone Walker, Ray Charles, Pee Wee Crayton ou B.B. King.
            Mais les années 60 sont celles de vaches bien maigres pour Slim qui doit prendre un travail en usine pour vivre. A la fin de cette décennie, c'est T-Bone Walker qui le présente au producteur Bob Thiele qui accepte de lui faire enregistrer un album pour son label Bluestime en compagnie de musiciens de jazz et de R&B comme le saxophoniste Plas Johnson. Assez curieusement, Thiele qui a enregistré plusieurs fois George Smith trouve le jeu d'harmonica de Slim trop rural et "primitif" et décide que Smith au son bien plus urbain et jazzy tiendra la plupart des parties d'harmonica sur cet album, fort méconnu, mais qui possède de nombreuses qualités.
            Après le décès de son père en 1971, Harmonica Slim retourne s'occuper de sa mère à Texarkana. Il travaille comme pompiste mais joue régulièrement avec un orchestre local celui du guitariste Nelson Carson. Il enregistre avec eux pour Louis Guida en 1976 ses derniers titres dont certains demeurent inédits.

            Après la mort de sa mère, Harmonica Slim abandonne le blues, redevient Travis Blaylock, se tourne à nouveau vers le gospel et la religion. Il est même le Révérend de son église baptiste lorsqu'il décède le 16 juin 1984 à Texarkana.
            Merci à Pierre Monnery pour son aide
                                                                       Gérard HERZHAFT

Now well forgotten, Travis Blaylock however experienced during the 1950s some commercial success under the name Harmonica Slim, which even earned him to be the only Harmonica Slim on the market, forcing James Moore to abandon his Harmonica Slim nickname for Slim Harpo and Richard Riggins (who would make several very good albums for Fedora under this nickname later on) to keep his true surname. Travis Leonard Blaylock was born December 21, 1934 in Douglassville, a village of the Texas-Arkansas border, a border that his parents crossed a few years later to settle in the largest city of Texarkana. It was around the age of twelve that Travis Blaylock began playing the harmonica under the influence of several neighbors and the records of John Lee "Sonny Boy" Williamson. He sang and played with a local gospel group, the Sunny South Gospel Singers. He was a close friend with guitarist Martin Fulson (brother of Lowell) and they soon formed a small group who hosted a weekly radio show on station KCMC of Texarkana. In 1949, Travis moved to Los Angeles and integrated very quickly the important and very perennial scene of blues and R & B of that time, even becoming a part time member of the band of Lowell Fulson who included pianist Lloyd Glenn at that time. He recorded as a harmonica player with several West Coast sessions prior to founding, under the name Harmonica Slim, a small blues band which often included superb piano playing by Lloyd Glenn. During the 50's, Slim recorded a dozen titles between 1954 and 1960 that happily mixed Texas Country blues with arrangements much more sophisticated in the mould of the current R & B California sounds. "Mary Helen" and especially "You better believe it" (entering the Top 100 R & B) were small hits that allowed Harmonica Slim to be part of the great R & B tours crisscrossing the United States, in the company of Lowell Fulson, Percy Mayfield, T-Bone Walker, Ray Charles, Pee Wee Crayton and B.B. King. But the 1960s were lean years to Slim who had to take a job in the factory to make a living. At the end of the decade, T-Bone Walker brought Slim to producer Bob Thiele, who agreed to record a whole album for his label Bluestime in the company of jazz and R & B musicians like saxophonist Plas Johnson. Curiously enough, Thiele , (who recorded several times George Smith) found the style of Harmonica Slim too rural and "primitive" and decided to replace his blowing parts by those of Smith a much more urban and jazzy harpman that Slim. After the death of his father in 1971, Harmonica Slim returned to care for his mother at Texarkana. He worked in a gas station while playing regularly with the local band of guitarist Nelson Carson. He recorded with them for Louis Guida in 1976, some tracks remaining unissued.
            After the death of his mother, Harmonica Slim gave up the blues for good and was reborn Travis Blaylock, turned definitively to the gospel and the religion. He even became a Reverend of the local Baptist Church until his death on June 16, 1984 in Texarkana.
            Thanks to Pierre Monnery for his help
                                                           Gérard HERZHAFT

Depuis la première publication de cet article, plusieurs d'entre vous m'ont contacté en me donnant d'autres titres de Harmonica Slim qui ne se trouveraient pas dans cette "intégrale". Mais en fait, tous ces morceaux proviennent non pas de Travis Blaylock mais d'autres Harmonica Slim, en particulier Richard Riggins. Il y a deux autres musiciens au moins qui ont enregistré sous ce sobriquet: l'un dans les années 60 pour Blue Horizon, l'autre quelques titres live en 1985 en compagnie de Boogie Bill Webb. Ni l'un ni l'autre n'ont de rapport avec Blaylock qui est décédé en 1984 comme l'atteste la photo de sa pierre tombale.
Since I first posted this article, several readers have written to me giving tracks by Harmonica Slim that are not in this "complete recording works". Unfortunately, those are by other bluesmen taking the same nickname, particularly Richard Riggins who recorded quite extensively under this moniker during the 1990's. At least two other musicians have recorded under the Harmonica Slim nickname, (one for Blue Horizon, the other in 1985 three tracks live in New Orleans with Boogie Bill Webb). Neither of them are our man. Travis Blaylock died in 1984 and everything he has recorded is now here

THE COMPLETE HARMONICA SLIM
(Travis Blaylock)
Harmonica Slim, vcl/hca; band. Los Angeles, Ca. 1954
01. Thought I didn't love you
02. Going back home
Harmonica Slim, vcl/hca; J.D. Nicholson, pno; g; t-sax; bs; dms. Los Angeles, Ca. 20 février 1956
03. Mary Helen
04. Lonely hours
Harmonica Slim, vcl/hca; J.D. Nicholson, pno; band. Los Angeles, Ca. 30 juillet 1956
05. My girl won't quit me
06. You better believe it
07. Drop anchor
08. Do what you want to do
Harmonica Slim, vcl/hca; band. Los Angeles, décembre 1960
09. Buddah
10. I'll take love
11. You
12. Hard times
Harmonica Slim, vcl/hca; George Smith, hca; Plas Johnson, saxes; Artie Butler, kbds; Louis Shelton, g; David Walker, g; Max Bennett, bs; Abraham Mills, dms. Los Angeles, Ca. 1969
13. Stormy monday blues
14. Harmonica boogaloo
15. Tin Pan Alley
16. Love
17. That's all right
18. You better believe it
19. Things ain't what they used to be
20. Darling I love you
Harmonica Slim, vcl/hca; Nelson Carson, g; Travis Matthews, g; John Walton, bs; Frank Howard Jr, dms. Texarkana, Ak. 12 mai 1976
21. You better believe it


mardi 13 juin 2017

CHICAGO/ The Blues Yesterday/ Volume 20

CHICAGO/ The Blues Yesterday/ Volume 20

           
Ouvrons ce 20 ème volume de notre série "Chicago/ The Blues Yesterday" avec Jo Jo Williams le plus connu des bluesmen ici présents. Né le 7 octobre 1923 à Coahoma (Ms), fils d'un employé des chemins de fer, Joseph Eginger Williams a connu Son House et Willie Brown, a vécu ensuite à Memphis où, fréquentant les théâtres et les clubs de Beale Street, il apprend la guitare vers 1942 et gagne Chicago bien décidé à vivre de sa musique. Il forme son propre groupe les Blues Rockers, fait partie du Muddy Waters Junior Band, tourne en Californie avec Little Walter puis s'installe à Minneapolis où il animera la scène du blues avec Lazy Bill Lucas et Mojo Buford durant des années, enregistrant en sideman et sous son nom la poignée de titres ici rassemblés. Il décède à Minneapolis le 16 juin 2010, une figure éminente de la scène locale du blues.


            Nombre de groupes se sont nommés Chicago All Stars. Celui-ci est l'agrégation de vétérans de la scène du blues et du jazz de Chicago - le trompettiste Johnny Morton, les saxophonistes Sugarman Penigar et Oett "Sax" Mallard et le batteur omniprésent Armand Jump Jackson - qui après la guerre ont formé un ensemble de R&B qui a connu un certain mais bref succès à la fin des années 1940.

            Clara Morris (c. 1921 - 2007) est une superbe chanteuse d'inspiration immanquablement rurale qui, hélas, ne nous laisse qu'une très belle séance de 1941 dans laquelle elle est accompagnée de Lonnie Johnson et Blind John Davis. Elle a encore enregistré quelques mois plus tard avec Big Bill Broonzy une séance demeurée inédite. Comme beaucoup, sa carrière a été définitivement interrompue par la guerre. Elle semble s'être mariée avec un certain Mr Proctor et est décédée à Lake Forest (Illinois).

            Enfin, le chanteur Frank Butler (à ne pas confondre avec le batteur de jazz du même nom) a émargé à la scène de Chicago dans les années 1955-70, enregistrant une poignée de 45t pour de petits labels comme Chief, Space Age ou Great Scott, ses derniers morceaux montrant une évolution très nette vers la Soul. Je ne connais rien de sa vie et tous renseignements seront les bienvenus.

                                                                       Gérard HERZHAFT

Tous nos remerciements à Steve Wisner et Sir Shambling pour leur aide.

            Let's open this 20th opus of our "Chicago/ The Blues Yesterday" series with Jo Jo Williams, certainly the most well known artist of this comp. Born in Coahoma on 7th October 1923, Joseph Eginger Williams is the son of a railroad employee. At an early age, he has met Son House and Willie Brown, lived as a teenager in Memphis where, under the influence of the local Beale Street acts, he learned to play the guitar around 1942 and left to Chicago, well determined to make a living out of his music. He formed his own band, The Blues Rockers with which he recorded a handful of singles under his own name, was a staunch member of the Muddy Waters Junior Band, toured the West Coast with Little Walter... During the 1960's Jo Jo went to live to Minneapolis where alongside Lazy Bill Lucas and Mojo Buford he would be a revered figure of the local blues scene. Jo Jo died in Minneapolis 16 June 2010.

            Several groups named themselves Chicago All Stars. This one here is the temporary aggregation at the end of the 1940's of Chicago blues and Jazz veterans, namely trumpet player Johnny Morton, saxophonists Oett "Sax" Mallard and Sugarman Penigar as well as the ubiquitous drummer and bandleader Armand "Jump" Jackson.

         
Clara Morris (c. 1920-2007) is a first rate singer with a strong rural feel who, unfortunately, leaves only one striking 1941 session backed by Lonnie Johnson and Blind John Davis. She will record another session a couple of months later, this time with Big Bill Broonzy, that never was issued. Like many, her career has been cut short by the war and to our knowledge she never recorded again. She married to a Mr Proctor and died at Lake Forest, Illinois.

            At last, powerful singer Frank Butler (not to be confused with the jazz drummer of the same name) has been present on the Chicago blues scene during the years 1955-70, recording a handful of 45s for small local labels like Chief, Space Age or Great Scott, the last tracks in a more Soul vein. I unfortunately don't know anything more about his whereabouts and every piece of information would be most welcome.

                                                                       Gérard HERZHAFT

A lot of thanks to Steve Wisner and Sir Shambling for their invaluable help.

CHICAGO/ The Blues Yesterday/ Volume 20
JO JO WILLIAMS (Joseph Williams), vcl/g; Mojo Buford, hca; Lazy Bill Lucas, pno; Dave Myers, g; Sam Burton, dms. Cicero, Ill. 1959
01. Rock'n'roll boogie
02. Rock and roll can save your soul
03. All pretty women
04. Women's world
05. Davy Crockett's jingle bells
06. You can't live in this big world by yourself
Although the "Chicago ain't " Delmark album says that 05 & 06 are hitherto unissued titles, those two are in fact absolutely similar to 07 & 08 which were issued as an Atmic-H 45.
Jo Jo Williams, vcl/g; Little Smokey Smothers, g; Tommy Reader, a-sax; P.T. Hayes, hca; Elijah Jordan, bs; Robert Whitehead, dms. Chicago, Ill. 1959
07. Afro shake dance
08. You got to be loved
CHICAGO ALL STARS: Johnny Morton, tpt; Sax Mallard, a-sax/clt; Sugarman Penigar, t-sax; Bill Owens, pno; Elmer Ewing, g; Bali Beach, bs; Jump Jackson, dms. Chicago, 27 July 1947
09. Green light (vcl: Johnny Morton)
10. Hey hey big mama (vcl: Johnny Morton)
11. I love you mama (vcl: Sugarman Penigar)
12. No no baby (vcl: Sugarman Penigar)
Chicago All Stars, band. Same or Similar. Chicago, Ill. 26 December 1947
13. Are you getting married brother? (vcl: Cozy Eggleston)
14. Strange strange lover (vcl: Pro Mc Clam)
CLARA MORRIS, vcl; Lonnie Johnson, g; Blind John Davis, pno; Willie Mitchell, bs. Chicago, Ill. 27 March 1941
15. Cry on daddy
16. I stagger in my sleep
17. I'm blue daddy
18. Poker playing daddy
FRANK BUTLER, vcl; Cool Breeze (Joseph Bell), bs; band. Chicago, Ill. 1957
19. I can't believe it
Frank Butler, vcl; band. Chicago, Ill. 1965-66
20. Build a little house for you
21. How I feel about you
22. Someone outside
Frank Butler, vcl; band. Chicago, Ill. 1968
23. So many years
Frank Butler, vcl; band. Chicago, Ill. 1970
24. The love I need
25. If love don't change


dimanche 21 mai 2017

T.V. SLIM (Oscar Wills)

T.V. SLIM


            Bien qu'il ait substantiellement enregistré, T.V. Slim reste un artiste peu documenté. Seul Darryl Stolper l'a interviewé brièvement pour la revue Blues Unlimited en juillet 1968.
            Né Oscar Wills le 10 février 1916 à Houston (Tx), il a appris très jeune la guitare et l'harmonica, influencé autant par les bluesmen locaux que les vedettes du Grand Ole Opry (comme DeFord Bailey) dont il écoutait les programmes à la radio.
            Après divers jobs manuels, c'est pendant son service militaire sur le théâtre du Pacifique durant la guerre que Wills a appris l'électronique et est devenu un expert en réparation des radios et des téléphones. C'est avec son pécule de guerre reçu lors de sa démobilisation et après son mariage avec Carla que Wills se fixe à Shreveport (La) et ouvre son Oscar Wills' Radio Repair Shop sur 1011 Caddo Street, annoncé dans la presse locale (Shreveport Sun) le 19 avril 1947.
            My Dolly Bee sera enregistré par Junior Parker et connaîtra un certain succès commercial. Wills fait ses propres débuts sur disque en 1955 sur son propre label Speed avec The fight/ Darling remember.
Apparemment, Wills joue régulièrement dans les clubs de la ville avec son orchestre les Heart Breakers dont le guitariste est Mighty Joe Young! Il compose surtout des blues aux textes souvent enjoués et originaux qu'il essaie de vendre aux producteurs locaux comme Mira Smith, Cliff Hagen et Stan Lewis.
            Mais c'est avec sa composition très imagée Flatfoot Sam que Wills va connaître un succès personnel important. Il l'enregistre pour le petit label Cliff ( de Hagen) en mai 1957 qui, poussé par le principal producteur de Shreveport Stan Lewis - qui au passage donne à Wills son surnom de T.V. Slim - monte assez vite dans les Hit Parades locaux. Lewis qui est en relation avec Chess depuis longtemps persuade le label de Chicago de reprendre ce morceau. Et le mois suivant, T.V. Slim enregistre une version supérieure à La Nouvelle Orléans, accompagné de l'orchestre de Paul Gayten. Couplé avec l'instrumental Nervous boogie (dans lequel Slim n'apparaît pas), le 45t s'installe dans le Top 100 et Flatfoot Sam sera dès lors enregistré par quantité de musiciens de blues ou de Rockabilly.
            Après son déménagement à Los Angeles où il ouvre son Ideal Music and T.V. Repair Shop, Slim essaiera en vain de retrouver le succès commercial durant la décennie suivante mais ce faisant gravera une belle œuvre essentiellement pour des labels minuscules et surtout pour le sien propre, Speed. Cette discographie est plutôt confuse, dates, lieux (Chicago ou Los Angeles?) et même certains titres (ici en rouge) que personne ne semble avoir jamais entendus. Bien que jouant et enregistrant régulièrement, Oscar Wills a vécu essentiellement de son métier de technicien et la musique n'était qu'une activité secondaire pour lui.
            C'est en rentrant d'un engagement à Chicago que T.V. Slim s'endormira au volant de sa voiture et décédera dans une collision sur une route d'Arizona le 21 octobre 1969.
            Merci à Marc Claes et Steve Wisner pour leur aide. Et merci aussi à l'excellent blog http://shreveportsongs.blogspot.fr pour avoir déniché de rares témoignages locaux sur T.V. Slim.
                                                           Gérard HERZHAFT

            Although he has subtantially recorded, T.V. Slim remains rather ill-documented. Only Darryl Stolper has interviewed him briefly for the Blues Unlimited Magazine in July 1968.
            Born Oscar Wills in Houston, Tx. on February 10th, 1916, our man has learned to play guitar and harmonica at a very young age, under the influence of local bluesmen as well as stars of the Grand Ole Opry like DeFord Bailey that he cited as his first and main influence.
            After several jobs, Wills is drafted during the war years and sent to the Pacific where he will specialize on electronics, fixing radios, telephones and such. And it's with his war savings and after his wedding with Carla that Wills opens in Shreveport (La) his own Oscar Wills' Radio Repair Shop situated on 1011 Caddo Street which is advertised in the local Shreveport Sun newspaper from 19 April 1947!
            He also plays regularly in the clubs all around Shreveport with his own band The Heart Breakers (with Mighty Joe Young on guitar). And Wills composes his own witty songs that he tries to sell to local producers like Mira Smith, Cliff Hagen and Stan Lewis. One of those numbers, My Dolly Bee will reach the charts sung by none other than Junior Parker! Meanwhile, Wills launches his own record label Speed and waxes his first 45 in 1955 (The fight/ Darling remember).
            But this is with his own penned Flatfoot Sam, first recorded for the local Cliff label in 1957, a masterpiece of witty imagery, that Wills is still mostly known. Thanks to the efforts of Stan Lewis who broadcasts his own radio programme, Flatfoot Sam arouses a strong interest in Arkansas, Louisiana and Texas, encouraging the Chess label from Chicago (whom had regular ties with Lewis) to re-record the title, this time in New Orleans with Wills (renamed T.V. Slim by Stan Lewis) backed by the top notch Paul Gayten's band. Coupled with the instrumental Nervous boogie (in which T.V. Slim doesn't appear), the single goes up on the R&B Top 100. Flatfoot Sam will become an all-time blues and Rockabilly classic, recorded by numerous acts and bands and still played a little bit everywhere.
            After he has moved to Los Angeles (in 1959?), opening his Ideal Music and T.V. Repair Shop, T.V. Slim will try to find again but to no avail the commercial success, recording anyway a pretty large number of strong blues for tiny West Coast labels or mostly for his own Speed. His discography remains sometimes hectic with unsure places (Chicago? Los Angeles?), titles and dates. Even some tracks (here in red) seem not having really been issued. It must be said that although playing and recording regularly, the music was just a side business for T.V. Slim who relied mostly on his job of TV technician to make a living.
            But this is when coming back from a Chicago gig that Oscar Wills, falling asleep at the wheel, dies in a car crash on an Arizona road on 21 October 1969.
            Thanks to Marc Claes and Steve Wisner for their help as well as the excellent blog http://shreveportsongs.blogspot.fr which unearthed rare documentation on the one and only T.V. Slim.
                                                           Gérard HERZHAFT

T.V. SLIM
Complete Recordings
T.V. Slim, vcl/g; Mighty Joe Young, g; Eddie Williams, pno; Jimmy White, dms. Shreveport, La. décembre 1955
01. The fight #1
02. Darling remember
T.V. Slim, vcl/g; Eddie Williams, pno. Shreveport, La. juin 1956
03. The fight #2
04. Going to California
T.V. Slim, vcl/g; 2nd vcl; Mighty Joe Young, g; Eddie Williams, pno; Jimmy White, dms. Shreveport, La. mai 1957
05. Flatfoot Sam #1
06. Darling remember 1957
T.V. Slim, vcl/g; Justin Adams, g; Paul Gayten, pno; Robert Parker, t-sax; Red Tyler, b-sax; Frank Fields, bs; Charles Williams, dms. New Orleans, La. juin 1957
07. Flatfoot Sam #2 (Chess)
T.V. Slim, vcl/g; band. Shreveport, La. août 1957
Flatfoot Sam made a bet
Pearly Mae
T.V. Slim, vcl/g; Mighty Joe Young, g; Detroit Jr, pno; Baby Joe Little, bs; Bobby Davis, dms. Chicago, Ill. octobre 1957
08. You can't buy a woman
09. To prove my love
T.V. Slim, vcl/g; band. Los Angeles, Ca. mai 1959
My Dolly B.
Down the line you can't buy my time
10. Don't reach across my plate
11. Your kisses changed me
T.V. Slim, vcl/g; band. Los Angeles, Ca. septembre 1959
12. Flatfoot Sam met Jim Dandy
13. Tired of your cheatin' and lyin'
14. My ship is sinking
My love will never change
T.V. Slim, vcl/g; band. Los Angeles, Ca. 3 janvier 1960
15. My baby is gone
16. Don't reach across my plate (Speed)
T.V. Slim, vcl/g; band. Los Angeles, Ca. 1961
17. Every man needs a woman
18. Dancing Señorita
T.V. Slim, vcl/g; Mighty Joe Young, g; band. Chicago, Ill. 1962
Boogie woogie guitar twist
19. Bad understanding blues
20. The big fight
21. Henpeck Joe
22. Love bounce
23. You can't buy love
24. Hold me close to your heart
T.V. Slim, vcl/g; Sheila Jean Wills, vcls; Mighty Joe Young, g; band. Chicago, Ill. 1962
25. You can't love me
26. Gravy around your steak
27. Mean man
28. Mean woman blues
Dream girl
T.V. Slim, vcl/g; Pete Lewis, g; J.D. Nicholson, pno; band. Los Angeles, Ca. 1966
29. T.V. man
30. Flat foot Sam #3
31. Can't be satisfied
32. Juvenile delinquent
T.V. Slim, vcl/g; band. Los Angeles, Ca. 1968
33. You won't treat me right
34. I'm a real man
T.V. Slim, vcl/g; poss. Don Sugarcane Harris, fdl; band. Los Angeles, Ca. 1968
35. Don't knock the blues
36. My heart's full of pain
37. Rockin' little baby
38. Snake dance



lundi 8 mai 2017

CALVIN FRAZIER/ Complete Recordings



CALVIN FRAZIER: Complete Recordings
(Nouvelle version plus complète)
 

            Des quelques "vrais" compagnons de Robert Johnson, Calvin Frazier est à la fois le plus méconnu et peut-être celui qui a été le plus proche de Robert.
            Calvin naît le 16 février 1915 à Osceola (Ark) de Belle et Van Frazier, deux métayers sur une plantation de coton. La famille compte cinq enfants et, pour des raisons économiques, vient s'installer à Memphis dès 1923. Van travaille dans une fabrique de meubles et son épouse dans une blanchisserie. La famille Frazier est très pieuse et aussi très musicienne. Le père qui chante et est un excellent violoniste, banjoïste, guitariste et bassiste forme un groupe familial de Gospel avec sa femme (qui chante et joue du piano) et tous ses enfants, notamment l'aîné Johnny qui devient très vite un guitariste réputé tandis que Calvin joue de la batterie, de la mandoline et de plus en plus de la guitare sous l'influence du père et du frère aîné. A intervalles réguliers, leur cousin Johnny Shines vient vivre quelques semaines avec eux et participe aux concerts de la famille Frazier.
            Selon Shines, Johnny et Calvin Frazier jouaient aussi le blues dans les rues de Memphis, un duo dans la mouvance de ceux de Frank Stokes/ Dan Sane et qui devient un trio quand Shines vient lui aussi vivre à Memphis.
            Vers 1930-31, le trio a suffisamment de réputation pour avoir des engagements dans le Delta et jusqu'à Helena. C'est là qu'ils font la connaissance de Robert Johnson qui joue dans les rues accompagné de la batterie de Peck Curtis. Robert s'associera dès lors régulièrement aux frères Frazier et à Shines, devenant leur compagnon et ami, animant durant plusieurs années juke-joints, pique-niques, cérémonies privées etc.... A Blytheville, le trio s'adjoint les talents du guitariste Sampson Pittman que Calvin retrouvera plus tard à Detroit. A Memphis, Calvin joue aussi régulièrement avec le célèbre pianiste Speckled Red qui lui apprend plusieurs morceaux qui demeureront à son répertoire (Dirty dozens).
Les évènements se précipitent en 1935 quand une querelle entre Johnny Frazier et son beau-père dégénère en bataille rangée. Johnny meurt d'une balle dans le ventre tandis que Calvin, blessé par le beau-père, a le temps de se réfugier dans sa voiture, d'en ressortir avec un fusil et d'abattre le forcené. Après un court séjour à l'hôpital de Memphis, Calvin choisit de fuir la justice si souvent expéditive du Sud et, en compagnie de Robert Johnson et Johnny Shines, gagne Saint Louis. Le trio de "ruraux" n'y est pas forcément bien accueilli par les musiciens de la grande ville mais réussissent cependant à jouer dans les clubs locaux avec Roosevelt Sykes, Peetie Wheatstraw ou Blind Teddy Darby (qui influencera considérablement le chant de Johnny Shines).
            Les trois bluesmen vont ensuite à Decatur avec l'intention de tenter leur chance à Chicago, ville de toutes les opportunités, mais une rencontre fortuite leur permet un engagement bien rémunéré au Elder Moten Show, un spectacle de Gospel de Detroit. C'est donc dans la ville de l'automobile que Calvin et ses compagnons se trouvent à l'automne 1935. Ils logent chez Frances Dunlap, une cousine de Johnny Shines, que Calvin courtise tout de suite et avec laquelle il se marie. Calvin trouve un job dans l'industrie et décide de s'installer définitivement à Detroit tandis que Johnny Shines et Robert Johnson le quittent.
Calvin - qui a déjà une expérience musicale importante - se fait aisément une place dans la scène bourgeonnante du blues de Detroit, composée de bars, salons de coiffure, clubs, restaurants tout le long d'Hastings Street (le quartier de Paradise Valley).
Entre août et novembre 1938, l'ethnomusicologue Alan Lomax enregistre les communautés d'Américains venus très nombreux dans le Wisconsin et le Michigan depuis les Balkans et l'Europe Centrale. C'est tout à fait par hasard qu'il "tombe" sur Calvin Frazier qui a juste reformé un duo avec Sampson Pittman, retrouvé à Detroit! Lomax, intrigué par les liens entre Calvin et Robert Johnson, enregistre donc Frazier à deux reprises en octobre et début novembre 1938, une série de morceaux complets (les seuls que nous ayons retenus pour ce recueil), de fragments et d'interviews.
            Les années suivantes voient Calvin Frazier jouer de plus en plus fréquemment à Detroit, s'associer avec Big Maceo qui doit l'amener enregistrer en studio à Chicago pour Bluebird. Hélas, Calvin est très malade ce jour-là et ne peut honorer cet engagement qui aurait peut-être changé le cours de sa carrière!
            Cependant, sa réputation de guitariste - de plus en plus moderne et influencé par les guitaristes californiens comme T-Bone Walker - ne cesse de s'amplifier et tous les bluesmen et orchestres de R&B de Detroit se disputent sa participation. Calvin tourne ainsi durant 1946-47 avec la prestigieuse Jungle Five Revue qui l'emmène jusqu'à New York et Montreal. Il est aussi très souvent associé à Baby Boy Warren, à l'orchestre de T.J. Fowler, apprend la guitare à Bobo Jenkins. A partir de 1954, il est un des premiers à utiliser une Stratocaster, ce qui le situe parmi les bluesmen pionniers de ce célèbre modèle!
            Malgré cela, Calvin n'enregistre qu'une poignée de titres sous son nom et essentiellement pour de petits labels très mal distribués de Detroit ou de la ville voisine de Toledo comme JVB, Fortune, Alben...
            Il décède d'une crise cardiaque le 23 septembre 1972 dans sa ville de Detroit, un musicien respecté et souvent admiré par ses pairs mais mal connu au-delà d'un cercle d'amateurs.
            Nous avons réuni ici (et pour la première fois) la totalité de sa courte oeuvre et on peut ainsi apprécier l'évolution de ce musicien, depuis le "nouveau" Delta blues élaboré en compagnie de Shines et Robert Johnson jusqu'aux sonorités jazzy et modernes des années 1950. Cette évolution aurait très probablement été aussi celle de son ami et compagnon si celui-ci avait vécu. En effet, tous les quelques proches compagnons de Johnson (Calvin mais aussi Robert Jr Lockwood et Johnny Shines) ont développé un style moderne dans les années 1940 et 50.
           
            Among the handful of those who "really" lived and played with Robert Johnson, Calvin Frazier is altogether the less known and maybe the closest to Robert.
            Calvin is born on February, 16th, 1915 at Osceola (Arkansas), one of five children of Van and Belle Frazier, a family of sharecroppers. As early as 1923, the Fraziers come to Memphis for better jobs, the father working on a furniture factory and the mother in a laundry. The Fraziers are very religious and also good musicians and they form a Gospel band with Van singing and playing fiddle, banjo, guitar and bass, Belle singing and playing the piano while Johnny, the elder son, is already a fluent guitar player who strongly influences his little brother Calvin. Quite often, one of their cousin, Johnny Shines, comes to live and also plays with them.
            But the Frazier brothers - with quite often Johnny Shines - play also the blues for extra money on the Memphis Streets. Around 1930-31, the trio has enough reputation to play outside Memphis, in Tennessee as well as in the Delta juke joints and in Helena (Ark) where they meet Robert Johnson, playing there in the streets, backed by the drums of Peck Curtis (!). The young men become quickly friends and Robert will very often play with the Fraziers and Johnny Shines at juke joints, parties, picnics and such... In Memphis, Calvin accompanies also the famous pianist Speckled Red who teaches him many of his favorite songs like Dirty dozens.
            In 1935, a family brawl between Johnny Frazier and his father in law turns into tragedy. Johnny is shot dead by his father in law while Calvin, wounded, has just the time to catch a rifle in his car and kill his brother's murderer. After a short stint at Memphis hospital, Calvin chooses not to trust the local justice and, alongside his old partners Robert Johnson and Johnny Shines, takes the road up to Saint Louis. Although those "rural" musicians are not very well greeted by the local accomplished bluesmen they nevertheless play here and there with Roosevelt Sykes, Peetie Whetastraw and Blind Teddy Darby (whose vocals will strongly influence Shines).
            After Saint Louis, the three friends want to go to Chicago seeking  better opportunities but while playing in Decatur they are hired by the Elder Moten Show, a Gospel caravan which needs them for a series of well paid Detroit dates during the fall of 1935.
            While in Detroit, they live at the home of Johnny Shines' cousin Frances Dunlap who some weeks later marry Calvin. Getting a good steady job in a motor plant, Frazier decides to settle in Detroit. For Calvin, it is the end of the road shared with his old friends, Robert Johnson and Johnny Shines who then leave Detroit to return to the South for the winter.
            Calvin who has already a long musical experience becomes easily a favorite of the burgeoning Detroit blues scene, mostly around Hastings Street and Paradise Valley.
            In October 1938, Alan Lomax who was on a recording hunt for local musical traditions from Wisconsin and Michigan (essentially people coming from the Balkans and Eastern Europe) hears about this Detroit bluesman who knew very well Robert Johnson. Lomax then records Frazier accompanied by Sampson Pittman, an old buddy from the South who also now lives in Detroit. Among the musical examples and spoken interviews made by Lomax we have only kept the ten "complete" (or almost) titles recorded during two days in October and November 1938. They are undoubtedly strong examples of a style very close to Robert Johnson's.
            The following years, Calvin plays very often with almost every blues or R&B act in Detroit and his guitar playing is more and more "modern", very influenced by the rising Californian guitar stars like T-Bone Walker. While associated with Big Maceo, Calvin should have recorded in Chicago for the Bluebird label but quite ill this very day he is unable to do the trip! Maybe it would have changed the course of his career?
            During 1946-47, Calvin tours with the Jungle Five Revue and plays his guitar licks up to New York and Montreal. He is also the lead guitarist of Baby Boy Warren, the T.J. Fowler's R&B band, the Jimmy Millner's Rhythm Band, teaches the guitar to Bobo Jenkins.... Early in 1954, he buys himself a Stratocaster, being certainly one of the very first bluesman to play this type of guitar.
            Despite all this, Calvin records only sporadically under his own name and only for very small local Detroit or Toledo labels with poor distribution (Fortune, Alben, JVB...).
            He dies at the young age of 57 from a massive heart attack on September 23d, 1972, a well respected musician, with a strong reputation among his peers but largely unknown outside a small group of blues buffs around the world.
            We have been able to gather here and for the first time everything Calvin Frazier has recorded (two tracks waxed for Fortune with the Jimmy Milner's band have been now unearthed thanks to Steve Milner). Thus we are able to appreciate fully the considerable talent of this very underrated guitarist, how he (like all of the few real Robert Johnson's close associates like Robert Jr Lockwood and Johnny Shines) has evolved from the "new" Delta blues of his Southern years to the jazzy and modern sounds of the late 40's and 1950's. Calvin and Johnson were so close musically that we only can imagine that Robert himself would certainly have followed the same path, if only he could have lived enough.
                                   Gérard HERZHAFT


CALVIN FRAZIER/ Complete Recordings
Calvin Frazier, vcl/g; Sampson Pittman, g. Detroit, Mi. 15-16 octobre 1938
01. This old world is in a tangle
02. I'm in the Highway man
03. Lilly Mae blues
04. Welfare blues
Calvin Frazier, vcl/g; Sampson Pittman, g. Detroit, Mi. 1 novembre 1938
05. She's a double crossin' woman
06. The Dirty dozens
07. Boogie woogie
08. Lilly Mae n°2
09. Blues
10. Highway 51
Calvin Frazier, vcl/g; band Detroit, Mi. 1949
11. Sweet Lucy (Drinking woman)
12. Bebop boogie
Calvin Frazier, vcl/g; Barbara Brown, vcl on *; band. Toledo, Oh. 1951
13. Got nobody to tell my troubles to
14. Rock house
15. Lillie Mae n°3
16. I need love*
Calvin Frazier, vcl/g; T.J. Fowler, pno; Elliot Escoe, tpt; Walter Cox, t-sax; Lee Gross, a-sax; John Murphy, bs; Clarence Stamps, dms. Detroit, Mi. 25 juillet 1952
17. Got nobody to tell my troubles to n°2
18. Little baby child
Calvin Frazier, vcl/g; Jimmy Millner's Blue Rhythm, band. Detroit, Mi. 1952
19. Sweet bread baby
20. Lilly Mae n°4
Calvin Frazier, vcl/g; Washboard Willie, wbd/dms. Detroit, Mi. 1956
21. We'll meet again
22. Lilly Mae n°5
23. Track down
24. Rockhouse
Calvin Frazier, g; band. Detroit, Mi. 1958
25. Have blues, must travel
Calvin Frazier, vcl/g; t-sax; og; Washboard Willie, wbd. Detroit, Mi. 1960
26. 2-2-5 Special I & II